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CONGO-BRAZZAVILLE : Avec son référendum, Sassou déclare la guerre au peuple congolais

CONGO-BRAZZAVILLE : Avec son référendum, Sassou déclare la guerre au peuple congolais

La semaine dernière, à Conakry, le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, avait laissé entendre à son homologue, Alpha Condé, qui se présente à l'élection présidentielle, dimanche, 11 octobre, pour conserver son poste, qu'il allait passer à l'action, une fois rentré, à Brazzaville.

De retour, dans son pays, il a convoqué le conseil des ministres, lundi, 5 octobre, le premier depuis le changement du gouvernement, en date du 10 août, pour « examiner » le texte du projet de loi constitutionnelle. En fait d'examen, il n'en était rien. Cette constitution est prête depuis près de deux ans. Mais sachant que son peuple et la communauté internationale sont contre sa promulgation, Sassou cherchait comment faire passer la pilule pour qu'elle soit moins amère. Peine perdue.

Car les choses se sont compliquées à mesure que le temps passait. D'abord, il y a la perte du pouvoir de son allié, Blaise Compaoré, avec qui il avait mené le combat depuis Washington, en marge du Sommet Etats-Unis/Afrique, en août 2014. Un combat d'arrière garde. Gilbert Diendéré qui a voulu réhabiliter le Système Compaoré est, aujourd'hui, dans de beaux draps et son RSP est, définitivement, dissoute.

Pas découragé du tout, Sassou se lance, à son tour, dans un bras de fer, avec son peuple et la communauté internationale, dans lequel il se sait perdant. Il sait qu'il ne gagnera pas. Car en dehors des chefs d'Etat africains qui sont dans la même situation que lui, personne à l'international ne soutient sa connerie.

Après avoir acheté énormément d'armes, ces dernières années, enterrées dans les quatre coins du Congo, il n'aura pas le temps de les utiliser. Car comme lors du meeting du 27 septembre, à Brazzaville, où 50.000 Congolais sont venus dire Non à son « coup d'état constitutionnel », après avoir passé 32 ans au pouvoir, le peuple congolais (comme hier le peuple burkinabé va lui barrer la route). Et gare à lui si un seul de ses soldats tire sur un manifestant. Son dossier judiciaire auprès de la CPI serait alourdi.

Les ONG internationales des droits de l'homme (Amnesty International, Human Right Watch, la FIDH, et bien d'autres, l'ont à l'oeil).

"C’est à la fois triste et désolant pour la démocratie congolaise et africaine en général. Pour nous, la lutte sera menée jusqu’au bout pour s’opposer à son projet, qui ne repose sur aucune base juridique", vient d'indiquer Clément Mieressa, l'un des plus farouches opposants à Sassou Nguesso, et connu comme tel à Mpila.

Le gouvernement de Brazzaville a appelé lundi soir les Congolais à se rendre aux urnes le 25 octobre pour un référendum sur un projet de nouvelle constitution. Le projet de loi fondamentale devant être soumis au peuple ferait entrer le Congo dans une nouvelle République et sauter les deux verrous empêchant Sassou Nguesso de briguer un nouveau mandat : la limitation à deux du nombre des mandats que peut exercer un chef de l’Etat et l'âge limite (70 ans) imposé aux candidats à la magistrature suprême.

C'est à juste titre que le magazine Afrique Education a titré dans sa dernière livraison, le numéro 424-425 du 1er au 31 octobre : « Congo-Brazzaville : Vers un référendum pour la présidence à vie... de Sassou Nguesso » ? Ce dernier cumule 32 ans à la tête du pays. Il a dirigé le Congo à l'époque du parti unique, de 1979 jusqu'aux élections pluralistes de 1992, qu'il a perdues, ne sortant que troisième, derrière Pascal Lissouba et Bernard Kolelas.

Autant dire qu'il est très très impopulaire. Mais malgré cette défaite cuisante, il était revenu au pouvoir en faisant un coup d'état militaire en 1997 au président Lissouba. Bilan : 40.000 morts suite aux nombreux troubles qui ont germé dans le pays avant et après son coup d'état.

Depuis, il fait régner une paix des cimetières. Son fauteuil présidentiel est installé sur de dizaines de milliers de cadavres congolais. Avec ce référendum, il cherche ni plus ni moins à mourir au pouvoir pour échapper à la justice des hommes. Mais il n'y parviendra pas. Paroles de Congolais du Congo !

Commentaires

congolais debout (non vérifié)
c vraiment dommage que la communauté internationale reste insensible face à un gang qui la défié!
dislike (non vérifié)
nimporte quoi de quelle guerre parlez vous, nous aimons sassou. allez y comprendre
welcome lout (non vérifié)
si un président se dit dans une constitution: aucun président ne peut être poursuivi, ni jugé pendant et après l'exercice de ses fonctions. A quoi peut-on s'attendre d'un tel dirigeant?

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