Politique

L'ancien vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, "pourra rentrer" en République démocratique du Congo (RDC) s'il le souhaite, a déclaré, dimanche, 17 juin, le ministre congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okintundu, sans préciser s'il était poursuivi par la justice congolaise. Cela dit, cette interrogation ne va pas freiner l'envie du futur candidat à la présidentielle de rentrer dans son pays, retrouver son électorat de l'Equateur et de la ville de Kinshasa, après dix années d'enfermement à la Haye.

Depuis qu'il est en fin de séjour, le dynamique ambassadeur de Chine au Togo, n'en finit pas de faire part de ses sympathiques adieux aux principales personnalités du pays, à commencer par le chef de l'Etat, Faure Gnassingbé. Ce samedi, 16 juin, son excellence Liu Yuxi a eu droit à un copieux déjeuner offert par le chef de la diplomatie togolaise, le professeur, Robert Dussey. Le temps de se rendre compte que les liens personnels au-delà de la fonction tissés par ce diplomate, au Togo, étaient aussi forts que les réalisations de la Chine pendant son magistère.

Après le succès du Sommet entre Donald Trump et Kim Jung-un, organisé, le 12 juin, à Singapour, c'est au tour du premier ministre japonais, Shinzo Abe, de préparer le sien, dans les prochains mois, avec le « leader bien aimé » nord-coréen. Voilà pourquoi il l'a appelé, samedi, 16 juin, afin qu'ils surmontent, ensemble, leur méfiance mutuelle. Il confirme, par ailleurs, que des efforts sont en cours en vue de l'organisation d'un sommet. Le « leader bien aimé », lui, ne demande pas mieux. Il suit sa stratégie à la lettre : 1) Doter la Corée du Nord d'une bombe nucléaire capable d'atteindre le territoire des Etats-Unis. 2) Une fois ce cap réussi, appeler aux négociations directes, en tête à tête, sans intermédiaire, entre lui et le chef de la Maison Blanche. Nous y sommes avec succès. Les besoins du « leader bien aimé » sont simples : mettre fin à l'embargo qui frappe le pays et bénéficier de facilités diverses susceptibles de favoriser la relance de l'économie nord-coréenne, et relever, sensiblement, le niveau de vie des Nord-Coréens. Le plus bas de la péninsule. En contrepartie, le « leader bien aimé » accepterait la dénucléarisation de la Corée du Nord et de toute la péninsule, en ayant quand même à l'esprit que sans bombe nucléaire, il deviendrait, aussi, vulnérable que le Libyen Mu'ammar al Kadhafi, assassiné par un conglomérat de tueurs français, américains, anglais et de l'OTAN. Un avantage non négligeable cependant : Le « leader bien aimé » a, pour lui, le temps contrairement aux dirigeants américain, japonais et sud-coréen, qui, eux, sont tenus par le succès aux élections avec à la clé la limitation des mandats, alors que les principaux soutiens de Kim Jong-un, à savoir, les présidents chinois et russe, ont tout le temps pour eux. Le « leader bien aimé » est un redoutable stratège, malgré ses petits 34 ans d'âge.

Le Centrafrique s'est vu ôter son droit de pouvoir équiper son armée au nom d'un embargo pris aux Nations-Unies dans l'espoir d'accélérer la pacification du pays. Jeudi, 14 juin, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis se sont opposés aux Nations-Unies à une demande d'importation d'armes chinoises du Centrafrique, soumis, depuis 2013, à un embargo sur les armes. Les Russes ont, récemment, profité d'une telle autorisation pour déverser des tonnes d'armes en Centrafrique avant de s'y installer, au grand mécontentement des Français et des Américains. Actuellement, la garde rapprochée du président, Faustin-Archange Touadera, est assurée par des éléments russes envoyés par Vladimir Poutine. De quoi énerver Emmanuel Macron et Donald Trump pour qui l'Afrique est le cadet des soucis, mais qui ose s'irriter quand Touadera prend des initiatives. L'émancipation du président centrafricain est réelle, visible, et porte un nom : changement des alliances ou rééquilibrage des accords.

Président du Burundi jusqu'en 2034, au moins, Pierre Nkurunziza a annoncé, jeudi, 7 juin, qu'il ne sera pas candidat à sa succession en 2020. C'est une surprise de taille pour ceux qui croient encore à sa parole dont la dévaluation est inversement proportionnelle à la catastrophique situation économique actuelle du Burundi. Le pays vient d'adopter une nouvelle constitution qui fait de lui un président à vie. Rien de moins. Une constitution qui est le fait de sa seule et unique volonté. Après l'avoir votée, de peur de coaliser les mécontentements sur le plan international, il commence à mentir, à nouveau. La seule chose qu'il sache faire. Car le mensonge est une spécialité de Pierre Nkurunziza, qui se dit, par ailleurs, pasteur de la secte religieuse « Born Again ». Il avait, déjà, trompé le Conseil de sécurité des Nations-Unies, qu'il n'allait pas se présenter pour un troisième mandat, en 2015. Mais, il s'est représenté malgré le tollé général suscité y compris dans son propre parti, le CNDD-FDD, et a signé sa réélection au terme d'une parodie d'élection qui ne laissa aucune chance à aucun de ses adversaires. Nkurunziza est un très (très) gros menteur  à ne jamais prendre au sérieux.

Afrique Education l'avait dit en son temps : après le départ, en 1997, de son très dynamique secrétaire général, le Canadien, Jean-Louis Roy, l'OIF (Organisation internationale de la francophonie) était devenue comme une « maison de retraite », sous les cinq ans de la direction de l'Egyptien, Boutros Boutros-Ghali. Après l'éviction de ce dernier, en décembre 2002, par le « Groupe » Afrique mené de main de maître, à l'époque, par le défunt patriarche gabonais, Omar Bongo Ondimba, l'erreur fatale fut la désignation à ce poste de l'ancien président sénégalais, Abdou Diouf. Car de « maison de retraite », l'OIF connut, carrément, un enterrement première classe pendant les treize ans (2002 à 2015) de son mandat. Plus grave, au lieu de partir au bout de huit ans, à l'issue de deux mandats, il négocia un troisième auprès des Français et Canadiens, piétinant au passage, les règles de fonctionnement de la Maison. Après que l'âge eut raison de lui et qu'il décida d'aller, enfin, finir ses derniers jours à Dakar où il vit actuellement, beaucoup pensèrent qu'en élisant la Canadienne, Michaelle Jean, à ce poste alors que le Congolais, Henri Lopès, grand écrivain de surcroît, affichait un meilleur profil, l'OIF allait retrouver son dynamisme comme sous l'autre Canadien, Jean-Louis Roy. Les francophones n'ont que leurs yeux pour pleurer.

Le chef de l'Etat zimbabwéen en exercice, le putschiste, Emmerson Mnangagwa, et celui de l'opposition, Nelson Chamisa, ont déposé, jeudi, 14 juin, leur dossier de candidature pour la présidentielle du 30 juillet, le premier scrutin depuis la chute de Camarade Bob. Dans tout le pays, ce jeudi, les candidats à la présidentielle, aux législatives et aux élections municipales étaient appelés à faire acte de candidature auprès des tribunaux. Robert Mugabe ne sera plus, directement, un acteur influent de ce processus, maintenant, qu'il est admis que les choses lui échappent.

Le numéro 465 de juin d'Afrique Education, qui est en vente depuis le vendredi, 15 juin, chez les marchands de journaux explique, sur plusieurs pages, comment après la mise en liberté provisoire (qui sera bientôt définitive) de l'ancien vice-président rdcongolais, Jean-Pierre Bemba, il sera très difficile de garder l'ancien président de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, en prison. L'article explique comment les complicités occidentales ont conduit ce dernier à La Haye, malgré le refus obstiné de l'Union africaine, et dénonce le rôle discret et particulièrement mesquin joué par le gouvernement canadien dans cette machination hors normes. La révélation sur cette implication du Canada dans le malheur de Gbagbo va beaucoup étonner quand on sait que ce pays a une très bonne image en Afrique où il n'a colonisé personne.

Prisonnier le plus célèbre de l'Afrique centrale, le RDCongolais, Jean-Pierre Bemba, n'a pas encore eu la possibilité d'embrasser sa femme et ses cinq enfants. Et pour cause, il attend son permis de séjour des autorités belges qui étudiaient encore son dossier ce soir, en procédure accélérée. Prêt à recouvrer sa liberté, l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, acquitté en appel de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, reste sous la surveillance des autorités de la Cour pénale internationale (CPI), dans l'attente du feu vert de la Belgique pour retrouver les siens après avoir quitté le centre de détention situé à La Haye. A Kinshasa, Joseph Kabila aurait perdu le sommeil.

Le professeur, Robert Dussey, vient de passer deux jours en Israël pour une visite de travail et de coopération. On ne cessera, jamais, de dire que l'Afrique a à, beaucoup, gagner en suivant le modèle économique d'Israël, qui a su se développer malgré un environnement hostile. Après avoir réussi à planter les avocatiers et les tomates en plein désert du Néguev, Israël peut, utilement, accompagner les pays africains, dans leurs efforts de développement. En rencontrant le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, le chef de la diplomatie togolaise a pu examiner, au nom du chef de l'Etat, Faure Gnassingbé, tous les aspects de la fructueuse coopération, qui se met, progressivement, en place entre les deux pays.

Il en a une peur bleue, de l'extradition. Celui qu'on nommait vice-président quand son frère, Blaise Compaoré, officiait comme président de la République du Burkina Faso. Aujourd'hui, le vent a tourné et François Compaoré a fui le pays (comme son frère Blaise) avant d'être rattrapé par la justice française. Ce mercredi, 13 juin, justement, cette justice française décidera de son sort, après qu'il a été mis en cause dans l'enquête sur l'assassinat du journaliste, Norbert Zongo, en 1998. Une affaire que le clan Compaoré ne recommencerait plus si c'était à recommencer.

L'intellectuel musulman, Tariq Ramadan, est arrivé, mardi, 5 juin, matin, au tribunal de Paris, pour son premier interrogatoire depuis son incarcération pour viols en février, une audition qui pourrait conduire à sa mise en examen pour des agressions sur une troisième femme. Les faits qui sont reprochés à cet intellectuel sont graves, surtout, dans la société occidentale où la perception de la vie ainsi que ses codes ne sont pas les mêmes qu'en Afrique, d'où vient l'accusé. La justice, de son côté, ne fait pas de quartier quand il s'agit d'appliquer la loi dans ce domaine, et protéger les plus faibles. Mais, après avoir dit tout ceci, on est quand même en droit de se poser la question de savoir si la procédure ne permettait pas de traiter l'accusé avec un peu plus de dignité ?

Le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, a nommé, lundi, 4 juin, en fin de journée, Christian Ntsay, nouveau premier ministre, lors d'une adresse à la nation au Palais d'Etat d'Iavoloha. Le nouveau premier ministre est le fruit du consensus politique entre la majorité présidentielle, l'opposition, sous la discrète surveillance du Conseil constitutionnel. Quatrième premier ministre du président, Hery Rajaonarimampianina, il terminera son premier mandat et sera, notamment, chargé de l'organisation de la future élection présidentielle dont la date n'est pas encore fixée, mais, qui devrait se tenir, avant la fin de cette année.

Le gouvernement lève enfin le voile sur sa grande réforme de l'audiovisuel public. Alors que Matignon devrait officiellement en présenter les grandes mesures sous peu, Françoise Nyssen, ministre de la Culture, s'est chargée d'en dévoiler les contours ce lundi, 4 juin, matin. Mais, la ministre n'a pas parlé des questions d'éthique et de déontologie, qui minent le fonctionnement des médias de l'audiovisuel public français extérieur en Afrique. Une omission gravissime !

A la lecture de l'article intitulé, « Côte d'Ivoire : Qui pour succéder à Alassane Ouattara ? » paru dans le numéro 464 d'Afrique Education (encore en vente en Côte d'Ivoire pour quelques jours), le sang du président, Alassane Ouattara, n'aurait fait qu'un tour, avant de se mettre dans une colère dont lui seul a le secret. De nature très courtois et sachant mettre à l'aise son interlocuteur (comme tout bon ancien banquier), il a décidé, contre avis, de couper court, une fois de plus (il l'avait déjà fait sur France 24 et RFI l'année dernière) à nos informations en faisant appel cette fois à un autre confrère avec qui il entretient d'excellentes relations. Sans dire plus. Comme quoi, après la lecture d'Afrique Education (magazine que ne rate pas la première dame), il a décidé de tout remettre à plat. Cela dit, plusieurs questions se posent (et il le sait bien) : en fin de règne (de dix ans), a-t-il encore son destin en main ? Ne serait-il pas sage qu'il se borne à bien préparer sa sortie au lieu de continuer à menacer un monde qu'il contrôle de moins en moins ? Alassane Ouattara veut-il (le cas échéant) fausser les prétentions (légitimes) de ses partenaires du PDCI en faisant capoter leur exigence d'alternance ? A ces questions qu'on se pose en Abidjan, Afrique Education, le magazine préféré du couple présidentiel de Côte d'Ivoire, vous en dira plus, dans les prochains mois. Pour l'heure, nous vous proposons l'article sorti dans le numéro 464 de ce magazine, qui a fait sortir le président de Côte d'Ivoire de ses gonds.

Contre toute attente, le président ougandais, l'ancien guérillero Yoweri Museveni, vient d'imposer une taxe exceptionnelle sur les réseaux sociaux en Ouganda, que Reporters sans frontières considère comme “une nouvelle barrière pour affaiblir la presse”. Et si c'était une façon de lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux où on trouve tout et son contraire, sans sanction ? Le débat est lancé.

Le ministre malgache de la Défense, Béni Xavier Rasolofonirina, a tapé du poing sur la table, jeudi, 31 mai, en menaçant de faire intervenir les forces de défense et de sécurité si le gouvernement et l'opposition ne trouvent pas, rapidement, une issue à la crise politique qui secoue le pays depuis plus d'un mois. En langage non policé, il s'agit de la prise du pouvoir par la force. Autrement dit, les militaires viendraient mettre de l'ordre dans les affaires de l'Etat que les politiques auraient mis sens dessus dessous. L'avertissement du ministre de la Défense est à prendre d'autant plus au sérieux que ce n'est pas la première fois que l'armée prend le pouvoir pour départager les civils en conflit.

L'invitation de Kim Jong-un à se rendre chez Vladimir Poutine ? C'est une pression supplémentaire qui va s'exercer sur le très instable président américain, Donald Trump. Le président républicain est tellement imprévisible qu'il serait capable d'annuler, une deuxième fois, le Sommet, qu'il envisage de tenir, le 12 juin, à Singapour, avec le président nord-coréen, le « leader bien aimé » Kim Jong-un. Mais, désormais, le chef russe est à l'embuscade. Face au cirque dont l'acteur principal n'est autre que le clown de la Maison Blanche, Vladimir Poutine, qui est crédité d'être l'homme le plus puissant du monde (selon les magazines américains), veut tirer la couverture à lui. Car à défaut d'être intelligent, Trump est, encore, moins bien rusé que Poutine. Ce qui est un double désavantage pour son camp et ses alliés. Et le président russe ne le sait que trop bien en invitant le jeune Coréen à effectuer une visite mémorable non pas dans un pays neutre (comme Singapour), mais au cœur du Kremlin, dans les prochaines semaines. Voilà, donc, consacrée l'ouverture de la Corée du Nord au niveau de deux membres principaux du Conseil de sécurité. Après le retour à la normale dans ses relations avec la Chine, Kim Jong-un va se faire un nouvel allié stratégique en la personne de Vladimir Poutine, gardien d'un arsenal nucléaire conséquent. Donald Trump n'a qu'à bien se tenir : le monde ne marchera, jamais, à son rythme.

Et si IBK (Ibrahim Boubacar Keita), le président sortant, malgré son fâcheux bilan, était, encore, le meilleur atout malien dans la crise actuelle ? En cinq ans, on ne peut, vraiment, pas dire que le président-candidat à sa succession, ait eu des circonstances atténuantes. Il a, lui-même, montré des insuffisances en nommant cinq premiers ministres en cinq ans de mandat. Autant dire qu'il ne sait pas, exactement, où il va. Pourtant, même s'il est considéré comme n'étant pas la personne qu'il faut pour résoudre la crise, la France pense que le président IBK sera réélu. Les Nations-Unies, quant à elles, le soutiennent, sinon, le secrétaire général, Antonio Guterres, aurait attendu que la présidentielle prévue fin juillet, se tienne, avant de courir rencontrer ses casques bleus de la MINUSMA. Et si la journée internationale des Casques bleus n'était qu'un prétexte ?

Les présidents français et angolais, Emmanuel Macron et Joao Lourenço, ont, tous deux, réaffirmé leur soutien aux accords qui prévoient la tenue d'élections en République démocratique du Congo (RDC) le 23 décembre, sans participation de l'actuel président Joseph Kabila. C'est, exactement, la même chose que demandent l'épiscopat rdcongolais, l'opposition et la société civile de ce pays, mais aussi, l'Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations-Unies. Après avoir refusé de quitter le pouvoir au terme de son deuxième et dernier mandat qui prenait fin en décembre 2016, Joseph Kabila continue de jouer la montre en mettant les RDCongolais sur les nerfs dans un pays qui est considéré comme un baril de poudres dans la mesure où le moindre faux pas peut provoquer l'irréparable. Et si une telle situation survenait, Joseph Kabila se donnerait des raisons de rester au pouvoir et modifier la constitution, comme il le souhaite, secrètement, ainsi que, ses comparses avec lesquels il dirige le pays d'une main de fer.