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AFFAIRE CASTER SEMENYA : La ministre sud-africaine des Sports accuse l'IAAF d'"atteintes aux corps des femmes"

La championne du 800 mètres sud-africaine, Caster Semenya, revient à la une de la scène. Non pas comme athlète de haut niveau, mais, pour des questions de genre. Cette question étant d'intérêt national en Afrique du Sud, le président de l'époque, Jacob Zuma, était allé jusqu'à menacer la communauté internationale d'une « guerre mondiale » si sa compatriote, Caster Semenya, était disqualifiée du fait que certains observateurs la considèrent comme mi-homme/mi-femme. Jacob Zuma eut gain de cause et, Caster Semenya a continué de gagner les titres, dans le genre féminin. Sauf que le problème revient à la une de l'actualité, aujourd'hui.
La ministre sud-africaine des Sports, Tokozile Xasa, est, actuellement, à Lausanne, pour la soutenir dans cette nouvelle épreuve. En effet, cette fois, elle veut faire invalider devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) un règlement de l'IAAF (Fédération internationale d'athlétisme) imposé aux athlètes féminines produisant, naturellement, beaucoup de testostérone. C'est son cas. Pour les deux Sud-Africaines, l'IAAF porte "atteinte aux corps des femmes".

"Nous parlons d'atteintes aux corps des femmes lorsque les femmes doivent s'expliquer sur leur apparence physique" au regard des autres, a affirmé Mme Xasa (sur notre photo le 21 février 2019 à Genève avec Caster Semenya qu'elle est venue soutenir).

"Il n'est pas seulement question de l'Afrique du Sud (ou) de la participation des femmes au sport", a-t-elle ajouté, avant de délivrer un message de soutien à Semenya transmis par le président, Cyril Ramaphosa. Ce dernier est sur la même longueur d'onde que son prédécesseur, Jacob Zuma. C'est la preuve que Caster Semenya est soutenue par tout le peuple sud-africain.

"Souviens-toi que tu es grande. Souviens-toi que tu es le symbole qui nous rappelle constamment que rien ne peut battre le pouvoir durable de l'esprit humain", écrit le président, Cyril Ramaphosa, cité par Mme Xasa.

"Nous voulons nous assurer que tu ne te sens pas seule", a ajouté la ministre habillée d'un t-shirt sur lequel était floquée la mention, "Nous nous opposons aux règles de l'IAAF". Au cours de cette conférence, Semenya, assise au fond de la salle, ne s'est pas adressée aux médias.

Mardi, 19 février, M. Ramaphosa avait, officiellement, apporté son soutien à la championne.

Et mercredi, 20 février, la ministre sud-africaine des Femmes, Bathabile Dlamini, a, elle aussi, dénoncé la réglementation de l'IAAF. "Ces idées préconçues sur l'apparence du corps de la femme et sur ses performances sont profondément sexistes", a-t-elle insisté.

Caster Semenya, triple championne du monde (2009, 2011, 2017) et double championne olympique du 800 m (2012, 2016), assure être "incontestablement une femme". Elle dénonce des règles destinées, selon elle, à la "ralentir".

Depuis lundi, le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne examine le recours de la championne sud-africaine contre l'IAAF, à l'origine du nouveau règlement.

Il impose à ces femmes "hyperandrogènes" de faire baisser avec des médicaments, leur taux de testostérone pour participer aux épreuves internationales du 400 m au mile (1609 m).

La décision du panel du TAS devrait être connue fin mars.

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