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ANGOLA : La lutte contre la corruption initiée par Joao Lourenço irrite au plus haut point José Eduardo dos Santos

Le grand ménage engagé par le nouveau président angolais, Joao Lourenço, contre les intérêts de son prédécesseur, José Eduardo dos Santos, suscite des tensions au sommet en Angola, où les deux hommes se sont livrés à une passe d'armes publique inédite. Visiblement, les deux hommes ne sont plus sur une même longueur d'onde (notre photo). Parler de rupture ou de cassure (c'est selon) n'est pas un abus de langage pour caractériser les relations entre les deux hommes. Faut-il craindre le blocage de la machine administrative du pays, dos Santos ayant gardé les rênes du parti au pouvoir, le MPLA ? S'il est, encore, prématuré de répondre à cette question, beaucoup d'Angolais commencent à retenir leur souffle.

Ingénieur, José Eduardo dos Santos a (volontairement) quitté la présidence de la République à la suite des élections générales d'août dernier, après trente-huit ans d'un règne sans partage pendant lequel il a mis l'économie du pays en coupe réglée au profit d'une poignée de proches.

Issu du même Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), le général, Joao Lourenço, ancien ministre de la Défense, lui a succédé et a congédié, ces dernières semaines, nombre de proches de l'ancien président de la tête des institutions et entreprises publiques, où ils siégeaient.

Jusque-là silencieux, Ingénieur José Eduardo dos Santos, qui est, toujours, le chef du MPLA, est sorti de sa réserve, mardi, 12 décembre, pour adresser un conseil de modération au nouveau chef de l'Etat : "Les changements sont nécessaires mais ne devraient pas être aussi radicaux", a-t-il déclaré, benoîtement, en ouvrant devant la presse, une réunion du bureau politique du parti.

Joao Lourenço lui a répondu, mercredi, 13 décembre, devant le même auditoire, en promettant de continuer à lutter contre la corruption : "Le gouvernement fournira toutes les garanties aux entrepreneurs étrangers qui investissent dans le développement de l'Angola (...) afin qu'ils ne perdent pas cet argent", a-t-il promis. Le ton est donné : il n'y aura pas de compromis entre les deux hommes.

Pendant sa campagne électorale, Joao Lourenço s'était engagé à relancer l'économie en crise du pays, à la population parmi les plus pauvres de la planète malgré sa manne pétrolière, notamment, en mobilisant les investisseurs étrangers.

Symbole du népotisme reproché à l'ancien régime, Isabel dos Santos, la fille de l'ex-président, a été limogée, le mois dernier, sans préavis, de la direction de la compagnie pétrolière nationale Sonangol, en difficulté pour cause de baisse des cours du brut. Il en est de même de deux fils du président qui géraient des positions dans d'autres secteurs économiques du pays.

Personne n'ayant vu ces évictions venir, l'ancien président a préféré relever son mécontentement sans tarder, contrairement à ses habitudes, afin de freiner l'ardeur de son successeur, dont les décisions font le bonheur de beaucoup d'Angolais et de la communauté financière internationale, très inquiète du niveau de la corruption dans le pays.

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