NIGERIA : Sous la pression de Boko Haram, Buhari ordonne la fermeture de tous les internats dans le Nord-Est

Tous les pensionnats dans l'Etat du Borno, dans le Nord-Est du Nigeria, un des plus touchés par le conflit avec le groupe djihadiste Boko Haram, vont être fermés pour raisons de sécurité. Une décision qui montre la grande prudence du président, Muhammadu Buhari, qui ne laisse plus de place à l'improvisation alors que la présidentielle à laquelle il est candidat, aura lieu en 2019.

"Tous les établissements d'enseignement secondaire en pensionnat de l'Etat du Borno, à l'exception de ceux de Maiduguri (capitale) et de Biu, fermeront avec effet immédiat jusqu'à nouvel ordre", a annoncé le gouvernement de l'Etat de Borno dans un communiqué.

A la frontière avec le Cameroun et le Lac Tchad, l'Etat du Borno, est considéré comme l'épicentre des violences commises par des islamistes de Boko Haram, dont le nom signifie, en langue haoussa, "l'éducation occidentale est péché".

Cette mesure intervient alors que les djihadistes viennent de ramener une centaine de jeunes filles kidnappées en février dernier à Dapchi, une ville de l'Etat voisin de Yobe. Ces jeunes filles se sont rendues, vendredi, 23 mars, à Abuja, pour y rencontrer le président, Muhammadu Buhari. C'est dire la joie du président qui avait gagné la présidentielle en 2015, notamment, parce qu'il avait annoncé la disparition totale de Boko Haram sous son mandat.

Les écoles qui enseignent un programme laïc ont été ciblées, à plusieurs reprises, pendant l'insurrection, qui depuis 2009, a fait, au moins, 20.000 morts.

Selon l'agence des Nations-Unies pour l'enfance, Unicef, plus de 2.296 enseignants ont été tués et, environ, 1.400 écoles ont été détruites dans le Nord-Est du pays.
Muhammad Bulama, le ministre local aux Affaires intérieures et à l'Information, a expliqué que cette décision avait été prise après une attaque menée par Boko Haram dans le camp de déplacés de Rann, le 1er mars.

Trois travailleurs humanitaires et huit membres des forces de sécurité ont été tués au cours de cette attaque dans cette ville reculée près de la frontière avec le Cameroun. Les agences d'aides humanitaires ont évacué leur personnel permanent dans la zone.

Les écoles ont, déjà, été fermées à la suite d'attentats meurtriers à Buni Yadi, dans l'Etat voisin de Yobe, lorsque plus de 40 élèves d'un internat de garçons ont été tués dans une attaque contre Boko Haram.
Les enlèvements de plus de 200 écolières à Chibok (Borno) en avril 2014, et de 110 autres de Dapchi (Yobe), en février, ont, également, entraîné des fermetures (notre photo).

Bulama a déclaré que ces "mesures urgentes et immédiates" étaient prises pour améliorer la sécurité, mais, cela va affecter encore un peu plus l'accès et le niveau scolaire, déjà, très faible, pour de nombreux enfants de la région.

A la dernière rentrée scolaire, l'Unicef ​​a indiqué qu'au moins 57% des écoles dans le Borno étaient fermées.

L'organisation onusienne a averti que la situation menaçait de créer "une génération perdue d'enfants, menaçant leur avenir et celui du pays".

Au final, on remarque, somme toute, que Boko Haram est en train de gagner son combat qui consiste à empêcher l'éducation moderne de la jeunesse du Nord-Est du Nigeria.

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