Economie

Crise ou pas crise, la Guinée équatoriale reste égale à elle-même. Le niveau de réalisation de ses infrastructures en vue de l'émergence économique en 2020, va repartir de plus belle avec la découverte d'un important gisement de pétrole, à 160 kilomètres de Malabo, qui va faire du bien aux finances de l'Etat.

L'Angola veut, désormais, jouer dans la cour des grands. Pour fluidifier ses communications et les rendre accessibles au moindre coût, Luanda a décidé de faire comme les grands pays industrialisés. Pour y parvenir, ce pays a fait appel à l'amie de toujours : la Russie. C'est ainsi que la Russie a lancé, mardi, 26 décembre, de sa station de Baïkonour, une fusée porteuse du premier satellite angolais de télécoms, Angosat-1, en utilisant une fusée ukrainienne, dont l'utilisation est assez rare en raison des mauvaises relations (politiques) entre la Russie et l'Ukraine. Visiblement, dans le domaine du commerce et des affaires, les relations entre la Russie et l'Ukraine sont, plutôt, bonnes.

Le nouveau président de la République, Joao Lourenço, fait face à sa première grande épreuve du pouvoir. Il ne s'agit pas d'une tentative de coup d'état mais, d'une action de sabotage de sa politique contre la corruption, savamment, planifiée, car elle se manifeste pendant les fêtes de fin d'année. En effet, installé, en août, à la place de José Eduardo dos Santos, à la tête de l'Etat, il a limogé, deux mois plus tard, sa fille, Isabel dos Santos, de la présidence de la compagnie nationale de pétrole, Sonangol, au grand étonnement des Angolais. Cette action diversement appréciée dans l'opinion fut saluée par les milieux financiers et d'affaires, qui virent là, les prémices d'une action digne de ce nom contre la corruption dans ce pays. Mais, alors que les Angolais étaient dans l'euphorie des fêtes de fin d'année, ils ont été surpris par la pénurie d'essence qui, du coup, leur complique la vie et montre que la lutte contre la corruption du nouveau président est loin d'être acceptée par tout le monde.

Membre de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), Sao Tomé et Principe n'est pas membre de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) comme le Gabon, le Congo-Brazzaville, le Centrafrique, le Tchad et le Cameroun. Cet archipel n'est, donc, pas membre de la Zone Franc. A partir du 1er janvier 2018, sa banque centrale va entreprendre une réforme monétaire qui va changer des habitudes.

Le grand ménage engagé par le nouveau président angolais, Joao Lourenço, contre les intérêts de son prédécesseur, José Eduardo dos Santos, suscite des tensions au sommet en Angola, où les deux hommes se sont livrés à une passe d'armes publique inédite. Visiblement, les deux hommes ne sont plus sur une même longueur d'onde. Parler de rupture ou de cassure (c'est selon) n'est pas un abus de langage pour caractériser les relations entre les deux hommes. Faut-il craindre le blocage de la machine administrative du pays, dos Santos ayant gardé les rênes du parti au pouvoir, le MPLA ? S'il est, encore, prématuré de répondre à cette question, beaucoup d'Angolais commencent à retenir leur souffle.

Une chose est de chercher à déloger Camarade Bob de son fauteuil présidentiel, ce qui a été fait, avec succès, sans effusion de sang. Une autre de faire mieux que lui, notamment, dans le domaine de l'économie où le sabotage de Londres avait eu raison des ressorts de la jeune économie du pays. Emmerson Mnangagwa est, désormais, l'homme fort du Zimbabwe. Il ne possède pas de remède miracle pour apporter la prospérité au pays. Issu du système précédent, il compte les mêmes ennemis que son prédécesseur. Cela dit, en homme politique qui a montré qu'il pouvait être très rusé, il se doit de proposer des solutions pour sortir l'économie de l'ornière. Pour cela, il souhaite, avant toute chose, l'unité du pays. L'opposition, qui est déçue de la formation de son premier gouvernement, ne s'inscrit pas dans sa démarche.

Arrivé au pouvoir en 2015, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, surnommé Baba Go Slow pour le temps de réflexion qu'il se donne avant de prendre toute décision, s'est donné deux objectifs majeurs : la lutte contre la corruption et l'éradication de la secte terroriste Boko Haram. Si son action a, considérablement, affaibli la secte terroriste, devenue, aujourd'hui, adepte des attentats aveugles à cause de la réduction de ses moyens de combat, la corruption reste, encore, un cancer pour la société.

Que se passe-t-il au Tchad ? On savait que les pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) traversaient une grave crise de liquidités due à la baisse des cours du pétrole et du gaz. Mais, au Tchad, cette mauvaise passe financière prend une tournure particulière, avec deux limogeages spectaculaires des ministres des Finances en moins d'un an. C'est suffisamment inhabituel pour qu'afriqueeducation.com puisse en parler.

A défaut d'être seule et unique, comme avant, pour investir en Afrique, la France, aujourd'hui, en totale perte de vitesse, sur le plan financier, voudrait s'allier au Maroc (dont les ambitions africaines sont connues) pour regagner des parts de marché perdues en Afrique, au profit des pays émergents comme la Chine. C'est la raison principale du voyage du premier ministre, Edouard Philippe, au Maroc. En Afrique, la France et le Maroc veulent devenir partenaires et concurrents.

Dans une note de presse, la Maison civile du président de la République informe qu’un décret signé mercredi, 15 novembre, par le chef d’Etat, Joao Lourenço, fait état de la nomination de Carlos Saturnino Guerra Sousa e Oliveira comme président du conseil d'administration de la Sonangol, société d'Etat, en lieu et place d'Isabel dos Santos, fille de l'ancien président de la République, qui y avait été nommée en juin 2016. L'indépendance n'a pas de prix. La liberté ne s'octroie pas non plus. Elle s'arrache. Arrivé aux affaires il y a une cinquantaine de jours, le général, Joao Lourenço déclare-t-il la guerre à son mentor José Eduardo dos Santos ?

Nous vous livrons, ici, intégralement, un point de vue sur la question du F CFA qui fait débat depuis quelque temps. Faut-il abandonner le F CFA au profit d'une nouvelle monnaie ? Faut-il retirer à la Banque de France le droit d'émettre le F CFA ? Autrement dit, faudrait-il donner le pouvoir aux « dictateurs africains » d'émettre leur monnaie ? Le point de vue ci-après que nous diffusons n'est, nullement, celui d'Afriqueeducation.com qui soutient, activement, comme savent ses lecteurs, la création d'une monnaie authentiquement africaine ayant tous les attributs de la souveraineté. Mais, il mérite d'être connu.

La mission du FMI est partie du Congo, le 4 octobre, après avoir évalué une dette publique (connue) de 110% du PIB. Reste un certain nombre de zones d'ombre dans le calcul de cette dette. Il s'agit de la dette contractée par l'Etat et la SNPC (Société nationale des pétroles du Congo) auprès de plusieurs créanciers privés (Glencore, Trafigura, Worldwide, Commisimpex, etc), mais aussi, de la dette intérieure (qui a plombé l'activité des entreprises) et celle auprès de la Chine qui reste un véritable mystère. Le FMI demande que tous les documents de ces différentes dettes soient mis sur la table pour qu'il apprécie le niveau réel de son engagement au Congo-Brazzaville. Depuis un mois que la Mission est partie de Brazzaville, plus rien. C'est comme si les deux parties ne voulaient pas donner raison à Afrique Education qui, dans son numéro 458 d'octobre, avait évalué le véritable niveau de la dette publique congolaise à près de 200% du PIB.

Quatre chefs d'Etat sur six se sont retrouvés au Tchad pour le Sommet extraordinaire de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale). Seuls le Congolais, Denis Sassou-Nguesso et le Gabonais, Ali Bongo Ondimba, n'ont pas effectué le déplacement. Dans l'ensemble, les pays de la CEMAC ont évité la dévaluation du F CFA ; l'heure est, désormais, aux réformes avec le FMI (Fonds monétaire international).

Depuis qu'on parle de sa très mauvaise gestion à la tête de la SAA (South African Airways), Dudu Myeni n'a, en réalité, pas daigné changer ses méthodes de management qui étaient très controversées. Politiquement très affaibli, le président, Jacob Zuma, n'a plus les moyens de couvrir les fautes de sa protégée alors que lui-même se trouve sur un siège éjectable et tente de sauver sa peau. C'est dans ce contexte que le gouvernement (Ministre des Finances) a annoncé, jeudi, 19 octobre, avoir mis fin à ses fonctions. La SAA est en proie, depuis des années, à de sérieuses difficultés financières.

Avec un Produit intérieur brut (PIB), qui doit, pour la première fois, dépasser la barre des 120 milliards de dollars à prix courants, en 2017, soit plus que le PIB des pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) et de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) réunis, le royaume chérifien se donne les moyens de croquer, économiquement, les pays d'Afrique noire. On peut comprendre, en filigrane, le comment et le pourquoi de l'annulation du Sommet Israël-Afrique qui était prévu, à Lomé, du 23 au 27 octobre 2017. En réalité, Israël aurait été un sérieux prétendant à la contestation de la suprématie économique du Maroc en Afrique noire. Le roi Mohammed VI voyait cela d'un très mauvais œil. Qui dit mieux : à chaque pays de veiller à la sauvegarde et à la préservation de ses intérêts (stratégiques).

On dirait que les difficultés économiques frappent, uniquement, les entreprises françaises en Afrique. Alors que la mauvaise conjoncture internationale affecte tout le monde, seules les entreprises françaises plient bagage pour rentrer en France ou licencient leurs employés dans des pays africains où il n'existe aucune indemnité-chômage ou autre soupape de sécurité sociale. Les employés se retrouvent face à eux mêmes après avoir, parfois, servi des années durant, l'entreprise française en question. Après Bouygues au Gabon, la semaine dernière, et plusieurs entreprises françaises qui ont dû fermer en cascade au Congo-Brazzaville, ces derniers mois, au tour, maintenant, d'Areva d'annoncer un paquet de licenciements en 2018, au Niger. Les législations des Etats africains sont-elles aussi passoires pour sacrifier leurs travailleurs de cette façon ?

L'entreprise Bouygues Energies & Services, présente depuis près de 70 ans au Gabon avec plus de 200 employés, a annoncé la fin de ses activités en milieu de semaine, suscitant l’incompréhension de ses salariés. Une véritable honte de quitter ce beau pays où elle a gagné beaucoup beaucoup d'argent juste parce qu'il traverse quelques difficultés passagères dues à la chute du cours de pétrole. Une logique très multinationale capitaliste vivement condamnable. Quant aux employés de Bouygues, ils ont, via leur syndicat, dénoncé, auprès du PDG, Martin Bouygues, dans un courrier à lui adressé, le caractère « inhumain de (sa) décision ». Pas de réponse du PDG qui reste silencieux.

Après avoir promis de mener "la guerre contre la corruption", le président nigérian, Muhammadu Buhari, est éclaboussé par un scandale visant l'un de ses proches, après la fuite d'une lettre du secrétaire d'Etat au Pétrole dénonçant des malversations au sein de la compagnie pétrolière d'Etat.

Est-ce le Saint-Esprit qui descendra du ciel pour déterminer la dette exacte du Congo à l'égard de ses créanciers ? Toujours est-il que la première mission du Fonds monétaire international (FMI) qui a pris fin, mercredi, 4 octobre, à Brazzaville, n'arrive, toujours pas, à savoir à combien s'élève, exactement, la dette publique congolaise. Le FMI a sorti un chiffre presque déjà connu de 110%. Reste que le FMI n'arrive, pas encore, à déterminer à combien s'élève la dette litigieuse (Glencor, Trafigura, Commissimpex, etc.) qui s'élèverait à plusieurs milliards aussi. Il en est, de même, de la dette chinoise qui reste très floue à évaluer, un flou entretenu volontairement par Pékin et Brazzaville, et qui embrasse des pratiques comme le troc. Il y a, enfin, la dette intérieure dont on ignore aussi le montant exact. Le total de cette dette (non encore) évaluée pourrait rapprocher la dette totale congolaise à près de 200% du PIB.

Le dictateur a rencontré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le 19 septembre, à New York, en marge de la 72e Assemblée Générale des Nations-Unies. Au regard de la grave situation de l'économie congolaise, elle aidera le Congo (c'est sa mission), mais ne pourra pas faire des miracles que lui demande son « ami » Sassou-Nguesso. Car elle-même doit rendre des comptes à sa hiérarchie. Pour que le programme de redressement (à venir) ait une chance de réussir, l'opposition demande à être associée, d'une manière ou d'une autre, dans le processus de son aboutissement. D'autre part, le FMI va conclure un programme avec le Congo. Mais de quel Congo s'agit-il ? Car il y a le Congo de Sassou-Nguesso qui a ruiné le pays et l'autre Congo constitué par l'opposition qui représente la grande majorité de la population. Sans dialogue et consensus entre ces deux Congo, ce sera un coup d'épée dans l'eau. C'est à ce niveau où Christine Lagarde est priée de ne pas faire du Strauss-Kahn, si elle ne veut pas que son nom soit traîné dans la boue par les opposants congolais demain et après-demain.