NIGERIA : Muhammadu Buhari cible (pour la deuxième fois) la corruption pendant son deuxième mandat

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, a promis de poursuivre sa lutte contre la corruption dans une déclaration musclée à la veille du début de son second mandat. Paroles, paroles, paroles, rétorquent ses détracteurs. Pour eux, il ne fera rien comme lors du premier mandat.

"Je trouve frustrant de ne pas pouvoir aller plus vite pour poursuivre et sanctionner les personnes corrompues", a déclaré l'ancien général âgé de 76 ans lors d'une interview à la télévision d'Etat diffusée, lundi, 27 mai, soir.

"Nous avons fait quelques progrès, nous avons récupéré un certain nombre de biens et d'argent dans des banques en Europe et en Amérique", a assuré le président Buhari qui a été réélu en février et doit prêter serment, mercredi, 29 mai, pour un nouveau mandat de quatre ans.

Il est arrivé au pouvoir, en 2015, sur la promesse de s'attaquer à la corruption endémique dans le premier pays producteur de pétrole d'Afrique, mais, ses détracteurs l'ont accusé de se livrer à une chasse aux sorcières politique, nombre des personnes visées appartenant à l'opposition.

M. Buhari a incriminé la lenteur du processus judiciaire qui a ralenti les progrès de la lutte anti-corruption jusqu'ici.

"Même avec la contribution de lanceurs d'alerte, vous devez vous rendre à la police pour tout le tralala d'une enquête complète avant des poursuites", a-t-il ajouté. "La frustration, c'est que ça prend trop de temps...

Je dois veiller à ce que ceux qui ont nui à notre économie soient punis".

Son premier mandat a été retardé par des querelles avec les députés qui, entre autres choses, ont bloqué, pendant plusieurs mois, l'adoption du budget de l'an dernier.

Dans son interview, M. Buhari a critiqué ceux qui s'étaient opposés à lui. "Quand ils prétendent que ce sont eux le gouvernement et non l'exécutif, c'est le problème", a rétorqué le chef de l'Etat du pays le plus peuplé du continent.

"Je leur ai demandé : comment peut-on tenir le pays en otage pendant sept mois sans adopter un budget ? J'ai dit, personnellement, ils ne me font pas de mal, ils font du mal au pays. Donc, en termes de patriotisme, je crois que je dois leur donner une très mauvaise note".

Dans l'ensemble, "Baba Go Slow" n'a pas convaincu grand monde. C'est comme si les Nigérians l'avaient réélu faute de mieux. C'est quand même pitoyable !

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