GUINEE : Zainab Hawa Bangura est-elle instrumentalisée ?

GUINEE : Zainab Hawa Bangura est-elle instrumentalisée ?

La représentante spéciale du secrétaire général des Nations-Unies sur la violence sexuelle commise en période de conflits, Zainab Hawa Bangura, vient d'effectuer une visite officielle en Guinée, où son bureau apporte une aide logistique et technique à l'enquête, en cours, sur le massacre, de 2009, dans la capitale Conakry.

Lors de cette visite de quatre jours, elle a rencontré des hauts responsables du gouvernement, des agences onusiennes, et la société civile. A ce jour, 16 personnes ont été inculpées en lien avec cette affaire dont l'ancien chef d'Etat, Moussa Dadis Camara.

Il y a quelques années, une commission internationale d'enquête des Nations-Unies avait conclu qu'au moins 156 personnes avaient été tuées dont 109 femmes et jeunes filles violées et soumises à d'autres formes de violence sexuelle, et plus, de 1.000 personnes blessées à la suite des événements dans un stade et ses environs, à Conakry, le 28 septembre 2009. Moussa Dadis Camara était le président du Conseil national de la démocratie et du développement (CNDD), au moment des incidents.

Le Bureau de la représentante spéciale, par le biais de l'équipe d'experts sur l'état de droit et la violence sexuelle dans les conflits, apporte un soutien technique au Panel des juges d'instruction guinéens, mis en place par les autorités guinéennes pour enquêter et poursuivre ces crimes.

En juillet 2015, Zainab Hawa Bangura s'était félicitée de l'inculpation de Moussa Dadis Camara dans le contexte de cette enquête, jugeant qu'il s'agissait d'une « étape importante dans la lutte contre l'impunité en Guinée pour les crimes qui ont été perpétrés contre des civils non armés ».

 

Cela dit, beaucoup de Guinéens s'étonnent que l'enquête, qui piétine depuis 2009, se soit accélérée, comme par hasard, au moment où Dadis Camara se lance, comme d'autres prétendants, dans la campagne de l'élection présidentielle d'octobre prochain. Les autorités guinéennes ne veulent, visiblement, pas de lui, dans le pays car il est capable de faire basculer l'élection, en faveur d'un candidat important de l'opposition. Le 26 août dernier, alors qu'il voulait rentrer, à Conakry via Abidjan, son avion a été empêché d'atterrir à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny, et dérouté à Accra. Après ce périple forcé, l'ancien chef de la junte s'est à nouveau retrouvé au point de départ, Ouagadougou.

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