ANGOLA : Le fils de José Eduardo dos Santos inculpé de détournement de fonds et interdit de quitter le pays

Ce qui devait arriver arriva ! Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2017, le nouveau président angolais, Joao Lourenço, mène une lutte acharnée contre la corruption qui s'était érigée en système pendant les 38 ans de pouvoir de son prédécesseur, José Eduardo dos Santos. Beaucoup de têtes sont, déjà, tombées, et non des moindres : les enfants dos Santos n'ont pas été épargnés par cette opération qui a poussé l'ancien président, il y a quelques mois, à sortir de sa réserve en demandant à Joao Lourenço de mettre la pédale douce. Il n'a pas été entendu. Après avoir limogé Isabel dos Santos de la présidence de la Sonangol, le nouveau président vient d'autoriser l'inculpation d'un autre fils du président, Jose Filomeno dos Santos, pour détournement de fonds. Général (de l'armée angolaise) de son état, Joao Lourenço ne blague pas quand il parle de nettoyer les écuries d'Augias.

Jose Filomeno dos Santos a été inculpé de fraude pour avoir ordonné, au moment où il dirigeait le fonds souverain du pays, un virement jugé suspect de 500 millions de dollars, a annoncé, lundi, 26 mars, le parquet général.

Jose Filemono dos Santos est poursuivi pour "fraude, détournement de fonds, trafic d'influence, blanchiment d'argent et association criminelle", a expliqué le procureur général-adjoint, Luís Benza Zanga, lors d'une conférence de presse.

Surnommé Zenu, il avait été nommé en 2013 par son père, le président, Jose Eduardo dos Santos, à la tête d'un fonds souverain créé, un an plus tôt, et doté d'un capital initial de 5 milliards de dollars puisés dans la manne pétrolière du pays. On peut, donc, dire qu'il a détourné le dixième du capital dudit fonds souverain.

Il a été limogé de son poste en janvier dernier par le nouveau président de l'Angola, Joao Lourenço.

L'ancien directeur de la Banque centrale angolaise, Valter Filipe da Silva, a, également, été inculpé en relation avec cette affaire, a précisé lundi M. Benza Zenga.

Le mouvement de fonds suspect, à destination d'un compte du Crédit suisse dans une de ses succursales londoniennes, a été ordonné en septembre depuis le compte du Fonds souverain à la Banque centrale, selon le magistrat.

Il a précisé que l'argent avait, depuis, été rendu à l'Angola.

Le magistrat a indiqué que la justice avait placé les deux accusés sous contrôle judiciaire et leur avait retiré leurs passeports. Autrement dit, ils sont interdits de sortie du territoire sans l'autorisation du juge.
"Il n'y aura pas d'indulgence pour ce crime, même si l'argent a été rendu à notre pays", a-t-il insisté, "nous irons jusqu'au bout de cette enquête, il n'y aura aucun pardon".

José Eduardo dos Santos a dirigé l'Angola pendant trente-huit ans, un règne sans partage pendant lequel il a mis l'économie du pays en coupe réglée au profit d'une poignée de proches.

Son successeur, Joao Lourenço, issu du même Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), lui a succédé en septembre et a congédié, au nom de la lutte contre la corruption, de nombreux barons de l'ancien régime.

La demi-soeur de Zenu, Isabel dos Santos, a, ainsi, été limogée de son poste de PDG de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol. La justice a ouvert au début du mois une enquête sur de possibles détournements de fonds sous sa présidence.

Considérée comme la femme la plus riche d'Afrique, Isabel dos Santos a nié, catégoriquement, ces accusations.

Commentaires

Ku Ibiti (non vérifié)
Que l'Afrique centrale francophone en prenne de la graine..A quand un Kiki Sassou, Claudia, Bouya etc..devant la barre ?!! L'Angola est indubitablement en train d'amorcer un grand virage. Si le PR Lourenço réussit son "nettoyage", assurément viendront les investisseurs. Qui vivra, verra...

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