ESCLAVAGE EN MAURITANIE : Des peines de prison pour l'exemple ?

Trois personnes ont été reconnues coupables de pratiques esclavagistes et condamnées à des peines de prison par la Cour spécialisée dans l’esclavage de Nouadhibou. S'agit-il des peines pour l'exemple ou de la détermination, enfin, du gouvernement de ne plus tolérer cette pratique d'un autre âge ?

Hammoudi Ould Saleck et Saleck Ould Amar ont, ainsi, écopé de 20 ans de prison et d’une amende d’un demi-million d’ouguiyas MRU (14.000 dollars) là où Revea Mint Mohamed s’est vu infliger 10 ans de prison assortis d’une amende de 25.000 ouguiyas MRU (701 dollars).

C’est le premier procès tenu par la Cour spécialisée de Nouadhibou, depuis sa création il y a près de 4 ans.

Dans ses efforts de répression de l’esclavage, la Mauritanie s’était dotée, en 2013, de trois cours spécialisées dans le traitement des pratiques liées à ce phénomène. Les deux autres se trouvent à Nouakchott et Nema, dans l’Est du pays.

Amnesty International a, récemment, publié un rapport selon lequel 43.000 personnes sont concernées par l’esclavage en Mauritanie.

Officiellement aboli en Mauritanie depuis 1980, l’esclavage a été incriminé et réprimé par la loi en 2007 avant d’être classé « crime contre l'humanité » et qualifié « d’imprescriptible » par une nouvelle loi en août 2015.

Autrement dit, l'arsenal juridique permet de sévir mais des décisions comme celle que vient de prendre la Cour de Nouadhibou sont, plutôt, rarissimes.

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