NIGERIA : Demande de rançon après l'enlèvement de six lycéennes dans le Nord

Les ravisseurs de six lycéennes et deux enseignants dans un pensionnat du Nord du Nigeria ont réclamé une rançon pour leur libération, a annoncé, vendredi, 4 octobre, à la presse, le gouverneur de l'Etat de Kaduna, Nasir Ahmad El-Rufai.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, 3 octobre, des hommes armés non identifiés avaient fait irruption à l'intérieur du Lycée Engravers Academy, dans l'Etat de Kaduna, et enlevé six élèves avec deux de leurs enseignants, selon la police. «Ils ont demandé de l'argent (...) C'est ce qu'ils font toujours», a affirmé le gouverneur, lors d'un déplacement dans la capitale fédérale Abuja, assurant que «des négociations (sont) en cours» pour obtenir la libération des huit otages. «Ce matin, les ravisseurs ont établi des contacts avec les familles. Donc, nous avons regroupé les parents des enfants kidnappés et les proches des enseignants de manière à ce qu'il y ait une seule ligne de communication pour faciliter leur libération», a poursuivi le gouverneur. «Je ne peux pas trop entrer dans les détails, nous essayons de protéger les victimes (...) Je ne veux pas les mettre en danger», a-t-il ajouté.

Nasir Ahmad El-Rufai (notre photo) s'est dit «convaincu» de leur prochaine libération et a assuré que «toutes les agences de sécurité, de la DSS (renseignements nigérians) à la police, en passant par l'armée de l'air et de terre, s'y attellent». «Le fait que cet enlèvement d'enfants et d'enseignants se soit produit à Kaduna est regrettable et tragique», a, également, déclaré le gouverneur, estimant que cette école était une cible facile pour les assaillants car elle est située «au beau milieu de nulle part en brousse». Les enlèvements contre rançon, apparus au début des années 2000 dans le Sud-Est pétrolier du pays, se multiplient depuis quelques années dans le Nord du Nigeria, notamment, dans les Etats de Zamfara et de Kaduna.

Les groupes criminels profitent de l'absence de forces de sécurité dans les zones rurales isolées pour voler du bétail, détruire des villages, tendre des embuscades et commettre des enlèvements. La situation est telle que certaines routes sont devenues quasiment impraticables ou extrêmement dangereuses comme l'autoroute entre la capitale fédérale, Abuja, et la ville de Kaduna, qui passe à proximité de l'école où a eu lieu l'enlèvement.

Une telle attaque directe contre un établissement scolaire est toutefois extrêmement rare dans cette région éloignée des zones frappées par l'insurrection djihadiste de Boko Haram, qui avait enlevé des centaines d'écolières en 2014 dans l'Etat du Borno (Nord-Est). Hormis des agents de sécurité armés de machettes et des patrouilles de police aux abords, l'enceinte d'Engravers Academy était déserte vendredi. La mère d'une élève enlevée vivant à Zaria (Nord) a raconté avoir pu parler brièvement au téléphone avec sa fille. «Ma fille m'a appelée vendredi matin depuis un numéro que je ne connaissais pas. Elle pleurait et semblait effrayée», a-t-elle dit. «Les ravisseurs leur ont demandé si quelqu'un connaissait le numéro de leurs parents par cœur. Seule ma fille le connaissait et ils lui ont permis de m'appeler pour m'informer qu'ils avaient été enlevés», a ajouté cette mère. «Nous sommes très inquiets».

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