CONGO-BRAZZAVILLE : Vers la reconduction de Clément Mouamba comme premier ministre ?

Le dictateur (sur notre photo dans sa mine des mauvais jours) n'a pas dormi la nuit dernière à Brazzaville. Après avoir rangé son double gilet pare-balles dans l'armoire, à la fin du défilé militaire du 15 août, et participé au réveillon d'adieu, le même soir, il a pris son falcon, le 17 août, pour se rendre à Kigali. Réélu avec près de 99% des voix, il y a quelques jours, Paul Kagame sera investi président du Rwanda, ce vendredi, 18 août. Sassou fait partie des chefs d'Etat invités.

Avant d'y aller, il a signé un décret pour démettre de leurs fonctions, le premier ministre chef du gouvernement, Clément Mouamba et l'ensemble de son gouvernement. C'est donc dire que beaucoup dans le gouvernement sortant n'ont pas dormi de la nuit. A commencer par le premier d'entre eux : Clément Mouamba qui devrait, cependant, être reconduit. Il a l'avantage d'avoir, déjà, initié les contacts avec les partenaires extérieurs dont le FMI et de bien connaître la profondeur du trou financier à combler. Quant à la façon de le combler, ce sera au FMI de le dire.

Denis Sassou-Nguesso met, cependant, la charrue avant les bœufs. Ce que les Français, garants de cet accord, lui auraient conseillé, c'est de rassembler l'ensemble des forces vives du pays dans ce gouvernement, afin de lui donner le maximum de chances de succès. Ainsi, il y aurait moins de grèves et de contestations durant l'application du programme, espère-t-on à Paris. Mais, cela supposerait l'organisation d'un dialogue avec l'opposition dont le dictateur ne veut pas. Le président s'entête alors qu'il n'a plus toutes les cartes en main : le pays n'est pas encore à feu et à sang (même si une partie du Pool brûle), mais, il suffit d'un blocage dans les négociations avec le FMI pour que la situation dégénère car on compte, déjà, plusieurs secteurs où on ne perçoit plus les salaires depuis plusieurs mois. Les parlementaires ne sont pas en reste. Jusqu'à son départ, Clément Mouamba avait réussi à payer les salaires de la fonction publique. In extremis. Cette prouesse ne sera plus évidente dans les mois à venir, si le FMI ne vient pas rapidement à la rescousse.

Reste maintenant à savoir si cette institution acceptera de signer un programme sans imposer comme conditionnalité, l'organisation d'un dialogue politique et l'inclusion des ministres consensuels à des postes clés pour mettre en œuvre la feuille de route qui aura été signée avec le gouvernement.

Commentaires

Un exilé en colère (non vérifié)
Je n'ai pas vu le FMI en France, aux USA, au Portugal. Il faut laisser ce dictateur incompétent dans sa folie meurtrière de corruption et gabegie financière.

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