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MAROC-ALGERIE : comment se réconcilier

A ma gauche, le royaume du Maroc, prononcé « Al Mamlakatu Maghribia », dirigé par une lignée de monarques constituant une dynastie millénaire, et, à ma droite, la république algérienne démocratique et populaire, prononcée « Al Jumhuria Al Jazaria Dimokratia Chouradia », dirigée par un tout nouveau monarque, SAR Abdelaziz Bouteflika.

Voici deux pays qui ont la capacité logistique, économique et en ressources, d'obtenir un leadership sans pareil en Afrique. Mais, apparemment, toutes leurs ressources sont utilisées égoïstement pour déstabiliser le voisin. Ces deux pays possèdent des points en commun indiscutables, tant dans la culture essentiellement musulmane que dans la langue, qui possède des nuances et des tonalités quasi-similaires.

Panmaghrébisme : le Maghreb au singulier

 

Cette notion, qui peut apparaître comme un bricolage de mots, fait bien sûr référence au panafricanisme, qui, comme vous le savez, consiste à parler de l'Afrique au singulier : un état uni.

Le panmaghrébisme sera donc une idée politique, mais également, une action, qui aura pour but final l'avancement et l'appui fort à la pratique de l'exercice pour la solidarité et la cohésion entre les pays du Maghreb tels que le royaume du Maroc et la république algérienne, sans oublier bien sûr la Mauritanie, la république tunisienne et la Libye.

Ainsi, ces deux pays en question auront pour priorité et intérêt d'édifier, main dans la main, les bases d'une organisation panmaghrébine, qui se devra d'être vivement plus mûre et développée, en clair, un organisme « adulte », qui s'intéressera aux causes beaucoup plus qu'aux conséquences, concrètes et surtout réalistes, car le récent laborieux spectacle offert au monde entier prouve encore une fois, la désunion totale de ces mêmes pays membres de l'Union du Maghreb arabe (UMA). La cause ? Une chose tout aussi futile qu'est le nom donné à ce corps.

Il est bien sûr indéniable que cette union maghrébine en est encore au stade d'organisation régionale, existante, certes, mais mise à pied, le temps que le Maroc et l'Algérie finissent de se détruire dans cette lutte ô combien fratricide.

J'en viens donc à cette déduction tout aussi accablante que navrante du fait que si ces deux pays décident de mettre fin à cette pseudo guerre froide, alors, c'est à ce moment-là que nous pourrions concevoir l'embellissement d'une union maghrébine déjà existante, mais, nettement, obsolète.

 

Initier les populations à la réconciliation

(exemple : des écoles du Maghreb)

 

Seule l'éducation aura raison de cette fausse lutte sans intérêt et surtout humiliante pour ces deux protagonistes. En effet, si une quelconque union est à prévoir, ce sera en partie grâce à l'éducation. Il est donc nécessaire de créer des « écoles du Maghreb », où seraient inculquées des valeurs vraies telles que la fraternité, la solidarité et le partage ; apprendre au voisin « qu'on n'est nullement l'ennemi, mais le confrère, le compagnon de succès ».

Il est primordial de rétablir l'histoire commune de ces deux patries et de remettre au goût du jour les révolutions menées et aidées pour tous ces anciens désirs de souveraineté, sans oublier cette merveilleuse mémoire commune arabo-musulmane, et qui plus est millénaire. Ce fabuleux programme pédagogique se devra de commencer par un échange d'élèves, une sorte de correspondance algéro-marocaine. Cette mise en relation permettra de faire réaliser à ces deux jeunesses, illégitimement embrigadées, qu'elles possèdent une chance inouïe d'accomplir ce qu'aucun politicien n'a eu le courage de faire, c'est-à-dire, se rendre compte que l'autre n'est pas un rival, mais un semblable, ayant la même langue, la même religion, et surtout, la même flamme patriotique, comparable à celle qui s'affiche lors des matchs de football.

Cette jeunesse prendra conscience du temps et de l'énergie dissipés, et tentera tout ce qui est possible pour concrétiser cette utopie expressément perçue comme telle.

Pourquoi est-ce que, de nos jours encore, aucune entente n'est envisageable ? La réponse est tout aussi absurde que les raisons de cette mésentente : ces deux pays en sont encore au terme du dénigrement ; « l'autre, c'est l'infâme ». Chacun se repousse et s'accuse mutuellement, en rendant coupable le voisin des mauvaises fortunes qui les accablent. Cette rivalité parasite en est encore, Dieu merci, au stade de la chamaillerie. Il faut à tout prix endiguer celle-ci pour qu'elle n'atteigne jamais la phase de querelle physique (nous parlons bien sûr d'affrontement direct).

Houssam Kajja

 

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