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GUATEMALA : Ouf ! Le président corrompu Otto Pérez Molina a enfin démissionné

Au pouvoir depuis 2012, le président conservateur, Otto Pérez Molina, a pris cette décision dans le but d’affronter « de manière individuelle la procédure menée à son encontre », selon son porte-parole, Jorge Ortega. On a besoin de dire : tant mieux. Il était temps car c'est depuis mai dernier qu'il aurait dû jeter l'éponge, en même temps que sa vice-présidente, Roxana Baldetti. Il a fallu qu'il soit poussé dans ses derniers retranchements.

C’est théoriquement son vice-président, Alejandro Maldonado, qui doit, désormais, prendre les rênes du pays, à quelques jours du premier tour des élections générales dimanche, à l’issue desquelles, le nouveau président prendra ses fonctions, le 14 janvier 2016.

Cette décision survient quelques heures, seulement, après le lancement d’un mandat d’arrêt par la justice. Celui-ci a été autorisé par le juge, Miguel Angel Galvez. Un juge courageux !

S’étant engagé à collaborer avec la justice, le désormais ancien président du Guatemala peut, toutefois, se présenter, librement, devant le juge, sans y être amené par la force.

Général à la retraite de 64 ans, Otto Pérez Molina avait été privé, mardi, 1er septembre, de son immunité par un vote à l’unanimité du parlement, une mesure inédite dans l’histoire du Guatemala et célébrée par une foule d’habitants en liesse.

Puis, tout est allé très vite car dès mardi soir, la justice lui interdisait de sortir du territoire et mercredi, la Cour constitutionnelle, de son côté, rejetait ses recours pour suspendre la procédure.

Dans ce dossier, son ancienne vice-présidente, Roxana Baldetti, démissionnaire en mai et, également, poursuivie, est, déjà, en détention provisoire.

Otto Pérez Molina est accusé par le parquet et une commission de l’ONU contre l’impunité (Cicig) d’avoir dirigé un système de corruption au sein des douanes, via lequel des fonctionnaires touchaient des pots-de-vin pour exonérer de taxes certaines importations. Un « sport national » dans les pays africains.

La procédure à son encontre survient à un moment de mobilisation populaire sans précédent dans ce pays et à quelques jours, seulement, des élections prévues dimanche, auxquelles il ne pouvait se représenter, la constitution n’autorisant qu’un seul mandat.

La démission de ce général-président est bien suivie en Afrique, continent, littéralement, pillé par la corruption, où certains généraux-présidents, parfois, au pouvoir, depuis des décennies, narguent leurs populations en confondant l'argent public avec la caisse familiale. Dans ces pays, malheureusement, le parlement et la justice ne se montrent pas encore suffisamment à la hauteur pour siffler la fin des détournements des biens de l'Etat.

Avec AFP

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