ANGOLA : Ca va (très) mal entre Ingénieur José Eduardo dos Santos et son (illustre) successeur Joao Lourenço

On ne se voile plus la face pour reconnaître que les relations entre l'ancien président angolais, Ingénieur, José Eduardo dos Santos, et son successeur désigné, le général, Joao Lourenço, deviennent exécrables. La politique d'assainissement de l'économie qui passe par des accusations de mauvaise gestion imputées à l'ancien président, ainsi que, les multiples arrestations et mises en examen parmi ses proches, ont, totalement, envenimé les rapports entre les deux hommes. Bref, ça va très mal entre les deux présidents.

C'est dans ce climat électrique que José Eduardo dos Santos a réfuté, mercredi, 21 novembre, les accusations de son successeur, Joao Lourenço, d'avoir vidé "les caisses de l'Etat", dans un nouveau bras de fer entre les deux hommes.

Joao Lourenço a affirmé au journal portugais, Expresso, paru ce week-end (18 novembre) avoir "trouvé les coffres de l'Etat vides".

José Eduardo dos Santos lui a répondu, mercredi, 21 novembre, lors d'une conférence de presse surprise à Luanda, la première depuis son départ de la présidence en septembre 2017.

"Je n'ai pas laissé les caisses de l'Etat vides. En septembre 2017, lors du passage de témoin, j'ai laissé environ 15 milliards de dollars à la Banque nationale d'Angola", a-t-il affirmé.

"Le budget général de l'Etat est adopté par l'Assemblée nationale, et tous les revenus et dépenses de l'Etat doivent y être obligatoirement inscrits. Le budget 2017 avait un déficit de 6%", a-t-il ajouté depuis le siège de sa fondation éponyme. Comme pour indiquer qu'un déficit de 6% ne peut être assimilé à une situation de faillite.

José Eduardo dos Santos a dirigé l'Angola jusqu'en septembre 2017, un règne de trente-huit ans au cours duquel il est, fortement, accusé d'avoir mis l'économie du pays en coupe réglée.

Il a, finalement, et, volontairement, cédé les rênes du pouvoir à son ancien ministre de la Défense, le général, Joao Lourenço, également, membre du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA).

A peine arrivé, ce dernier a lancé une purge de grande ampleur dans l'administration et les entreprises publiques qui a visé, pour l'essentiel, les proches de son prédécesseur.

Symbole du nettoyage lancé par le nouveau président, la justice a placé en détention l'un des fils dos Santos, Jose Filomenu, inculpé de corruption alors qu'il dirigeait le fonds souverain du pays.

La nette détérioration des relations entre les deux hommes est en train d'être suivie, de très près, par certains palais présidentiels africains. Certains chefs d'Etat, parmi ceux qui ont déjà mis beaucoup d'années à la tête de leur pays, étaient allés jusqu'à chercher à dissuader dos Santos de ne pas quitter le pouvoir, de le conserver quitte à déléguer un certain nombre de prérogatives à son premier ministre. La mésentente actuelle entre les deux hommes n'est-elle pas de nature à décourager d'autres chefs d'Etat qui voulaient suivre la même voie (sur notre photo José Eduardo dos Santos transfère la présidence du MPLA à Joao Lourenço samedi 8 septembre 2018 à Luanda) ?

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