EPISCOPAT CHILIEN : Démission de tous les évêques accusés de pédophilie

Le pape François, qui vient de l'Argentine, c'est-à-dire, non loin du Chili, n'a pas besoin de tourner sa langue dans la bouche avant de parler aux évêques chiliens. Ce n'est pas non plus envisageable qu'il couvre un scandale aussi lourd que la pédophilie dans l'église chilienne. Après avoir beaucoup parlé alors que les pratiques étaient toujours bien ancrées au sein de l'évêché et de la prêtrise chiliennes, il a tout simplement tapé un coup de pied dans la fourmilière, après avoir commis un rapport sur la question, qui l'a mis hors de lui. Un rapport de plus de 1.000 pages rédigé après une enquête effectuée par deux personnes désignées par le Saint-Père. C'est un mal qui ronge, aussi, l'église catholique africaine. Si on passe outre la propension des responsables de l'église catholique dans certains pays africains à faire des enfants à des maîtresses qu'ils entretiennent parfois au vu et au su de tous, elle va même jusqu'à héberger des prêtres pédophiles européens, qui y atterrissent pour se "rebâtir". Mais quand ils arrivent sur place, la tentative redevient grande et n'hésitent pas à rebasculer dans le mal. La situation est vraiment alarmante et le pape devrait, aussi, s'en préoccuper, en multipliant des voyages en Afrique.

La conférence épiscopale chilienne a annoncé, vendredi, 18 mai, que les 34 évêques venus à Rome rencontrer le pape, François, lui avaient remis leur démission, dans le contexte d'un rapport concernant un scandale de pédophilie au Chili (notre photo).

"Nous, tous les évêques présents à Rome, avons remis nos postes entre les mains du Saint-Père afin qu'il décide librement pour chacun d'entre nous", indique une déclaration lue devant la presse.

"Nous voulons demander pardon pour la douleur causée aux victimes, au pape, au peuple de Dieu et à notre pays pour les graves erreurs et omissions que nous avons commises", déclarent les évêques, après trois jours de rencontres avec le pape au Vatican.

"Nous remercions les victimes pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu'ils ont dû affronter, auxquelles s'ajoutaient souvent l'incompréhension et les attaques de la communauté ecclésiale", ajoutent-ils.

"Nous implorons leur pardon et leur aide pour continuer à avancer sur le chemin de la guérison des blessures, pour qu'elles puissent se cicatriser", poursuivent les évêques.

C'est la première fois que toute la conférence des évêques d'un pays présente une démission collective en lien avec ce scandale.

Le pape, François, avait, précédemment, reproché aux évêques d'avoir détruit des preuves, incité les avocats de l'église à minimiser les accusations et fait preuve d'une « négligence grave » quand est venu le temps de protéger les enfants des prêtres pédophiles.

Dans un document accablant de dix pages remis aux évêques, plus tôt, cette semaine, le souverain pontife affirme que la totalité de la hiérarchie de l'église chilienne est, collectivement, responsable de « graves erreurs » dans la gestion des dossiers d'agression et de la perte de crédibilité subséquente de l'église catholique.

Au début du mois de mai, le pape a accueilli, pendant plusieurs jours, dans sa résidence du Vatican, trois hommes qui disent avoir été agressés sexuellement par le père chilien Fernando Karadima. Ce dernier a été reconnu coupable, en 2011, par un tribunal du Vatican d'avoir commis des actes pédophiles dans les années 1980 et 1990.

Les trois hommes – Juan Carlos Cruz, James Hamilton et Jose Andrés Murillo – avaient indiqué que le pape leur avait promis des mesures « adéquates et durables ». Ils avaient, précédemment, dénoncé, devant la presse, l'omerta d'une partie de la haute hiérarchie de l'église catholique du Chili.

Juan Carlos Cruz, principal sonneur d'alerte dans cette affaire, a indiqué sur Twitter que ces démissions en bloc constituent un « bon » développement. Selon lui, il s'agit d'un événement « sans précédent » qui « changera les choses à jamais ».

« Au nom de la dignité, de la justice et de la vérité, les évêques doivent partir », a, aussi, tweeté Jose Andrés Murillo. « Ils n'ont pas su comment protéger les plus faibles, les ont exposés à des abus et ont entravé la justice. Pour ça, ils doivent partir ».

Un voyage du pape, François, au Chili, en janvier, avait tourné au fiasco après qu'il eut défendu avec force l'évêque chilien, Juan Barros, soupçonné d'avoir caché les actes pédophiles du père Karadima. Le prélat était, déjà, soupçonné d'avoir couvert les crimes présumés du père Karadima lorsqu'il a été nommé évêque par le pape, en 2015.

Juan Barros s'est défendu d'avoir su quoi que ce soit, tandis que le père Karadima a, toujours, nié les allégations portées contre lui.

Comme on voit, même quand on est prêtre ou évêque, la pédophilie continue d'alimenter le mensonge bien qu'on se serve de la bible matin midi et soir.

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