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CEMAC : Où en est-on après les réformes prescrites par le FMI ?

Le sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), s’est ouvert ce mardi, 31 octobre, dans la capitale tchadienne, N’Djaména, autour du président en exercice de l’institution, le Tchadien Idriss Déby Itno ( sur notre photo recevant avec son épouse Hinda le couple présidentiel camerounais lundi 30 octobre à Hassan Djamouss International Airport).

Les chefs d’Etat du Cameroun, Paul Biya, de la République centrafricaine, Archange Faustin Touadéra, de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le premier ministre du Congo Brazzaville, Clément Mouamba et son homologue du Gabon, Franck Emmanuel Issozet-Ngonde, vont, sous la présidence de leur homologue tchadien, Idriss Déby Itno, évaluer le chemin parcouru depuis les Sommets de Yaoundé en décembre 2016 et de Djibloho, en Guinée équatoriale, trois mois plus tard. Les six chefs d'Etat ayant récusé la solution du Fmi (Fonds monétaire international) qui consistait à dévaluer le F CFA par rapport à l'euro afin de faire face à la baisse des cours de matières premières, ils ont préféré l'établissement des programmes de redressement avec le FMI en fonction des réalités de chaque économie.

A ce jour, quatre pays sur six ont signé des accords avec le FMI. Il reste le Congo-Brazzaville et la Guinée équatoriale. Bien qu'ils planchent sur le thème «Intégration accélérée pour une CEMAC émergente», à N'Djamena, les six pays vont désigner de nouveaux responsables communautaires dont le Gabonais, Daniel Ona Ondo, qui va remplacer le Congolais, Pierre Moussa, comme président de la Commission de la CEMAC, après cinq ans de bons et de loyaux services.

Principal succès à mettre à l'actif de Pierre Moussa : l'entrée en service, ce 31 octobre, jour où où il passe le témoin au Gabonais, de la libre circulation des personnes dans les six pays de la zone, notamment, en Guinée équatoriale et au Gabon. C'est un véritable verrou à l'intégration sous-régionale qui saute.

Le mandat de Pierre Moussa aura été affecté par des troubles dans le pays siège de la CEMAC, le Centrafrique. De Bangui, les fonctionnaires de la Commission ont dû aller, momentanément, à Libreville, avant de revenir dans la capitale de la RCA, après l'élection de Faustin Archange Touadera. Pierre Moussa n'aura pas eu le temps d'appliquer un véritable programme d'activité.

Souvent comparée à son pendant de l'Afrique de l'Ouest, l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), la CEMAC a été relancée par les réformes structurelles conduites par le président équato-guinéen. Au moment où on imaginait cette organisation prendre son envol, elle a été plombée par la baisse des prix du pétrole et du gaz, principales sources de revenus de quatre de ses pays membres.

Les arriérés de cotisations des six pays se chiffrent, de 2009 à ce jour, à plus 200 milliards F CFA (400 millions de dollars). Le financement de l’institution demeure le véritable problème et sans l'appui du Cameroun dont l'économie a heureusement gardé la tête hors de l'eau et qui finance, près de la moitié des frais de fonctionnement au regard de son poids économique, la CEMAC aurait mis la clé sous la porte. C'est la raison pour laquelle Pierre Moussa a tenu à saluer, de manière particulière, le président, Paul Biya, lors de la cérémonie d'ouverture, ce mardi matin.

Pour résoudre cet épineux problème de financement de la CEMAC, le président, Idriss Déby Itno, souhaite l'application (effective) de la TCI dont la mise en œuvre avait été adoptée, à Libreville, en 2015. Sans quoi les difficultés de trésorerie seront, toujours, persistantes.

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