COP 21 : L'accord pour le moment est introuvable

C'est une étape-clé qu'ont franchie les négociateurs, réunis, au Bourget. Ils ont remis, samedi, 5 décembre, une ébauche de l'accord mondial censé limiter le réchauffement climatique. Le texte a été transmis à la présidence française de la COP 21, après son adoption par les représentants de 195 pays. 

Afriqueeducation.com vous donne les grandes lignes de cette première ébauche :

Un texte plus court et mieux structuré

Le projet d'accord climat s'étale sur 21 pages contre 55 pages, au début. C'est "une longueur raisonnable". Le texte, qui n'est ni indigeste ni directif et encore moins contraignant, est accompagné de deux sections, dont une note sur les options possibles vouée à disparaître la semaine prochaine. 

Principale avancée : le texte a, désormais, "une structure quasi-figée". "Les éléments se mettent en place" et "c'est un pas énorme", souligne une chercheuse française. Ainsi, le brouillon "reconnaît certains sujets qui étaient, jusque là, considérés comme nuisibles par certains pays", et apparaissaient avec la mention "no text". L'accord devrait, finalement, parler de la question des "pertes et dommages" liés au changement climatique. Certains Etats se sont assouplis. 

Un texte qui ne tranche pas les questions-clés

S'il est raccourci, le texte des négociateurs contient tout de même 939 crochets, c'est-à-dire, autant de phrases ou expressions sur lesquelles les négociateurs ne sont pas parvenus à tomber d'accord. 
Sur le fond, il reste, donc, encore, beaucoup de choix.
Aucune décision n'est actée sur des questions-clés, comme l'objectif à long terme de limitation du réchauffement (1,5°C ou 2°C), le mécanisme de révision des contributions ou le financement. 

Ce dernier point, crucial, reste "un des points les plus controversés" de ces négociations car "il ranime la fracture Nord-Sud". "D'ailleurs, c'est la partie la moins lisible du brouillon. Elle s'étale sur plus de 2 pages", relève un climatologue belge. "On voit qu'il n'y a pas de compréhension commune et qu'il reste beaucoup de chemin à faire", prévient-il. 

Un texte qui demandera du travail aux ministres

Assurément ! L'ébauche de l'accord sera transmise aux ministres des 195 pays, qui vont reprendre la main, lundi, 7 décembre, dans les tractations. Et ils auront du pain sur la planche. C'est eux qui devront, ainsi, opérer les choix s'ils veulent aboutir à l'adoption d'un pacte universel. Bref, "écrire la suite", comme le résume Laurence Tubiana, la négociatrice, en chef, de la France. 

"Pendant la première semaine, tout le monde à intérêt à attendre, en espérant que ce soit quelqu'un d'autre qui fasse le compromis", explique un spécialiste rompu dans les négociations. Un petit jeu de poker menteur traditionnel dans les négociations climatiques. Pour la semaine prochaine, le Réseau Action Climat, par exemple, appelle les pays "à abattre leurs cartes maintenant". Car tout est, encore, possible, le pire comme le meilleur, selon les ONG. 

Pour certains observateurs, l'ambiance de cette conférence peut jouer. "Aucune partie n'a envie d'être tenue pour responsable de l'échec. On sent une disposition à faire avancer le collectif et ça a une grande valeur". 

Cela dit, certains grands pollueurs ont, déjà, prévenu : Les Américains ont dit que l'accord ne devra pas être contraignant ; les Russes, de leur côté, ont laissé entendre que le problème du réchauffement climatique tel que posé, à la COP 21, est un faux débat car les pays émergents et du Sud, aspirent, aussi, à une industrialisation de leur économie comme les pays du Nord (notre photo montrant Barack Obama et le premier ministre indien Narendra Modi) ; la Chine, elle, va certainement, dérouler la stratégie du dragon, qui consiste à continuer de s'industrialiser en polluant tout en disant lutter contre la pollution. Bref, on n'est pas sorti de l'auberge.

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