SOMMET DE LA CEMAC A NDJAMENA : Le F CFA a monopolisé les esprits

En amont des réunions de la zone franc à Niamey (Niger) du 28 mars auxquelles le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, prendra part, Idriss Déby Itno, président du Tchad et président en exercice de la CEMAC, a convoqué un Sommet, à N'Djamena, ce dimanche, 24 mars, pour une concertation préalable et nécessaire des pays membres. C'est vrai qu'on a parlé des réformes institutionnelles que conduit le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (absent à N'Djamena), depuis 2006, mais aussi, de la circulation des biens et des personnes, mais surtout, il a été question du F CFA. Cette sous-monnaie gérée par le Trésor français (Ministère français de l'Economie) et dont les Africains des 14 pays où elle est utilisée, ne veulent plus.

A Niamey, les six pays membres de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), à savoir, le Gabon, le Cameroun, le Centrafrique, le Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Tchad, se rendront compte qu'au sein des pays de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), à savoir, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Togo, le Bénin, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée Bissau, le débat sur le F CFA est, déjà, un problème dépassé. Car ensemble, les pays de l'UEMOA ainsi que les autres membres de la CEDEAO, ont accepté le principe de la création d'une monnaie communautaire en lieu et place du F CFA, et que les études supervisées par les présidents du Niger, Mahamadou Issoufou, et du Ghana, Nana Akufo-Addo, conduisent à la mise en place de cette future monnaie en 2020. Et que le lancement de cette monnaie se fera avec les pays qui réuniront à cette époque les critères de convergence définis par les experts. Les retardataires prendront le train en marche.

Face à une UEMOA bien en avance, la CEMAC, à Niamey, devra, pour ne pas être ridicule, montrer, aussi, qu'elle n'est pas en reste et y travaille activement. C'est l'une des raisons de la tenue du Sommet de N'Djamena où sont absents le Gabonais, Ali Bongo Ondimba, l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, et le Camerounais, Paul Biya (notre photo).

De façon fondamentale, se pose la question du rôle de la France dont le Trésor public confisque 50% des recettes d'exportation des 14 pays membres dans le cadre du compte d'opération. A l'heure actuelle, la zone CEMAC, par exemple, connaît une véritable pénurie des devises, et ce depuis plus d'un an. Une pénurie qui s'accroît de plus en plus. La France (puisque c'est son rôle) a pour obligation d'injecter des devises pour permettre la fluidité des échanges, mais, elle ne le fait pas car elle-même est frappée par une crise financière sans nom, alourdie par les demandes des « Gilets Jaunes ». En réponse à cette situation, elle oriente, plutôt, les pays demandeurs vers le FMI où la solution est l'endettement. Voilà autant de problèmes qui sont sans solution et qui montrent que l'indépendance monétaire des pays de la zone franc sera l'An 1 de leur véritable indépendance.

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