BURKINA FASO : Quand le CNT s'en prend aux journalistes

Les députés du Conseil national de Transition (CNT, Parlement intérimaire) ont eu la main lourde, vendredi, 4 septembre, en votant une loi fixant de 1 à 5 millions de F CFA (2.000 à 10.000 dollars), les amendes à payer en cas de diffamation, pour la presse écrite. Il faut dire, qu'au départ, les honorables députés voulaient, complètement, s'égarer. En effet, la proposition de loi tablait sur une pénalité allant de 10 à 15 millions de F CFA (20.000 à 30.000 dollars). Il y a de quoi se révolter, une nouvelle fois, dans le beau pays de Blaise Compaoré.

Reporters sans frontières (RSF) va, sans doute, hurler car on ne sait pas à quoi la révolution de l'année dernière, aura servi, si les députés de la transition continuent de penser que c'est en chicotant les journalistes qu'ils les rendront, mûrement, responsables. D'autant plus qu'en cas de récidive de diffamation, d'injure ou d'outrage, le double de la peine est prononcé.

Sur les 90 membres du parlement intérimaire, 24 ont été favorables, 19 se sont abstenus, tandis qu'une personne a voté contre. C'est la preuve que c'est un texte de bas étage qui vient d'être voté à minima. Le Burkina que toute l'Afrique respecte, n'a pas besoin de maltraiter, ainsi, ses journalistes. L'époque du CDP n'est-il pas révolu dans les têtes de ces honorables députés ?

La dépénalisation des délits de presse (qui est à saluer) ne saurait être "compensée par de fortes amendes", pas plus que "l'honneur d'une personne diffamée par voie de presse ne saurait être lavé par une forte amende".

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