BURUNDI : La police de Nkurunziza abat 15 personnes les 3 et 4 octobre

BURUNDI : La police de Nkurunziza abat 15 personnes les  3 et 4 octobre

Une quinzaine de civils ont été tués entre samedi, 3 octobre, et dimanche, 4 octobre, à la suite d'affrontements, qui ont opposé la police burundaise à des anti-3e mandat du président, Pierre Nkurunziza, dans les quartiers du Nord de Bujumbura. "Les affrontements ont commencé samedi, à la mi-journée, à Mutakura (Nord-Ouest de la capitale) par une attaque de criminels armés contre des policiers, (...) jusqu'au soir, on avait un bilan de deux tués côté assaillants et de deux policiers blessés", a annoncé le porte-parole adjoint de la police, Pierre Nkurikiye.

Mais dans le quartier de Cibitoke, qui jouxte Mutakura, les cadavres de cinq personnes tuées par balles gisaient, encore, dimanche, en plein air, sur la 10e avenue, et un sixième, a été retrouvé sur la 8e avenue, vers Kamenge, selon trois témoins, ce qui a été confirmé par une source administrative sur place.

A la jonction de Mutakura et Cibitoke, cinq autres corps ont été trouvés, selon d'autres sources. A Mutakura, des témoins ont également découvert, dimanche matin, quatre corps tués par balles. "Pour le moment, je n'ai pas encore de bilan pour la nuit", a précisé Pierre Nkurikiye, "mais je peux vous garantir qu'aucun policier n'a été tué au cours de ces affrontements".

Selon des sources concordantes, tout a commencé aux environs de 11h00 (09h00 GMT), lorsque des policiers ont arrêté des jeunes à Mutakura et ont voulu les amener avec eux. Les policiers ont été attaqués à la grenade et à la kalachnikov et les affrontements se sont ensuite étendus vers Cibitoke et une partie de Kamenge et de Ngagara.

Tous les témoins interrogés par l'AFP ont accusé la police d'avoir réagi "avec une brutalité inouïe" et "très disproportionnée par rapport à l'attaque qu'ils ont subie". Ils ont également assuré que la plupart des victimes ont été tuées par des balles dans la tête. "C'était cauchemardesque. Toute la journée, on a entendu des explosions de grenades et des crépitements d'armes automatiques", a expliqué à l'AFP un habitant de Ngagara, Gérard, joint par téléphone.

Toujours selon des témoins, la police a détruit deux maisons à la roquette, à Mutakura, et procédé à des dizaines d'arrestations, essentiellement, à Mutakura et Cibitoke.

C'est une nouvelle unité spéciale, la Brigade anti-émeutes, composée de policiers triés sur le volet et dirigés par un officier des services de renseignement, que Pierre Nkurunziza a créée pour venir à bout des manifestants qui demandent toujours son départ du pouvoir. En effet, à l'issue de son deuxième mandat, il aurait dû rendre son tablier. Il a cependant choisi de rester au pouvoir au prix d'une déstabilisation certaine et croissante de son pays dont l'aide extérieure (non urgente) a été coupée. Avec AFP

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