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TANZANIE : Pour le président John Magufuli, les jeunes filles mères doivent être exclues de l'école

Au moins, le président, John Magufuli, est tout, sauf un démagogue. Il dit, exactement, ce qu'il pense, quitte à renverser la table. Toutefois, c'est une énormité qui vient de sortir de sa bouche, en soutenant que les jeunes filles, qui tombent enceintes ne peuvent pas poursuivre leur scolarité après leur accouchement, condamnant, par la même occasion, l'action des organisations occidentales qui plaident pour que les adolescentes aient une seconde chance.

Droit dans ses bottes, le cher président tanzanien affirme urbi et orbi : "Moi, je donne de l'argent pour que l'élève étudie gratuitement. Et après, elle tombe enceinte, accouche et revient par la suite à l'école. Non, pas sous mon mandat! ». Le président a, vraiment, le mérite de la clarté. Il est même quelque part logique dans son raisonnement, quand il fait cette déclaration, le jeudi, 22 juin, lors d'un déplacement, à Chalinze, à une centaine de kilomètres, à l'Ouest de la capitale économique Dar es Salaam. On peut dire que c'est la difficile réalité de terrain qui le fait parler.

La déclaration du président ne tombe pas par un pur hasard. En effet, un rapport de l'ONG, Human Rights Watch, publié le 16 juin, a affirmé que des responsables d'écoles de Tanzanie effectuaient des tests de grossesse afin d'expulser les élèves enceintes, les privant, ainsi, de leur droit à l'éducation.

Selon le président, John Magufuli, qui n'y va pas de main morte, si les Tanzaniens écoutaient les organisations occidentales de défense des droits de l'homme, "il pourrait arriver que, dans toute une classe, toutes les élèves aient des bébés".

Et le président de poursuivre : "Dans ce cas alors, que se passerait-il ? Pendant que le professeur donne son cours, elles sortiraient toutes pour aller donner le sein aux bébés ? Jamais sous mon mandat!" (sur notre photo, une jeune fille tient une affiche de Magufuli pendant la campagne présidentielle), a-t-il lâché. "Si ces ONG aiment vraiment ces élèves, qu'elles leur ouvrent des écoles spéciales pour mères", a-t-il ajouté.

Avant de conclure : "Quant au gouvernement, il ne peut pas accepter cela", alors que, justement, plusieurs membres de son gouvernement défendent, publiquement, le droit des filles à poursuivre leurs études secondaires après des maternités.

Le débat est loin d'être tranché. Mais, au moins, en Tanzanie, le système politique est, réellement, démocratique, dans la mesure où on peut faire partie du gouvernement de son excellence Monsieur le président de la République, et ne pas jouer les bénis oui oui pour chacune de ses affirmations.

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