NIGERIA : Restitution (volontaire) par Boko Haram des cent filles de Dapchi kidnappées

Même s'il a dû payer une forte rançon (il n'y a pas de doute là dessus), Muhammadu Buhari est en train de subir, honteusement, la dictature de Boko Haram. Cette secte terroriste est en train de lui montrer, lui, l'ex-général devenu président de la République pour la deuxième fois, que son armée et ses services de sécurité n'en valent pas la peine. Et que sa lutte contre la corruption pour laquelle il avait été élu président en 2015 compte pour du beurre. La réalité est que Boko Haram continue de tenir le pavé malgré les gesticulations de la très faible et corrompue armée du Nigeria. Et que le président de la République, bien qu'issu de la famille des militaires, ne fait pas tellement mieux que son civil de prédécesseur, Goodluck Jonathan.

Une centaine d'écolières enlevées le 19 février par des militants islamistes de Boko Haram, à Dapchi, dans le Nord du Nigeria, ont été ramenées à leur école par leurs ravisseurs. "Les filles ont été ramenées dans neuf véhicules et déposées devant l'école vers 8h00" (07H00 GMT), ce mercredi, 21 mars, a affirmé Bashir Manzo, qui dirige une association d'aide aux parents des enfants enlevés, en ajoutant que les autorités devaient procéder à un décompte précis des filles libérées.

"J'ai une liste des filles manquantes avec moi, et là je me rends à l'école pour faire l'appel et voir si certaines d'entre elles sont toujours disparues", a-t-il expliqué. "Mais pour l'instant nous savons qu'au moins une d'entre elles est décédée" pendant sa captivité. "Elles n'étaient accompagnées d'aucune force de sécurité. Leurs ravisseurs les ont juste déposées et sont partis", a ajouté Bashir Manzo. Cette libération a été confirmée par un autre père de famille qui affirme, de son côté, que "toutes ont été libérées", sauf "quelques-unes qui ne sont plus en vie".

Des combattants présumés du groupe de Boko Haram affiliés au groupe de l'Etat Islamique (EI) avaient mené le 19 février un raid sur le pensionnat de l'école pour filles de Dapchi (Etat de Yobe) et étaient repartis avec 110 jeunes filles âgées de 10 à 18 ans. Hier, Amnesty International a accusé l'armée nigériane d'avoir été informée des déplacements de combattants dans la région de Dapchi juste avant ce kidnapping de masse, mais, de n'avoir pas réagi à temps.

Ce drame s'est déroulé dans des circonstances quasi-identiques au kidnapping de Chibok, en avril 2014, où plus de 200 lycéennes ont été enlevées déclenchant une vague d'émotion mondiale. Selon les experts, les rançons versées et les prisonniers libérés ont pu motiver Boko Haram à commettre un nouvel enlèvement de masse.

Candidat à sa succession, Muhammadu Buhari, qui est acculé sur le plan de l'économie, du chômage et de la rébellion dans la région du Delta, ne pouvait pas subir une humiliation supplémentaire avec un rapt d'une centaine de filles, à la barbe de son armée, à Dapchi, alors qu'il s'est fait élire, en 2015, pour éradiquer Boko Haram. Autant ne pas se représenter devant l'électorat car ses adversaires auraient eu du pain béni pour le critiquer pendant toute la compagne. Tout laisse, donc, penser qu'il a payé une forte rançon qui va beaucoup renforcer Boko Haram qu'il dit combattre, ce qui lui laisse la possibilité de se représenter à l'élection la tête (moins) basse.

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