ALGERIE : Démission de la ministre de la Culture après la mort de cinq personnes lors d'un concert

Pour ceux qui en doutaient, voilà une preuve supplémentaire que l'Algérie est en train de prendre la voie de la démocratie. La ministre de la Culture, Meriem Merdaci, a démissionné, samedi, 24 août, au surlendemain de la mort de cinq jeunes dans une bousculade à l'entrée d'un concert du rappeur Soolking, a annoncé la présidence algérienne. Du temps d'Abdelaziz Bouteflika, la ministre aurait tout simplement dit : « Circulez, y a rien à voir ». Mais, comme dans une véritable démocratie occidentale, la ministre a tiré les conséquences de ce qui est arrivé, et a préféré jeter l'éponge. L'Algérie prend un bon chemin. Pourvu que cela se confirme dans le choix d'un président de la République élu de façon libre et démocratique.

«Meriem Merdaci a présenté sa démission au chef de l'Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, qui l'a acceptée», selon un communiqué de la présidence diffusé par la TV d'Etat.

Vendredi, 23 août, le directeur général de l'Office national des droits d'auteurs (ONDA), organisme public qui organisait le concert, a été limogé par le premier ministre, Noureddine Bedoui.

La bousculade est survenue, jeudi, 22 août, soir, à l'une des entrées du Stade du 20-Août, où avait débuté le concert, dans le quartier populaire de Belouizdad (ex-Belcourt).

Les cinq victimes décédées étaient âgées de 13 à 22 ans. Le parquet d'Alger a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête devant «déterminer les responsabilités et les circonstances de cet accident».

Des proches des victimes et de nombreux Algériens ont critiqué l'organisation de ce concert dans ce stade, l'un des plus anciens du pays. C'était le seul et unique concert prévu en Algérie de Soolking, 29 ans, depuis l'envol de sa carrière internationale en 2018 (notre photo). De son vrai nom Abderraouf Derradji, il vit en France depuis 2014.

En mars 2019, Soolking a dédié une chanson, «La Liberté», au mouvement inédit de contestation du régime, qui avait éclaté moins d'un mois plus tôt. Elle a été, souvent, entonnée dans le cadre des manifestations massives qui se déroulent chaque vendredi en Algérie depuis le 22 février.