BENIN-INDE : Encore des efforts (financiers importants) pour avoir un réel et véritable partenariat

Le président indien, Ram Nath Kovind, a entrepris une visite d'une dizaine de jours qui doit le conduire, tour à tour, au Bénin, en Gambie et en Guinée. Ce n'est pas tous les jours que l'Afrique reçoit la visite d'un chef d'Etat indien. C'est pourquoi quand celle-ci est programmée, les Africains s'attendent à ce qu'elle soit marquante. Est-ce le cas au Bénin où le président indien vient de passer deux jours ? Pour être courtois à l'endroit de son excellence, Ram Nath Kovind, on dira, courtoisement : peut (nettement) mieux faire (notre photo).

"Les deux parties ont procédé, lundi, 29 juillet, à Cotonou, à la signature des accords par lesquels l'Inde apportera au Bénin son expérience et sa compétence en matière de médecine. Nous allons pouvoir bénéficier de la télémédecine et, par ce biais, 1 000 médecins et paramédicaux du Bénin vont bénéficier de l'assistance, de la formation et de l'expertise de l'Inde", s'est réjoui Patrice Talon, le chef de l'Etat du Bénin. Le problème que rencontre le Bénin depuis très longtemps, c'est que le nombre de médecins béninois exerçant à l'étranger est plus important que ceux exerçant au Bénin. Pour inverser cette fâcheuse tendance qui pourrait, nettement, améliorer la carte sanitaire du pays, Patrice Talon n'a pas besoin de faire des acrobaties avec son homologue indien. Lui seul à son niveau peut agir, en collaboration avec les pays d'accueil de ses compatriotes dont la majorité possède la double nationalité.

De même, le chef de l'Etat béninois a également manifesté sa satisfaction pour la signature de l'accord dans le domaine de la télé-éducation, qui de manière générale, bénéficierait à 15.000 Béninois.

Il a, également, salué l'annonce faite par son homologue indien de l'ouverture d'une ligne de financement de 100 millions de dollars américains (50 milliards de F CFA) pour la réalisation des projets prioritaires du Bénin. 100 millions de dollars, c'est vraiment une broutille ! Mais Talon en est très content : "Nous ferons bon usage de cette ligne de financement et nous allons vous rassurer que le Bénin depuis quelques années a entrepris des réformes majeurs et que ces 100 millions de dollars américains nous serviront utilement dans les moindres détails jusqu'aux derniers centimes", a-t-il souligné.

Pour sa part, M. Kovind, a estimé que les échanges entre les deux pays depuis plusieurs décennies constituent un pilier de consolidation entre les deux peuples, annonçant l'inclusion du Bénin dans le système de visa électronique de l'Inde en vue de permettre aux ressortissants béninois d'accomplir en ligne les formalités de visa d'affaires, touristiques et d'autres types de visa. Là aussi, il s'agit d'une avancée assez marginale quand on sait que le Bénin, sous Patrice Talon, est l'un des rares pays africains (et c'est son mérite) à avoir supprimé, unilatéralement, le visa d'entrée pour une quarantaine de pays africains. Etendre une telle mesure à l'Inde et demander la réciprocité, ne permet pas de crier sur les toits comme les deux chefs d'Etat le font. La décision est banale, normale.

Bref, il n'y a pas grand-chose à mettre sous la dent. Il faudrait que l'Inde qui dit vouloir rivaliser avec le Chine en Afrique, prenne le temps de se préparer avant d'envoyer ses représentants effectuer de vraies tournées en Afrique où on ne se contente plus de miettes depuis fort longtemps.

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