CONGO-BRAZZAVILLE : Le résistant Romain Bedel Soussa demande à Sassou d'annuler son référendum

CONGO-BRAZZAVILLE : Le résistant Romain Bedel Soussa demande à Sassou d'annuler son référendum

L'initiative de Denis Sassou Nguesso d'organiser le référendum sur la nouvelle constitution, le 25 octobre, entraîne, de facto, le report du colloque sur « Les Enjeux démocratiques et les Droits de l'homme » au Congo, que le président du CRAC (Comité de résistance et d'action pour le Congo), Romain Bedel Soussa, voulait organiser, à Brazzaville, du 27 au 30 octobre 2015. Aux intervenants qui devaient venir des Etats-Unis, d'Europe et d'Afrique, il est en train de passer des coups de téléphone et des emails pour annoncer le report de ce grand événement qui devait réunir, aussi bien, les personnalités de l'opposition, de la société civile, que du pouvoir. Les diplomates étrangers accrédités au Congo devaient, aussi, y assister. C'était un des grands événements politiques de cette fin d'année. Mais, ce n'est que partie remise car ce colloque a été repoussé de quelques semaines, si la situation politique du pays le permet.
Cela dit, le colloque de Romain Bedel Soussa est une chose. Son positionnement politique sur l'échiquier politique national en est une autre. Depuis, plus de deux ans, il voit Sassou venir (masqué). Il lui avait écrit, en 2013, pour marquer son désaccord sur son souhait de se maintenir au pouvoir. Dans une autre lettre datée 10 octobre 2015 et envoyée, mercredi, 14 octobre, il revient à la charge et explique pourquoi Sassou doit annuler son référendum et respecter la constitution qui régit le fonctionnement du Congo.

Romain Bedel SOUSSA
Président du CRAC
901 Rue des Maraîchères
77480 Mousseaux les Bray
France

Monsieur Denis SASSOU NGUESSO
Président de la République du Congo
Palais présidentiel
Brazzaville (République du Congo)

Paris le 10 octobre 2015

Objet : ANNULATION DU RÉFÉRENDUM du 25 octobre 2015

Monsieur le Président,

Permettez-moi pour la troisième fois, d'appeler votre bienveillante attention au regard
de la grave crise politique que traverse le Congo, notre pays, aujourd'hui, du fait de votre projet changement de la Constitution.

En effet, dans ma lettre du 14 février 2013, j'attirais votre attention à propos de ce projet bien caché, de la modification ou de changement de la Constitution du 20 janvier 2002 en vue de faire sauter le verrou de l'article 57 qui vous empêche de briguer un troisième mandat.

La Constitution d'un pays est une Fondation qui tient la Nation. Elle est le garant de la vie d'une Nation, on ne peut donc pas la changer chaque fois qu'un président arrive en fin de son mandat. Un pays qui change de Constitution à chaque fin de mandat présidentiel est semblable à une maison bâtie sur un terrain sableux qui ne peut résister à la tempête.

Par conséquent, après avoir dirigé le pays pendant plus de 35 ans, vous devez désormais vous poser les bonnes questions, sachant qu'en toute chose, il faut considérer la fin. Les questions que l’on se pose aujourd’hui, sont celles de savoir :
Quelle sera la fin de votre course ? Quel chemin avez-vous choisi ?
Et quel héritage allez-vous léguer à la Nation congolaise, à la génération future et à vos arrières petits enfants ?
Vous voici maintenant à la croisée des chemins. Deux voies s'ouvrent devant vous :
La voie de sortie honorable qui vous a été conseillée par vos amis, les chancelleries, la Communauté internationale et par moi-même.

Ensuite, la voie de la présidence à vie qui vous a été conseillée par vos flatteurs  sans éthique qui, après avoir accumulé en toute impunité, biens et fortunes de façon illégale, ne cessent de vous exciter de garder le pouvoir quel qu'en soit le prix.
Mais, vous devez savoir qu'aujourd'hui, tout porte à croire que votre régime est en crise de légitimité, il y a un ras-le-bol général dans tout le pays.

En imposant au peuple congolais ce Référendum illégal, vous prenez, là, le risque d'entraîner le peuple congolais dans une nouvelle guerre civile, sans ignorer que le Congo est un pays où tous ceux qui font la politique du ventre l’ont segmenté en bloc des partis ethniques. Par cette démarche, vous donnez de nouveau l’appétit aux « seigneurs de guerre», aux flatteurs de tous poils, aux traîtres oscillants, aux infidèles sans morale et aux agitateurs sans vergogne qui ne pensent qu'à leurs intérêts et à ceux de leur famille, mais qui, par démagogie, ne cessent de parler au nom du peuple congolais, de la tribu et de la Région alors que leur cœur n’y est pas. Le Congo est une maison commune pour tous les fils et filles de ce beau pays.
Il convient de rappeler ici qu'en 1997, vous avez entraîné le pays dans une guerre fratricide qui a détruit des milliers de vies humaines et divisé les Congolais. Jusqu’à ce jour, les blessures, les rancœurs, les traumatismes et les séquelles de cette guerre sont manifestes dans l'esprit des Congolais.

Conscient de la gravité des menaces de guerre liée au processus de changement illégal de la Constitution de 2002, et tenant compte de votre détermination de défier contre vents et marées le peuple congolais, le CRAC en tant qu'Organisation de la Société civile, résolument engagé depuis sa création pour un Changement pacifique, pour un Congo promis à plus de Liberté, de Justice et de mieux vivre ensemble, avait pris l'initiative d'organiser à Brazzaville, en lien avec ses partenaires, du 27 au 30 octobre 2015, un colloque international sur le Thème : Les Enjeux démocratiques et les Droits de l'homme. Les vingt Intervenants sélectionnés parmi des professionnels de très haut niveau, devant venir de l'Europe, des Etats-Unis et de l'Afrique, ont ainsi accepté de partager pendant quatre jours leurs expériences avec les fils et filles du Congo (acteurs politiques, Société civile, organisations de la jeunesse, syndicats, organisations des femmes, organisations des Droits de l'homme etc.). L'intérêt de l’initiative était de rassembler dans une même salle les fils et filles du Congo pour des échanges constructifs sur l'avenir du Congo, l'avenir de la génération future et du développement. Les membres de votre Gouvernement en charge des questions de Justice, de Droits humains et de la Sécurité, les chancelleries, les Institutions internationales présentes au Congo et dans les pays voisins ont été bien informés officiellement.

Cependant, l'annonce dans la nuit du 5 octobre 2015, de la tenue du Référendum, la veille du jour (6 octobre) du lancement officiel des invitations du Colloque, avait pour but avoué l’empêchement de la tenue du Colloque avant le Référendum. Pourtant, toute initiative visant à créer un climat de paix, de sécurité et d’unité nationale devrait être soutenue sans arrière pensée.

Par contre, au moment où votre second et dernier mandat arrive à son terme conformément à la l'article 57 de la Constitution de 20 janvier 2002, vous venez d’abroger en plein mandat la Constitution de la République. Par cette décision, la Fondation sur laquelle s’appuie votre pouvoir vient d’être détruite par vos propres mains.

Maintenant, pour sortir le pays de cette impasse, il sied dès lors, de prendre conscience de la gravité de la situation créée et de procéder à l'ANNULATION de ce RÉFÉRENDUM.
Rien n’est trop tard dans la vie. Tout est question de sagesse.
Dans le contexte du climat actuel, la mise en place d'une TRANSITION DÉMOCRATIQUE S’IMPOSE, en vue de garantir l'unité nationale, la paix, la sécurité et la stabilité du pays.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération.

Le Président

Signé Romain Bedel SOUSSA

Commentaires

Octave Mboungou (non vérifié)
Nous devant nous libère du dictateur
Mon Dieu (non vérifié)
Est-ce que ce monstre écoute encore? Un mauvais danseur attribue toujours ses maladresses au batteur tam-tam. Aujourd'hui, le dictateur est démasqué par le peuple. Il ne peut plus accuser personne. Congolaises et congolais, vous allez copier l'expérience de vos frères et sœurs au Burkina. Que le bon Dieu bénisse à jamais ce pays et libère ce peuple pris avec un dictateur de tous les temps. comme on le dit si bien en Tanzanie: La plume de l’oiseau s’envole en l’air mais elle retombe, TOUJOURS, à terre. Toute l'Afrique est avec vous. Bravo!
Jean-Paul SAFOU (non vérifié)
Mr le Président RB SOUSSA est le seul à avoir pris l'initiative d'alerter le pouvoir de Brazzaville et le peuple congolais sur le caractère mafieux de ce projet depuis 2013. Je salue son courage. Enfin un congolais qui ose dire la vérité à celui qui ne veut pas l'entendre loin des flatteurs et des courtisans qui sont prêt à saigner le pays pour leurs intérêts égoïstes. Le peuple c'est Dieu, Lui seul a le dernier mot.
christine loemba (non vérifié)
dans la charte des nations unies il est clairement dit que chaque peuple a la liberté de choisir son système politique le referendum est que un voulu du peuple congolais car contre le projet du oui ou du non est un acte personnel lié a des convictions ,personnellement je souhaite que les congolais prennent conscience et regardent autours d eux les évolutions de notre pays en terme de développement infrastructures ,les routes ,les complexe sportif de kintelé qui est un bijou pour l Afrique .le congo brazzaville est en mutations je parle a tous les congolais l avenir de se congo se sont les congolais eux même un site existe ou le peuple peux s exprimer LES MEDIAS SONT CONFONDUS LISEZ ET REAGISSEZ WWW.PORTAIL242.INFO l avenir du congo pour une population consciente et soucieux de leur patrie sa sera les urnes .Christine loemba
Théodore Massengo (non vérifié)
Il suffit donc de construire un complexe sportif ou enrober quelques kilomètres de route pour être au dessus de la loi ? Mais combien de temps ces équipements resteront-ils en place si les citoyens décidaient de ne pas respecter la loi ? En effet pourquoi respecteraient-ils la loi, si le premier d'entre eux ne la respecte pas? Convoquer un référendum pour modifier la constitution actuelle est illégale, c'est écrit et connu de tout le monde, il suffit de relire la constitution. Le débat sur la question de savoir qui est pour ou contre le changement de la constitution est donc un faux débat. C'est comme si en mettait aux enchères publiques le produit d'un vol. La question essentielle est le respect de l'ordre constitutionnel. Accepter ce référendum c'est valider la loi du plus fort. dans ce cas, plus rien ne sera garantie, ni les complexes sportifs, ni les routes, ni votre liberté à vous qui soutenez cette démarche.
Valentin ambendé (non vérifié)
sassou n écoute personne ,il n a pas d oreille c est un dessin animé,comme tous les enfants adoptifs,il a du kaka a la place du cerveau
Valentin ambendé (non vérifié)
sassou n écoute personne ,il n a pas d oreille c est un dessin animé,comme tous les enfants adoptifs,il a du kaka a la place du cerveau

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