AFRIQUE DU SUD : La réforme agraire tant attendue est enfin arrivée

Jacob Zuma avait mis son intelligence et son énergie ailleurs. Les problèmes de justice auxquels il est, aujourd'hui, confronté le prouvent. Sitôt arrivé à la tête de l'Etat, son ancien vice-président, Cyril Ramaphosa, a décidé de s'attaquer à la réforme agraire, qui est une promesse lointaine que n'avait pu mettre en œuvre le président, Thabo Mbeki. Décidé à la réaliser, Cyril Ramaphosa vient de mettre le parlement à contribution, une étape déterminante pour son succès.

Une commission parlementaire sud-africaine a apporté son soutien, jeudi, 15 novembre, à un changement de la Constitution portant sur une réforme foncière prévoyant des expropriations de terres sans compensation pour corriger des inégalités datant de l'apartheid.

Les parlementaires du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), et le parti radical de gauche des Combattants pour la liberté économique (EFF) de Julius Malema (sur notre photo avec Cyril Ramaphosa), ont voté pour cette modification de la Constitution tandis que le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), s'est exprimé contre.

Sous la pression de son parti, l'ANC, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a déclaré qu'il souhaitait que la Constitution soit modifiée pour explicitement autoriser les expropriations de terres sans que les propriétaires soient dédommagés.

Le projet vise à corriger les inégalités entre la majorité noire et la minorité blanche héritées de l'apartheid. Mais, il suscite quelques inquiétudes dans le pays et à l'étranger.

Le 26 octobre, le président Ramaphosa a, cependant, rassuré les investisseurs étrangers inquiets, que leurs entreprises seraient épargnées.

"La commission conjointe de révision constitutionnelle a adopté son rapport en faveur d'un amendement à la section 25 de la Constitution autorisant l'Etat à exproprier des terres sans compensation", a déclaré le Parlement dans un communiqué.

Le président de la commission parlementaire, Stan Maila, a déclaré qu'il y avait "un besoin pour une réforme agraire urgente et accélérée en vue de corriger les injustices du passé".

M. Ramaphosa a engagé, il y a quelques mois, une réforme pour rééquilibrer la structure de la propriété foncière en Afrique du Sud, toujours largement, aux mains de la minorité blanche un quart de siècle après la chute de l'apartheid.

Les conclusions de la commission risquent cependant d'être contestées devant la justice avant un vote des parlementaires pour réviser la Constitution.

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