COP 21 : François Hollande et le remboursement de la « dette écologique » de la France envers l'Afrique

"La France veut montrer l'exemple", montrer qu'elle n'est pas simplement "le soutien aux forces africaines" comme au Mali et en Centrafrique, a lancé le chef de l'Etat français devant douze présidents africains, réunis au Bourget, en marge de la Conférence de Paris sur le climat (COP21).

Les 2 milliards promis pour les énergies renouvelables représenteront une "augmentation de 50% par rapport aux cinq dernières années", a précisé l'Elysée.
L'Afrique recevra, ainsi, "une part très substantielle" de l'effort financier global consenti par la France, pour lutter contre le réchauffement climatique, qui doit être, lui-même, porté de 3 à 5 milliards d'euros, par an, d'ici à 2020, a souligné François Hollande.

L'Afrique subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, alors qu'elle n'est à l'origine que de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont les pays riches sont, historiquement, responsables. Le monde a "une dette écologique" à son égard, a estimé François Hollande (notre photo montre une intervention de Paul Biya sur les dangers de l'assèchement du Lac Tchad).

Parmi les "calamités", qui s'abattent sur elle, l'Afrique connaît "une sécheresse sans précédent depuis des décennies" et le Lac Tchad a vu sa superficie fondre, de 25.000 km², dans les années 1960, à 2.500, aujourd'hui, a, également, souligné la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma.

"J'ai vu de mes yeux le fleuve Niger, au fil des mois se perdre dans les sables", a témoigné le président malien, Ibrahim Boubacar Keita.

Au-delà des ravages pour la planète, le changement climatique a "des conséquences désastreuses pour ses habitants", a rappelé le chef de l'Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, évoquant la pauvreté et les cultures détruites.

Quant au Nigérien, Mahamadou Issoufou, il a souligné la "liaison étroite entre l'assèchement du Lac Tchad et le terrorisme dans la région" où sévit la secte islamiste Boko Haram. Mentionnant le "cortège de réfugiés et de déplacés" liés à ces deux fléaux, il appelé à agir "vite, vite, avant qu'il ne soit trop tard".

La situation de l'Afrique, a enchaîné le président guinéen, Alpha Condé, appelle, non pas, des "généralités", mais, des "propositions concrètes" de la communauté internationale. "Nous souhaitons une enveloppe précise pour les barrages" hydroélectriques, a-t-il, notamment, demandé.

"Il nous faut avant de quitter Paris savoir concrètement ce que la communauté internationale mettra sur les projets" portés par le continent, a renchéri le président sénégalais, Macky Sall.
Entre autres initiatives, l’Afrique tente d'ériger du Sénégal à Djibouti, une "Grande muraille verte", barrière végétale destinée à contenir l'avancée du désert. Les riverains du Lac Tchad envisagent, pour leur part, de détourner les eaux du fleuve Oubangui pour faire remonter le niveau du lac.

Pour ces projets d'"adaptation" aux conséquences du réchauffement climatique, la France "triplera, progressivement, ses engagements bilatéraux, en Afrique, pour atteindre un milliard d’euros, par an, en 2020", a, également, promis l'Elysée.

Pour la Fondation Nicolas Hulot, ces annonces "vont dans le bon sens : plus de solidarité avec les pays en voie de développement, plus d'argent pour l'adaptation."

"Il ne s'agit pas de nouveaux financements", mais, de la mise en oeuvre de l'enveloppe globale présentée, en septembre, a, toutefois, rectifié Romain Benicchio, porte-parole d'Oxfam France.

Surtout, il faudra s'assurer que le plan de développement d'énergies renouvelables en Afrique "repose essentiellement sur des installations solaires et éoliennes, et non de mega barrages hydroélectriques qui se montent aux dépens des populations locales", a renchéri Kumi Naidoo, directeur international de Greenpeace.

L'Afrique qui s'était divisée lors de la conférence sur le climat de 2009, à Copenhague, a abordé la COP 21 en présentant un front uni. Elle réclame un soutien financier conséquent, ainsi que, des transferts de technologie pour apporter une électricité verte aux 700 millions d'Africains, qui en sont privés.

Avec AFP

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