Question à mille dollars : Qui a gagné l'élection présidentielle du Gabon ? On a l'impression que celui qui a été déclaré vainqueur, se la joue modeste. Est-ce parce qu'il sait qu'il a triché avant de bénéficier du favoritisme de la Cour constitutionnelle ?

Le Gabon ne va connaître aucun répit. Bongo Ondimba Ali (BOA) n'aura pas le droit de souffler, après avoir laissé tellement d'énergie dans la tricherie électorale. Jean Ping qui se considère comme le président « élu » par les Gabonais et perçu comme tel par la communauté internationale, s'organise pour occuper le terrain qui, on doit le reconnaître, lui est favorable.

Bongo Ondimba Ali (BOA) a été déclaré élu par la Cour constitutionnelle de sa belle-mère. Cela était prévu. Maintenant, on fait quoi ? A Jean Ping, nouveau chef de l'opposition et ses amis, d'accroître la pression, en organisant, par tous les moyens, la reconquête du pouvoir qui vient de leur être volé, au vu et au su de toute la communauté internationale.

Il avait dit pendant la campagne électorale : « Moi ou Personne » comme futur président du Gabon. Comme un jeu d'enfant, il a mis sa menace à exécution en privant le peuple gabonais d'une victoire limpide, sans bavure, pendant l'élection présidentielle du 27 août. Conclusion : ceux qui veulent à tout prix une alternance à la tête de l'Etat du Gabon, n'ont qu'à s'organiser autrement. Bongo Ondimba Ali (BOA), lui, occupe le fauteuil par la seule force des armes.

C'est désormais la mode dans les « démocratures » africaines, le fait de proclamer les résultats présidentiels (truqués) en pleine nuit, après avoir pris le soin de poster des militaires et des chars à chaque carrefour de la capitale. C'est ce qui s'est passé, cette nuit, à Libreville, où la « Tour de Pise » (Cour constitutionnelle) a proclamé Bongo Ondimba Ali (BOA) vainqueur de l'élection présidentielle du 27 août 2016. Un verdict contesté.

Un ancien patron du renseignement du Gabon, Léon-Paul Ngoulakia, par ailleurs, demi-frère du président, Bongo Ondimba Ali (BOA), récemment, passé à l'opposition, a été interpellé, vendredi, 23 septembre, à Libreville, apprend-on de sources concordantes. BOA est, tellement, aux abois au point de procéder à l'arrestation de son propre demi-frère ? Voilà qui ne va guère faciliter la réconciliation dans cette grande famille où le plus grand diviseur (commun) s'appelle BOA lui-même.

Le président, Patrice Talon, a juré qu'il était au pouvoir pour faire un seul et unique mandat de cinq ans. Objectif : (re)mettre le Bénin en ordre de marche. Ca ne blague plus dans le pays du vaudou. Son président fait ce qu'il dit. Cette fois, le curseur s'est arrêté chez les maires, qui sont limogés à tour de rôle pour leur mauvaise gestion.

La décision de la Cour constitutionnelle est attendue dans tout le pays. Hier, à l'issue de l'audience publique, les deux avocats des deux grands candidats ont fait valoir leurs doléances : le ré-comptage des bulletins de vote bureau par bureau en présence des deux parties et des observateurs de la communauté internationale, pour Jean Ping, et le ré-comptage des voix (pas seulement pour le seul Haut-Ogooué) mais pour l'ensemble des neuf provinces ainsi que les votes de la diaspora, pour Bongo Ondimba Ali (BOA). Il n'est pas exclu que le verdict de la Cour soit renvoyé à plus tard.

C'est contraint forcé que Bongo Ondimba Ali (BOA) a saisi la Cour pénale internationale (CPI). La semaine dernière, il avait refusé les visas d'entrée à la mission d'Amnesty International qui voulait enquêter sur les massacres post-électoraux au Gabon. Aujourd'hui, changement de stratégie : BOA saisit la procureure Fatou Bensouda de la CPI. C'est un tango à n'y rien comprendre. Visiblement, il ne sait plus sur quel pied danser.

Etre démocrate se mérite. Joseph Kabila, réélu président de la façon contestable qu'on sait, il y a cinq ans, espérait-il qu'il se maintiendrait, à son poste, hors délai constitutionnel, sans que personne ne lui dise quoi que ce soit ? Il a eu tout faux. Les critiques pleuvent sur lui. Inutile qu'il cible le seul président français, François Hollande.

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