CORRUPTION : Prison pour le président de la Fondation Eduardo dos Santos

L'Opération Assainissement des finances publiques se poursuit activement en Angola. Le chef de l'Etat, Joao Lourenço, qui l'a initiée ne se soucie guère des qu'en dira-t-on. Après avoir emprisonné le fils de son prédécesseur, Jose Filomeno dos Santos dit Zenu, la semaine dernière, c'est au tour du président de la fondation de l'ancien chef de l'Etat de se retrouver en prison dans une affaire de "fraudes financières".

Ismael Diogo da Silva est détenu, depuis vendredi, 28 septembre, après-midi, dans la prison de Viana, à Luanda. Président de la Fondation Eduardo dos Santos (Fesa), il a été interpellé "pour répondre à un interrogatoire", a expliqué le bureau du procureur dans un communiqué.

Il avait, jusqu'à présent, "ignoré plusieurs convocations de la justice" dans une affaire de détournement de 20 millions de dollars au sein du ministère des Transports, selon la source proche du parquet.

Ismael Diogo da Silva (notre photo) est employé de ce ministère, mais, préside, aussi, la Fesa, créée en 1996, par José Eduardo dos Santos et qui vise à promouvoir les sciences et la culture.

Il "n'a pas répondu aux appels du procureur général de la République pour clarifier les faits, avait déconnecté ses téléphones et changé de résidence", a, encore, dit la source proche du procureur.

Dans le cadre de cette affaire, l'ancien ministre des Transports de l'Angola, Augusto Tomás, a été arrêté, la semaine dernière, pour mauvaise gestion, détournement de fonds et corruption active.

Augusto Tomás avait été démis de ses fonctions, en juin, par le successeur de José Eduardo dos Santos, Joao Lourenço.

Jusqu'en septembre 2017, José Eduardo dos Santos a dirigé l'Angola, un règne de trente-huit ans au cours duquel il est accusé d'avoir mis l'économie du pays en coupe réglée, en réglant ses proches piller les caisses publiques. 

Il a, finalement, cédé les rênes du pouvoir à Joao Lourenço, également, membre du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA).

A peine aux commandes du pays, Joao Lourenço, qui a fait de la lutte anticorruption une de ses priorités, a limogé de nombreux proches de son prédécesseur dont le propre fils de l'ancien président, Zenu, à cause de ses nombreux détournements dans le Fonds souverain dont il avait la gestion.

De son côté, sa fille Isabel dos Santos fait, aussi, l'objet d'une autre enquête portant sur des virements suspects alors qu'elle exerçait les fonctions de PDG de la compagnie pétrolière nationale Sonangol. Ses transactions douteuses se faisaient avec la complicité de l'ancien gouverneur de Banque centrale, aujourd'hui, incarcéré. Il ne fait, donc, l'ombre d'aucun doute que la femme la plus riche d'Afrique (Isabel) pourrait retrouver son demi-frère, Zenu, en prison, à moins qu'elle bénéficie, pour un temps, de l'immunité que lui procure sa fonction de députée à l'Assemblée nationale.

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