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LE SUCCESSEUR D'ISSA HAYATOU : « Le Cameroun n'est pas prêt » pour organiser la CAN 2019

Avant toute chose, deux conseils au nouveau président de la Confédération africaine de football (CAF), le Malgache, Ahmad Ahmad :

1) Qu'il arrête de confondre son ennemi juré, Issa Hayatou, avec le Cameroun, qui est un pays, un peuple, une entité bien distincte.

2) Qu'il ne fasse plus de déclarations hâtives (alors qu'il ne connaît le Cameroun que par quelques articles de presse), et que c'est après sa visite d'inspection des installations de la CAN 2019, du 20 au 28 août (date retenue unilatéralement par la CAF sans concertation avec le Cameroun), qu'il pourra donner un point de vue valable sur la capacité du Cameroun d'organiser ou non la CAN.

Ces conseils sont précieux car le début de sa présidence sent une volonté de régler les comptes. Notamment à Issa Hayatou et à son pays. Voici ce qu'Ahmad Ahmad a déclaré, samedi, 5 août, à Ouagadougou, sur le Cameroun, qui s'organise pour accueillir la CAN 2019 : "Le Cameroun n’est pas prêt, même à (accueillir) quatre équipes", a-t-il déclaré. Ahmad Ahmad parle-t-il d'un autre pays ou du Cameroun ? Ignore-t-il que le Cameroun avait organisé la CAN féminine de football en novembre 2016 (Huit pays) sur les sites de Yaoundé (Stade Ahmadou Ahidjo) et de Limbe ? Une organisation très haut de gamme au point où les observateurs avaient admis que peu de pays africains atteindront le même standing d'organisation dans l'avenir.

Interrogé sur la probabilité de délocaliser cette CAN en raison du "retard dans la réalisation des infrastructures", le président de la CAF a indiqué qu’il y aura une visite d’inspection composée des experts et d’un cabinet d’audit spécialisé, sans les politiques (?), qui va évaluer "si nous pouvons organiser cette CAN au Cameroun".

"C’est en ce moment-là que nous tirerons les conclusions nécessaires avec le comité exécutif", a-t-il souligné, évoquant, toutefois, un "plan B".

Le plan B, c’est une ouverture des procédures d’appels d’offres pour qu’il y ait d’autres (pays) qui participent (à l’organisation), a-t-il indiqué sans plus de précisions.

Le Cameroun s'organise pour être prêt. Il n'en est pas à sa première expérience du genre.

Le Cameroun a confié la construction du deuxième stade de Yaoundé (Stade d'Olembé) à une société italienne, qui, cela ne fait l'ombre d'aucun doute, sera prêt. Et avant les délais. Quant à l'autre stade Ahmadou Ahidjo, il est, déjà, prêt après avoir accueilli la finale de la CAN féminine en 2016.

A Douala, la rénovation du mythique stade de la Réunification, à Bépanda, a été confiée à une société canadienne. Il sera, aussi, prêt, cette société venant de démarrer les travaux. Quant au deuxième stade de Douala (Japoma), sa construction a été confiée à un consortium turc. Ce dernier annonce la fin des travaux, en octobre 2018, soit, bien avant juin 2019.

Le stade de Limbe où s'est joué la CAN féminine est déjà prêt, tout comme le stade omnisports de Bafoussam où se jouent, déjà, certains matchs internationaux régis par la FIFA.

Le stade omnisports de Garoua, au Nord du Cameroun, va être rénové grâce à un financement chinois. Quelques remarques, cependant, à l'endroit de Ahmad Ahmad qui a jeté son masque :

Le Cameroun (comme son équipe de football des Lions indomptables) est un pays (un peu lent au démarrage), mais, (très) sérieux, qui ne prend pas des engagements internationaux à la légère. Son président, Paul Biya, qui n'est pas du genre, « m'as-tu vu » (comme on voit ailleurs), a le sens de la dignité et la capacité de préserver intacte l'image de son pays à l'international dont l'équipe est par ailleurs l'actuelle détentrice de la CAN 2017 gagnée au Gabon. Pays par excellence de football, le Cameroun, et son équipe des Lions indomptables, a, déjà, gagné 5 CAN, un championnat olympique, en 2000, à Sydney, et atteint les 1/4 de finale du Mondial 1990. Qui dit mieux en Afrique ? Malgré les pressions que le président, Ahmad Ahmad, doit subir, actuellement, venant de ceux qui l'ont fait élire président de la CAF, pour enlever l'organisation de la CAN 2019 au Cameroun et faire, par la même occasion, un pied de nez à Issa Hayatou, rien, absolument rien, ne milite, réellement, en sa faveur pour répondre à de tels appels. Ni le cahier des charges signé par les deux parties qui n'autorise, nullement, la CAF à imposer, seule, ce que le Cameroun trouverait impossible et inapproprié. Sauf à vouloir mettre le feu au football africain. Personne n'a intérêt à cela. Surtout pas lui qui vient d'arriver. Cela dit, le Cameroun, selon ses autorités, ne laissera l'organisation de la CAN 2019 à aucun autre pays. C'est clair ! C'est à lui de l'organiser. Et c'est lui qui va l'organiser.

Au regard de la performance du Cameroun dans l'organisation de la CAN féminine 2016, il est très probable que le standing d'organisation de la CAN 2019 sera mis à un niveau comparable (sinon supérieur) car, malgré la crise économique, tout est, actuellement, mis en œuvre, sur le plan de l'hébergement (hôtels de classe internationale), du transport (aérien, terrestre et ferroviaire), sanitaire (hôpitaux de référence avec des plateaux techniques répondant aux normes internationales sur les six sites choisis), des télécommunications (fibre optique disponible avec une retransmission du signal assurée par la télévision d'Etat dont les équipements dernier cri ont été livrés par la Chine (d'autres arrivent)), pour permettre une excellente CAN 2019. Fin août, le président de la CAF devrait, donc, être, plutôt, rassuré s'il est neutre et de bonne foi. Mais l'est-il, lui qui a changé les règles du jeu en plein match, en annonçant, au Maroc, l'augmentation du nombre des équipes de 16 à 24 devant participer à la CAN 2019, espérant contraindre, de cette façon, le Cameroun à jeter l'éponge afin que l'organisation de ladite CAN soit confiée au Maroc, qui est à la recherche (de façon quasi-désespérée) d'une CAN depuis qu'il avait (inopportunément) refusé de tenir la CAN 2015, sur son sol, avant d'être remplacé au pied levé par la Guinée équatoriale, à cause du problème Ebola qui, en réalité, n'en était pas un. Pour preuve, aucun joueur de la CAN 2015 n'a été affecté par le virus Ebola que craignaient les autorités sportives marocaines.

Mi-juillet, le ministre des Sports et de l’Education physique du Cameroun, Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt, avait assuré que "malgré les contraintes liées à l’adversité de la conjoncture économique actuelle et à la persévération de la sécurité de notre pays, le gouvernement est totalement engagé (…) à remplir le cahier de charges de la CAF". Vendredi, 4 août, c'est le porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma, au nom de l'Etat camerounais, qui a annoncé, urbi et orbi, que « Le Cameroun avait toute la capacité d'organiser la CAN 2019 » et qu'il allait le faire. Ce lundi, 7 août, soir, le journal de la télévision d'Etat a, en partie, été consacré à ce dossier de la CAN 2019 (20 mns), après la lecture d'un long communiqué du président de la Fédération camerounaise de football, Tombi à Roko. C'est la mobilisation générale pour la défense de la CAN 2019 au Cameroun. Tous les moyens vont être utilisés pour que l'organisation de cette CAN ne soit pas retirée au Cameroun comme veut le faire Ahmad Ahmad dont les premiers pas à la présidence de la CAF semblent mettre le feu au football africain qui n'en avait pas besoin.

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