COP 22 : Démarrage des travaux ce lundi à Marrakech au Maroc

C'est un traité historique qui manque encore de mode d'emploi : les Etats du monde sont réunis à partir de lundi, à Marrakech, pour s'accorder sur l'application de l'Accord de Paris, qui, pour la première fois, a vu la communauté internationale s'engager contre le dérèglement du climat.

Pour ces premiers jours, les quelque 15.000 participants à la conférence annuelle de l'ONU - négociateurs, élus, scientifiques, ONG, entreprises... - devraient avoir, largement, l'esprit Outre-Atlantique, où se joue la présidentielle américaine.

Alors que le républicain, Donald Trump, a, déjà, assuré qu'il attaquerait l'Accord s'il était élu, la responsable climat de l'ONU s'est dit, dimanche, "désireuse de travailler avec le/la futur(e) président(e)" des Etats-Unis.

"Nous espérons que nous pourrons avoir une relation très constructive et positive", a dit, à la presse, Patricia Espinosa. Les Etats-Unis (2e émetteur mondial de gaz à effet de serre, sources du réchauffement) "sont l'un de nos partenaires les plus importants, leur participation à cet accord est cruciale".

"Maintenant, l'Accord de Paris est entré en vigueur", vendredi, 4 octobre, a-t-elle rappelé : "Et nous sommes tous contraints par cet engagement".
L'Accord de Paris adopté, fin 2015, signé par 192 Etats et ratifié jusqu'ici par 100 d'entre eux (représentant près de 70% des émissions mondiales), est, désormais, "la feuille de route du combat contre le changement climatique", souligne Manuel Pulgar-Vidal, ministre péruvien qui présida la COP 20, aujourd'hui, responsable du WWF.

Mais, à la COP 22, à Marrakech, les négociateurs devront, encore, commencer à s'accorder sur toute une liste de procédures, qui feront, au final, de Paris, un vrai succès ou pas.
Leur première tâche sera, selon la négociatrice française, Laurence Tubiana, d'"achever les règles" de ce pacte complexe qui inclut, notamment, un objectif collectif (ne pas dépasser +2°C de réchauffement), des promesses nationales d'action (insuffisantes à ce stade) et des principes généraux pour les revoir à la hausse.

Concrètement, cela signifiera résoudre toute une série de questions délicates : comment suivre les émissions de GES de chaque pays ? Comment garantir le financement des politiques climatiques des pays du Sud promis par le Nord ? Quels pourront être les critères de "compensation" des pays pauvres touchés par les impacts climatiques, sécheresses, inondations et autres tempêtes ?
"La COP 22 est vraiment une COP pour l'application et l'action", a expliqué le négociateur américain, Jonathan Pershing, à la presse.
Le consensus actuel est de parvenir à un accord sur ces sujets d'ici 2018.

Un bilan global des engagements nationaux en matière de réduction d'émissions - issues pour l'essentiel de la combustion du pétrole, du gaz et du charbon - est aussi prévu en 2018, sur la base du volontariat.
La réalisation des plans actuels éviterait les catastrophiques +4/5°C attendus en l'absence de politiques climatiques, mais, met, encore, la planète sur une trajectoire, extrêmement, dangereuse de +3°C. D'où la nécessité de renforcer ces engagements.

"Nous devons combler ce fossé", dit Laurence Tubiana : "La grande bataille des deux ans à venir porte sur la manière dont nous pourrons amener les pays à accentuer leur ambition".
L'Accord de Paris appelle à limiter le réchauffement en-deçà de +2°C par rapport à avant la Révolution industrielle, voire, 1,5°C, un défi énorme.
Sur le terrain, de nombreux signaux montrent que le changement est en cours et la transition vers des énergies plus propres amorcée.
2015 a été une année record pour les investissements dans les énergies renouvelables, notamment, dans les pays émergents.

Les entreprises - présentes comme jamais à la COP – commencent, elles-mêmes, à prendre leur part, poussées par la nécessité d'anticiper le changement vers une économie bas-carbone.
Mais, dans le même temps, les scientifiques continuent de sonner l'alarme. Après deux années record, 2016 devrait, de nouveau, être la plus chaude, jamais, enregistrée sur Terre, et les concentrations de gaz à effet de serre ne cessent de croître.

"Si nous ne commençons pas à prendre des mesures supplémentaires dès maintenant (pour réduire les émissions), nous finirons par pleurer devant une tragédie humaine évitable" (notre photo), a prévenu, jeudi, Erik Solheim, directeur du Programme des Nations-Unies pour l'environnement (PNUE).

A Marrakech, pour la seconde semaine de la COP, une soixantaine de chefs d'Etat et de gouvernement viendront, le 15 novembre, renforcer l'élan politique. En marge de ce Sommet, le roi du Maroc tiendra une concertation avec les seuls chefs d'Etat et de gouvernement africains afin de parler d'une même voix.

Avec AFP

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