SOMMET CHINE-AFRIQUE DE JO'BURG : La Chine « colonialiste » ? Même pas peur de l'être !

Le fait que la Chine ait placé le Sommet Chine-Afrique, du 3 au 5 décembre, en Afrique du Sud, c'est-à-dire, au même moment que la COP 21 (du 30 novembre au 10 décembre), n'est pas un fait du hasard. Dans la haute diplomatie, on ne fait jamais rien pour rien. Pékin est en train de montrer sa toute puissance montante sur un continent où les pays occidentaux régnaient, encore, en maître, il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui, ces derniers commencent à raser les murs, pour laisser les Chinois prendre la place.

Les pays africains (c'est une litote) connaissant, maintenant, où se trouvent leurs intérêts, ont répondu, massivement, à l'appel des Chinois en Afrique du Sud. Pas un seul ne manquera à l'appel du « frère » Xi Jinping, sauf cas de force majeure ayant trait à la maladie (comme par exemple Abdelaziz Bouteflika) ou à la crainte d'un coup d'état (cas par exemple de Pierre Nkurunziza).

Pour montrer qu'ils n'ont pas grand-chose à attendre de la COP 21 (l'argent n'est plus en Occident, entend-on dire mais dans les pays émergents), certains dirigeants africains vont quitter Paris, dès lundi soir, juste après avoir assisté à la cérémonie d'ouverture, et avoir fait acte de présence, question de ne pas trop décevoir Hollande à défaut de l'énerver. On comprend : le succès attendu de la COP 21 est d'ores et déjà mitigé. Le Fonds Climat de 100 milliards de dollars destiné à financer ce phénomène en Afrique et ailleurs, n'a pas obtenu de souscripteurs. Il y a quelques semaines, à peine le dixième (10 milliards de dollars) de cette somme était annoncé. Les Chinois pourraient bien financer le Fonds Climat, mais ils préfèrent du gagnant-gagnant direct avec les Africains. Les Africains deviennent, donc, réalistes et comprennent qu'avec leurs amis occidentaux, ils ne font que tourner en rond, sans avancer.

Ils vont au Sommet Chine-Afrique, en Afrique du Sud, parce que ce sera du concret là bas. Fort de son chéquier et de sa caisse pleine de yuans, le président, Xi Jinping, est arrivé à bouleverser leurs agendas, lui qui quittera Paris et la COP 21, dès le 1er décembre, tôt dans la matinée, pour effectuer un voyage officiel, du 1er au 2 décembre, au Zimbabwe, dont le président, Robert Mugabe, actuel président en exercice de l'Union africaine (UA), on l'aura remarqué, va tout simplement "sécher" la COP 21. Ce qui ne sera pas le cas de la présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini Zuma, qui quittera Paris, le 1er ou le 2 décembre, pour être présente au Sommet Chine-Afrique, à l'ouverture, le 3 décembre.

Du coup, la Chine est accusée, par les Occidentaux, de visée « néocoloniale » en Afrique, terme que la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a rendu populaire, lors d'un voyage, en Afrique,en 2010. La démonstration de force de la Chine qui réussit à éclipser le Sommet des Nations-Unies sur le climat, à Paris, montre que la bataille de positionnement, en Afrique, entre les nouveaux pays émergents et les pays du G7, ne fait que commencer. Une bataille où la Chine gagne du terrain au détriment du G7 qui en perd, tous les jours.

Commentaires

MALOU (non vérifié)
Cette rivalité va nous péter à la gueule. Une nouvelle guerre froide en Afrique?

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