CONGO-BRAZZAVILLE : Un Falcon du dictateur (5 étoiles) saisi à l’aéroport de Bordeaux pour impayés colossaux

Pour ceux qui connaissent le président, Denis Sassou-Nguesso, qui le pratiquent ou traitent avec lui, il est, généralement, considéré comme un (très) mauvais payeur. Quelqu'un qui s'endette, facilement, mais, qui oublie, très vite, de payer ce qu'il doit. C'est une fâcheuse habitude chez lui qui a, souvent, provoqué de sérieux dégâts dans son relationnel, d'autant plus que très imbu de sa (petite) personne, il accepte, rarement, ses torts. Sassou (l'otschombe) a toujours raison ! Quand il était en vie, le patriarche Ondimba passait, beaucoup de son temps, à essayer de régler les litiges d'argent de son beau-père. Quand les créanciers de Sassou voyaient qu'il fait preuve de mauvaise foi, ils se transportaient à Libreville pour se plaindre devant le patriarche. Sassou-Nguesso est en très mauvaise posture, en ce moment, vis-à-vis, du FMI et, plus généralement, de plusieurs de ses créanciers privés justement parce que son beau-fils (amortisseur de ses carences managériales) n'est plus en vie, lui qui savait contenir les colères et jouer les médiateurs. Depuis sa mort, Sassou, naturellement, très suffisant, très sûr de lui, fait, directement, face à ses interlocuteurs (en colère). Avec l'inconvénient qu'il ne sait pas leur parler (comme le patriarche), ni traiter avec eux (comme son défunt beau-fils), se croyant, souvent, au-dessus de tous (parfois même de Dieu le Père), juste parce qu'il est un président de la République. Un Etat qu'il a, d'ailleurs, endetté à concurrence de près de 200% du PIB si on compte TOUS ses emprunts extérieurs privés, pas seulement, ceux de la Chine.

Un Falcon 7X de la flotte présidentielle du Congo-Brazzaville a été, donc, logiquement, saisi lundi, 8 juin, sur le tarmac de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac (notre photo). L’avion a été immobilisé à la demande d’un homme d’affaires libanais, ancien grand copain de Sassou, en règlement d’une créance datant de ...1992 et dont le montant atteint, aujourd’hui, plus d’un milliard d’euros. Le dictateur a du mal à reconnaître que les intérêts doivent s'appliquer sur une dette qui traîne. C'est l'attitude normale du mauvais payeur.

Ce Falcon 7X estampillé « République du Congo » devait subir une révision à Bordeaux.

Mais, dès son arrivée sur le tarmac, samedi, 6 juin, l’avion a été immobilisé, puis, saisi deux jours plus tard, indiquent plusieurs sources.

A l’origine de cette opération, une facture non honorée d’un montant de 100 millions d’euros à l'homme d’affaires anglo-libanais, Mohsen Hojeij. Au fil des ans, cet impayé, avec le jeu des intérêts de retard et autres, se serait transformé en une dette de 1,2 milliard d’euros. Cette créance a été reconnue valable au terme d’une longue bataille judiciaire par un jugement définitif des tribunaux français. Y compris par la Cour de cassation.

Commisimpex, la société de Mohsen Hojeij, a, donc, été autorisée à saisir tout actif de l’Etat congolais pour obtenir le remboursement de sa créance, à l’exception de ceux à usage diplomatique.

La société du Libanais, ancien grand ami du dictateur (5 étoiles) espérerait vendre l’avion aux enchères entre 20 et 25 millions d’euros. Une somme bien loin du milliard d'euros espéré mais, elle devra se contenter de ce qu'elle a sous la main.

Sassou conteste. Pour lui, l'avion est insaisissable car protégé par le sceau de la diplomatie. Mais, encore faudrait-il le démontrer outre le fait qu'un chef d'Etat doit-il se comporter comme un voyou sous prétexte qu'il est protégé par les textes et usages diplomatiques ? Que non !

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