CENTRAFRIQUE : Vers l'adoption d'une constitution moderne, un pas important dans la transition

Le Conseil national de transition (CNT), parlement provisoire, a adopté, dimanche, 30 août, un projet de nouvelle constitution, qui prévoit, notamment, une limitation à deux mandats présidentiels, et qui doit être soumis à référendum, au début du mois d'octobre.

"Au nom de la représentation nationale, j'exhorte le peuple centrafricain le moment venu, à voter massivement oui, cette nouvelle loi fondamentale, pour permettre à notre pays, de retrouver la voie normale de l'ordre constitutionnel", a déclaré Alexandre-Ferdinand Nguendet, président du CNT. Il s'agissait d'un moment fort dans le fonctionnement de cette institution de transition.Si le travail du gouvernement est souvent mis en avant, celui du CNT n'est pas moins important pour autant. Alexandre-Ferdinand Nguendet qu'on dit travailleur infatigable, mais très mauvais communicateur, a certes profité de l'occasion que lui permettait cette sortie, pour mettre en exergue le travail abattu par ses collègues et lui-même, lors de la rédaction de cette constitution.

Quelles sont les grandes lignes de celle-ci ? Le mandat présidentiel reste limité à cinq ans, mais ne sera renouvelable qu'une seule fois et ne pourra être prorogé "pour quelque motif que ce soit". Ce projet prévoit la création d'un Sénat, dont est dépourvu le pays. La création d'un sénat a fait l'objet de quelques réserves, notamment, celle par exemple de la vice-présidente du CNT, Lea Doumta, qui a préféré s'abstenir.

Une innovation de taille : la création d'une "Cour pénale spéciale chargée de juger les crimes les plus graves". Là, au moins, les anciens et futurs criminels savent à quoi s'en tenir, quand ils planifient des exactions sur des personnes et des biens.

Le référendum constitutionnel est prévu début octobre tandis que les élections présidentielle et législatives ont été fixées au 18 octobre. Ce calendrier est-il tenable ? Le recensement a pris du retard et l'insécurité revient à grands pas à l'intérieur du pays, alors que les Nations-Unies, ont refusé, la semaine dernière, de lever l'embargo sur les armes qui frappe l'armée centrafricaine en reconstitution. Du coup, le troisième report des élections et une éventuelle reconduction du trio de la transition qui dirige le Centrafrique, sont des évidences qui risquent d'être confirmées lors du prochain Sommet de la CEEAC, qui n'a pu se tenir, à Libreville, la semaine dernière, faute de quorum.

Il ne faut pas se lasser du Centrafrique. Ce sympathique pays mérite d'être soutenu par la CEEAC, l'Union africaine et la communauté internationale. Il semble lent à remettre en marche. Mais tout laisse penser que quand il le sera, probablement, en 2016, ce sera pour toujours.


 

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