NEGOCIATIONS ACP-UE : Ouverture jeudi 13 décembre à Bruxelles de la 108e session de la ministérielle des ACP (Afrique Caraïbes et Pacifique)

Jeudi, 13 décembre, s'ouvrira la 108e session du Conseil des ministres ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique), à la Maison des ACP, à Bruxelles. C'est pour préparer cette importante réunion que le rapport du Groupe central de négociation au niveau ministériel, s'est réuni, ce mercredi, 12 décembre. Cette réunion a permis aux ministres chargés de négocier sous la direction du professeur, Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, au nom des 79 pays ACP, accompagnés des ambassadeurs des pays concernés, de tracer les grandes lignes des futures négociations côté ACP (sur notre photo le professeur Robert Dussey avec Dr Patrick Gomes secrétaire général des ACP).

Le travail des ministres commençant au niveau des ambassadeurs, une réunion des ambassadeurs ACP et des hauts fonctionnaires de l'Union européenne (UE) avait eu lieu, le 18 octobre, marquant, ainsi, l'ouverture de la première session des négociations. On notait, entre autres, la présence du négociateur en chef côté ACP, le professeur, Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, ainsi que, son vis-à-vis, côté UE, à savoir, Stefano Manservisi, qui prononcèrent, à cette occasion, les principales allocutions centrant les raisons de cette première session. Avant ces discours d'ouverture, l'ambassadrice du Tchad et présidente en exercice du Comité des ambassadeurs, Aziza Baroud, et le secrétaire général des ACP, Dr Patrick Gomes, prononcèrent les mots de bienvenue à tous les participants.

Depuis octobre 2018, le GCN (Groupe central de négociation) a tenu cinq sessions de négociations avec la partie européenne et six réunions préparatoires au niveau des ambassadeurs (GCN-A). Des réunions informelles ont, également, eu lieu avec l'UE au niveau des ETN (Equipes techniques de négociation). Le GCN-A a, également, fait rapport au Comité des ambassadeurs à trois reprises.

Les pays ACP et de l'UE qui coopèrent ensemble depuis une quarantaine d'années (Conventions de Lomé et de Cotonou) sont, actuellement, d'accord sur les points suivants : renforcement du multilatéralisme, maintien et actualisation des acquis de l'Accord de Cotonou, objectifs du développement durable (ODD), Agenda 2063 de l'Union africaine, accords d'intégration économique conclus dans les régions Caraïbe et Pacifique allant au-delà des ODD, Accord de Paris sur le climat.

Plusieurs autres points sont, encore actuellement, en négociation. En ce qui concerne, par exemple, le financement du développement, la partie ACP a exprimé sa préférence pour le maintien du FED (Fonds européen pour le développement) d'une durée de sept ans reconductible et renouvelable, conformément, au cadre financier pluriannuel de l'UE. Cette question, à la demande de l'UE, sera abordée ultérieurement.

D'autre part, les deux parties sont convenues de négocier un accord unique, juridiquement, contraignant et à long terme. L'UE préconise, toutefois, un accord consistant en un socle commun avec des objectifs et des principes partagés, complété par trois protocoles régionaux (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Elle souhaite, par ailleurs, que la question de la dimension régionale de l'accord soit abordée dans une phase ultérieure. Le mandat ACP, par contre, préconise un accord unique et juridiquement contraignant, dans le cadre d'un engagement unique couvrant trois piliers thématiques et neuf questions transversales comme des priorités et prenant en compte les spécificités régionales. Comme l'a souligné le professeur, Robert Dussey, président de la réunion de ce matin, les chefs d'Etat africains, le 18 novembre, lors de leur Sommet extraordinaire, tenu à Addis Abeba, ont réitéré la position de leurs ministres, lors de la 2e réunion organisée, à New York, en septembre, selon laquelle le Groupe ACP négociera en tant qu'entité unifiée dans le cadre d'un engagement unique. La Commission de l'Union africaine a même été chargée d'accorder un appui technique aux membres africains de l'équipe de négociation ACP, en tant que de besoin.

Autrement dit, et le professeur, Robert Dussey, l'a répété, les ACP n'exploseront pas et la solidarité va prévaloir pendant ces négociations comme pendant les précédentes.

D'un de nos envoyés spéciaux
à Bruxelles

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