FMI : Kristalina Georgieva nommée directrice générale

La Bulgare, Kristalina Georgieva, est devenue, officiellement, mercredi, 25 septembre, la seconde femme à être nommée directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), après la Française, Christine Lagarde, a annoncé le conseil d'administration de l'institution basée à Washington. C'est une énorme responsabilité pour Kristalina Georgieva parce que l'économie mondiale est menacée de récession.

Kristalina Georgieva, qui était la directrice générale de la Banque mondiale, était la seule candidate en lice. Agée de 66 ans, elle avait bénéficié d'un changement de statut du Fonds, relatif à la limite d'âge, pour rendre valide sa candidature. Son mandat d'une durée de cinq ans démarre le 1er octobre prochain.

Son premier objectif sera d’aider les pays membres à faire face au ralentissement économique mondial. En effet, la récession guette l'économie mondiale.

« La croissance économique mondiale continue de décevoir, les tensions commerciales persistent, et le fardeau de la dette s’alourdit dans beaucoup de pays », a-t-elle noté, relevant, également, « l’énorme responsabilité » de diriger cette institution dans cette conjoncture défavorable. « Dans ce contexte, ma priorité immédiate à la tête du FMI sera d’aider les pays membres à minimiser le risque des crises et à être prêts à faire face au ralentissement économique », a-t-elle expliqué tout en se disant « profondément honorée d’avoir été choisie » pour ce poste.

Outre le ralentissement de l’économie mondiale, la crise économique argentine sera probablement l’un des dossiers les plus épineux à court terme pour Kristalina Georgieva. Les critiques se sont multipliées ces dernières semaines à l’encontre du FMI, qui a accordé, l’an passé, un prêt record de 57 milliards de dollars au pays en difficultés.

Le Fonds a, déjà, déboursé 44 milliards de dollars, en échange d’une cure d’austérité budgétaire mais Buenos Aires a demandé un rééchelonnement de sa dette, ce qui fait douter de ses capacités à rembourser, semblant renouer avec un scénario connu. Des réunions techniques se déroulent, d’ailleurs actuellement, à Washington, en présence des autorités argentines.

Cheveux courts, Kristalina Georgieva, avenante et souriante, avait été désignée comme la candidate de l’Union européenne, le 2 août, à l’issue d’un vote serré en raison de divisions au sein de l’UE. Ses soutiens avaient néanmoins mis notamment en avant sa solide expérience dans la finance internationale.

A la Banque mondiale, où elle a effectué l’essentiel de sa carrière avant d’en devenir directrice générale en 2017, elle s’est forgée une expertise dans le domaine de l’environnement en multipliant les fonctions dans le secteur du développement durable et des questions agricoles notamment.

En outre, elle a beaucoup œuvré en faveur des femmes appelant à une meilleure éducation des filles, à bannir les lois entravant le travail des femmes, et en incitant à leur entrepreneuriat, notamment, en Afrique. Sur ce point, elle devrait s’inscrire dans la continuité de Christine Lagarde qui a sans relâche affiché sa volonté d’agir en faveur de l’égalité des genres.

Face à la presse ce mercredi, après sa nomination, Kristalina Georgieva a éludé toutes les questions des journalistes, qui entendaient la cuisiner sur bien de sujets. Car il y a quelques scandales qui couvent au FMI depuis l'ère Strauss Kahn : des remises de dettes bizarres dans certains pays où la mal-gouvernance est toujours de mise, transparence remise en cause dans la prise de certaines décisions, etc. Pas encore suffisamment préparée à affronter la presse sur toutes ces questions, la nouvelle directrice générale lui a donné rendez-vous à l'automne. D'ici là, elle aura fait le tour des dossiers pour voir ce qui ne tourne pas rond et comment y remédier.

Le problème est juste de savoir si, même partie présider la Banque centrale européenne, Christine Lagarde va continuer à murmurer à l'oreille de Kristalina Georgieva (notre photo) ?

Ajouter un commentaire

Les plus populaires