Politique

Pour beaucoup d'Ivoiriens, Alassane Ouattara caresse, secrètement, l'espoir d'un troisième mandat à la tête de la Côte d'Ivoire. La (nouvelle) constitution le lui permet mais il avait, déjà, dit, très officiellement, qu'il était en train d'effectuer son deuxième et dernier mandat. Cela dit, il y a ce qu'on déclare en public et ce qu'on pense en privé avec sa femme. Seuls les comportements permettent de faire des supputations. Pour éviter tout piège, le PDCI a, clairement, manifesté son désaccord pour la création, dans l'urgence, du "parti unifié" (RHDP) expliquant qu'il n'y avait pas le feu à la maison. Parallèlement, il a demandé que le RDR accepte le principe d'une candidature unique du PDCI à la prochaine présidentielle de 2020, question de lui renvoyer l'ascenseur, lui qui avait soutenu l'actuel président en 2010 et 2015. Alassane Ouattara et le RDR ont refusé cette proposition de leur allié et souhaité qu'il y ait plutôt des primaires. Le PDCI a pris acte. La rupture semble donc consommée, et l'entente entre les deux leaders (Ouattara et Bédié) n'est plus au beau fixe. On se rend bien compte que la haine que se vouent les deux hommes d'Etat depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, en 1993, n'a, jamais, disparu, même si, ces dernières années, Henri Konan Bédié avait su (accepter) comment avaler les couleuvres de Ouattara sans que cela cause trop de tort au PDCI. La limite de cette stratégie s'étale aujourd'hui au grand jour et à nouveau, les couteaux risquent de sortir des gandourahs.

Des universitaires congolais ont lancé et signé, ce samedi, 14 juillet, à Kinshasa, un manifeste, qui met en garde contre un troisième mandat présidentiel de Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDCongo), à dix jours du début de dépôt des candidatures à ce scrutin. Joseph Kabila est surveillé comme du lait sur le feu, non seulement, par l'opposition et la société civile rdcongolaises, mais aussi, par la communauté internationale, à commencer par Washington depuis la visite de l'ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations-Unies, Nikki Haley, au président rdcongolais, à Kinshasa, fin octobre 2017. Désormais, les universitaires s'ajoutent à cette longue liste de corporations et de personnalités qui insistent auprès du chef de l'Etat pour qu'il respecte la constitution, en quittant le pouvoir en décembre prochain.

Les événements commencent à se bousculer dans le couple Ethiopie/Erythrée. La semaine dernière, c'est le premier ministre éthiopien, Abih Ahmed, qui s'invitait chez son frère ennemi, Issaias Afworki. Depuis ce samedi, 14 juillet, c'est le président érythréen, Issaias Afworki, qui effectue une visite historique en Ethiopie pour cimenter la normalisation entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique qui ont mis fin à vingt ans d'état de guerre il y a quelques jours à peine.

Tous les chemins mènent à Rome, a-t-on coutume de dire, pour expliquer qu'il existe plusieurs manières d'atteindre un but. En est-il de même pour ce qui est la paix en Centrafrique ? Le pays (ou si l'on veut être précis ce non-pays de la CEMAC) avec ses indignes fils qui l'ont rendu invivable, aidé par l'incompétence de ses dirigeants d'aujourd'hui et d'hier, va-t-il faire retourner Boganda dans sa tombe par un exploit inédit ? Toujours est-il que, sans doute, piqués par un sentiment de honte et par d'incessants remords pour leurs horreurs passés qui ne grandissent nullement les « généraux » d'opérette qu'ils disent, tous, être, ils viennent de jurer, depuis Kampala où ils étaient réunis avec les représentants du pouvoir, d'aller à la réconciliation. Omniprésent, François Bozizé qui passe pour être le protégé de Yoweri Museveni ne pouvait pas manquer à l'appel.
« Réconciliation », mot utilisé par les rebelles, est galvaudé par les Centrafricains. Ce mot n'exprime rien pour avoir placé, actuellement, 14 départements sur 16 sous leur contrôle, réussissant un chantage sans nom sur une MINUSCA dont la présence se justifie de moins en moins au regard de sa légendaire inefficacité sur le terrain.

Ce qui n'était seulement qu'une rumeur, est-il en train de se confirmer ? Le 3e mandat d'Alassane Ouattara comme président de la République n'est plus un sujet tabou. Bien sûr que l'intéressé l'a, toujours, démenti : « C'est mon dernier mandat », a souvent déclaré le président quand la question lui est posée. Mais, reste qu'il n'est pas seul, et ne fait pas ce qu'il veut, tout seul. Il doit composer avec un entourage très exigeant qui n'entend pas perdre, aussi facilement, ses privilèges. En effet, les hiérarques du RDR (Rassemblement des républicains, le parti présidentiel), se sont, tous, embourgeoisés. Vont-ils laisser le gâteau à leurs ennemis-amis du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d'Ivoire – Rassemblement démocratique africain) du président, Henri Konan Bédié, lui aussi, pris dans un étau par ses propres cadres du parti ? La Côte d'Ivoire risque de proposer, dans les mois à venir, un spectacle ahurissant au regard des appétits du pouvoir des uns et des autres. Alassane Ouattara pourrait aller au 3e mandat (à pas forcés) pour préserver l'unité des Houphouétistes ou ce qu'il en restera, tandis qu'Henri Konan Bédié qui aspire aussi à revenir au pouvoir (ou à y placer quelqu'un de très proche) fera tout de son côté pour que le PDCI retrouve le pouvoir qu'il avait perdu en décembre 1999. C'est plus qu'une question d'honneur pour lui.

La campagne n'est pas, encore, officiellement, lancée. Mais, du côté de la majorité comme de l'opposition, on s'organise sans attendre. Ce mardi, 10 juillet, après-midi, la mouvance présidentielle a procédé à l'ouverture du Quartier Général de Mbadjini Est, à une soixantaine de kilomètres de Moroni, la capitale. On a pu voir des accents de la campagne présidentielle de 2016 : la chaleur, la ferveur, l'enthousiasme chez les électeurs qui, visiblement, ont envie d'en découdre le 30 juillet prochain, pour donner à leur champion, Imam Azali Assoumani, les institutions dont il veut doter les Comores, afin que l'émergence en 2030 ne soit pas un simple slogan.

L'élection présidentielle a été fixée au 7 octobre au Cameroun. Le président, Paul Biya, a publié, lundi, 9 juillet, le décret qui met tout le Cameroun en mouvement et que tout le pays attendait. Maintenant, chaque Camerounais qui estime avoir l'ego suffisant pour diriger son pays va s'activer pour conquérir le Palais d'Etoudi sachant, pertinemment, que son locataire actuel aurait toutes les chances de se succéder à lui-même, s'il répondait (comme c'est très probable) à l'appel des militants de son parti, le RDPC, et des partis affiliés. Il ne devrait, donc, avoir aucun suspense quant à savoir qui sera l'heureux élu ? Par contre, la vraie inconnue, c'est l'après-présidentielle : que fera Paul Biya (une fois reconfirmé à son poste) dont beaucoup pensent (à tort ?) que ce sera le dernier mandat ? L'intéressé, lui, n'en dit mot. C'est à ce niveau qu'on observe une véritable « guerre » entre des rivaux, parfois, d'un même camp. Le Cameroun c'est le Cameroun n'est-ce pas ?

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est considéré comme une véritable « horreur » au sein de l'Union européenne (UE). Mais, contrairement, à ce qu'une telle appréciation négative peut transparaître dans la réalité, c'est plutôt un bon point pour lui car les dirigeants européens qualifient de bons les seuls dirigeants qui jouent leur jeu, qui sont leur pion. En effet, ne sont bien vus dans les capitales européennes que les dirigeants du tiers-monde qui ne leur disent pas Non. Ce qui n'est en rien le cas du président turc qui sait, exactement, où sont ses intérêts et ceux de la Turquie. Le président, Recep Tayyip Erdogan, qui prête serment ce lundi, 9 juillet, pour un nouveau mandat de cinq ans, sera doté de pouvoirs, considérablement, renforcés aux termes d'une réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017.

Le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, s'est rendu, dimanche, 8 juillet, à Asmara, pour une rencontre historique avec le président érythréen, Issaias Afwerki, destinée à mettre un terme à des années d'hostilité entre les voisins de la Corne de l'Afrique.

Contre toute attente, le président du Niger, Mahamadou Ousmane, avait plié devant le président français, Emmanuel Macron, en acceptant, au grand mécontentement des Nigériens et des Africains, l'installation des « hot spots » sur le sol du Niger gérés par les services français de l'OFPRA. Il s'agit de lieux de sélection des bons candidats à l'immigration qui conviennent aux critères de la France, pour devenir, soit, des réfugiés politiques, soit, des immigrés au profil recherché par l'économie française. Des Mamoudou Gassama en somme ! Mahamadou Issoufou n'avait pas été seul à accepter cette chose inacceptable. Le président tchadien, Idriss Déby Itno, aussi, avait dit « Oui Chef » à Emmanuel Macron, sans demander l'avis de personne dans son pays. Les deux présidents ont été salués par la France pour leur ...courage. Mais, en Afrique, les critiques les plus acerbes, voire, même des insultes s'abattirent sur les deux présidents accusés de brader la souveraineté de leur pays. Aujourd'hui, on sait que le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, et même, la Libye, à qui des centres d'internement (plus ou moins similaires) des immigrés sont proposés comme lieux de transit, sur leur sol, avant de regagner l'Europe ont répondu « Non » en choeur. Un « Non » salué par les Africains et même par les Nations-Unies, qui ne cautionnent pas l'implantation de ce genre de camp de « concentration » des temps modernes. Aujourd'hui, pour des raisons qui lui sont propres, Mahamadou Issoufou, semble entreprendre une marche en arrière. Mieux vaut tard que jamais.

L'organisation des élections locales prévues en octobre au Mozambique a été suspendue pour cause de divergences entre le gouvernement et l'ex-rébellion devenue opposition, la Renamo, a annoncé, mercredi, 4 juillet, la Commission électorale. Après avoir été très active dans la lutte armée contre le pouvoir en place, la Renamo a abandonné cette forme de contestation en devenant un parti politique d'opposition en bonne et due forme. Aujourd'hui, elle met tout en œuvre pour briguer le pouvoir suprême, ou le cas échéant, le partage véritable de celui-ci, d'où son exigence d'une transparence totale du processus électoral.

Soit, cette armée prend les Zimbabwéens pour des moutons qui vont aller voter à la présidentielle et aux législatives de cette fin de mois, sans rien comprendre au pacte scellé par certains de ses chefs et le nouveau pouvoir, soit, elle se sent, tellement, décrédibilisée qu'elle cherche à (re)devenir cette armée adulée, qui permit à l'ex-Rhodésie du Sud de chasser du pouvoir le colon britannique et ses racistes fantoches comme Ian Smith. Rappel des faits : c'est l'armée qui, après avoir pris position dans le débat politique, a chassé à Robert Mugabe du pouvoir en lui faisant un coup d'état militaire. A titre de récompense, son chef d'état major, le général, Constantino Chiwenga, est devenu vice-président de la République. En effet, ce dernier avait réussi à chasser Mugabe du pouvoir sans tirer un coup de feu dans Harare. Pour les observateurs comme pour une partie de la ZANU-PF, le Zimbabwe compte, actuellement, une armée putschiste. Une étiquette que chercherait à enlever ses nouveaux chefs. Est-ce pour cela qu'elle prend les devants en criant sa neutralité lors des prochaines élections ?

L'ancien président du Sénégal, Abdoulaye Wade, est dans tous ses états, depuis que la direction générale des élections (qui dépend du ministère de l'Intérieur) a refusé l'inscription du nom du candidat du PDS à la présidentielle, Karim Wade (fils d'Abdoulaye Wade), sur les listes électorales, ce qui est synonyme de rejet pur et simple de sa candidature, au regard de la législation en vigueur. Au PDS, on soupçonne un coup fourré du président, Macky Sall, qui redoutait un affrontement électoral avec le fils de l'ancien président. Mais, on ne l'entend pas de cette oreille. Les avocats proches d'Abdoulaye Wade, sous la direction de son ancien chef de la diplomatie, Me Madické Niang, organisent la riposte qui va être à la fois judiciaire et politique. La présidentielle sénégalaise prévue en février 2019, risque de commencer plusieurs mois avant l'heure.

On sait que le cœur du dictateur ne bat que pour les membres de sa famille et de son seul clan. Pour le reste, il affiche un cœur de pierre. Parlant du cas de Paulin Makaya, le président de l'UPC et ex-directeur de cabinet de Bernard Kolelas quand il était maire de Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso s'est donné des raisons pour bien le maltraiter. Il aurait même planifié son assassinat après avoir ouvert les portes de sa cellule à dessein afin qu'il prenne la poudre d'escampette. Un piège que Paulin évita soigneusement. Voilà pourquoi il est, toujours, en vie. Quand il résidait à Londres, Sassou-Nguesso, dans sa classique politique de diviser l'opposition pour mieux régner sur le Congo, lui avait demandé de retourner au Congo afin qu'il lui confie des responsabilités politiques comme il l'a fait pour ses frères proches de feu Bernard Kolelas, ancien président du MCDDI. En effet, c'est cette main tendue qui avait permis à Guy Brice Parfait Kolelas, puis, à son frère Euloge Landry Kolelas, mais aussi, à Hellot Matson Mampouya, de figurer dans le gouvernement. Paulin, qui est, idéologiquement, bien bâti résista à cette offre satanique et refusa de rallier Brazzaville, même quand le dictateur, pour mieux l'appâter, lui promit, contrairement, aux trois autres kolelistes, un poste de ministre d'Etat. Défié de cette sorte par un « vierge » en politique (Paulin Makaya), outre son expérience acquise aux côtés de Bernard Kolelas (avec qui il chemina en exil au Bénin, en Côte d'Ivoire, puis, au Mali), Sassou lui garda une rancune bien tenace. Son arrestation suivie de son incarcération en décembre 2016 pour une soi-disant atteinte à la sûreté de l'Etat et possession d'armes de guerre, ne vaut que pour des régimes staliniens comme celui de Brazzaville. Paulin Makaya comme hier son maître à penser Bernard Kolelas, ne sait pas se servir d'une arme. Son arme, c'est la parole, c'est l'écriture, qui soulèvent les foules chaque fois qu'il fait appel au peuple de l'opposition pour protester contre la dictature de Sassou-Nguesso.

Président en exercice de l'Union africaine (UA), Paul Kagame, sans s'embarrasser des susceptibilités, a introduit le débat sur la candidature de sa protégée, l'actuelle ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, au sein des instances de l'organisation panafricaine qui compte, aussi, les anglophones, les lusophones et les arabophones. C'est du jamais vu. Tout comme c'est la première fois qu'on voyait le chef d'un Etat membre de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), aller directement requérir le soutien du président français pour le poste de secrétaire général de l'OIF, avant d'en parler à ses pairs africains francophones. Paul Kagame a, ainsi, bousculé tous les codes en voulant mettre d'accord tous les futurs votants africains, en faveur de sa candidate. Bonne méthode ? Mauvaise méthode ? Visiblement, le président rwandais n'en a cure. Seul compte pour lui le résultat final. Et il pense être prêt du but, les observateurs s'attendant, déjà, au communiqué du Canada indiquant que sa candidate va jeter l'éponge, après 4 années à la tête de l'organisation. Info ou intox ? L'ancienne gouverneure du Canada se mure dans un silence de cathédrale. Comme si elle était dépassée par les événements alors que l'activisme de Paul Kagame montre que son combat est, encore, loin d'être gagné.

Ouuuf !!! Quelle sacrée avancée ! L'Union africaine, ce machin selon une expression gaullienne bien connue, décide de créer un ...Observatoire sur la migration. Un organisme qui va observer le départ massif des jeunes Africains sans avenir dans leur pays à cause de la mal-gouvernance locale additionnée aux politiques de coopération européennes entachées de corruption comme la fameuse Françafrique que le président Emmanuel Macron défend, avec beaucoup de finesse et de perspicacité, depuis qu'il a succédé à François Hollande à l'Elysée. Il faut préciser que l'ordre du jour du Sommet de l'UA avait complètement « zappé » la question des migrations. Très en colère à cause de cette volonté de passer sous silence cette importante question à l'UA, Afriqueeducation.com avait crié « Scandale » dans un article posté samedi 30 juin à 11h04 : « L'exode de centaines de milliers d'Africains, essentiellement, vers l'Europe, réunie en Sommet, jeudi, 28 juin, à Bruxelles, sur cette question, ne figure pas au programme officiel (du Sommet de Nouakchott). Pourquoi ? Parce que c'est une spécialité africaine : la fuite en avant, le refus de prendre ses responsabilités, surtout, quand on sait que c'est à cause de l'échec dans le développement du pays que les jeunes s'embarquent dans l'aventure européenne via la Méditerranée ». Même si la proposition de cette création est marocaine, Afriqueeducation.com ne boudera pas son plaisir d'avoir été écouté par la présidence de la Commission de l'Union africaine.

La diplomatie a ses secrets que la diplomatie ignore. Au Cameroun, pays de Um Nyobe, Moumié, Manga Bell, Ouandié, Ossendé Afana, Mbida, Atangana et j'en passe, on n'est pas né de la (première) pluie. On sait qui est qui et qui aime quoi, comment et pourquoi ? Dans sa suffisance suprême, Donald Trump n'a pas utilisé le tact de Barack Obama ou la finesse d'Hillary Clinton, pour coopérer avec le Cameroun sans sympathiser avec ses dirigeants. Le milliardaire de la Maison Blanche, diplomatiquement, parlant peut être comparé à un éléphant qui fait irruption dans un magasin de porcelaine. Sinon, il se serait embarrassé des qu'en dira-t-on avant d'envoyer son ambassadeur au Cameroun dire urbi et orbi à Paul Biya de suivre l'exemple de Nelson Mandela en ne se présentant pas à la présidentielle d'octobre. C'est une provocation tellement de bas étage que ne peuvent tolérer même les pires ennemis du président camerounais, au nom de l'indépendance et de la souveraineté de leur pays.

Les dirigeants de l'Union africaine (UA) se retrouvent, dimanche, 1er juillet et lundi, 2 juillet, à Nouakchott, pour un Sommet centré sur la corruption qui fait des ravages en Afrique : 50 milliards de dollars de pertes sèches, chaque année, selon Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'UA. Président en exercice de cette organisation, Paul Kagame a convié son homologue français, Emmanuel Macron, à ce Sommet. Ce dernier (ancien banquier d'affaire) y sera pour « démarcher » les chefs d'Etat africains, avant de terminer son séjour en Afrique par le Nigeria où il rencontrera, le président, Muhammadu Buhari. D'une pierre, les présidents Kagame et Macron vont faire deux coups : grâce au (discret) soutien du président français dont on connaît l'efficacité de la politique en Afrique (terre d'influence traditionnelle de la France), Paul Kagame essaiera de vendre la candidature au secrétariat général de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie), de sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Kagame a besoin de Macron car sa francophonie est (toute) récente, voire, douteuse. Non seulement, il a du mal à aligner deux phrases en français, mais, il prendrait en otage l'OIF s'il y plaçait sa compatriote. Convaincre les présidents africains de cette « incursion » rwandaise en francophonie, demande un appui (politique et diplomatique) que lui donnera Macron, à Nouakchott. On peut alors dire que Paul Kagame va utiliser le Sommet de l'UA, à Nouakchott, à des fins de politique intérieure. Appréciera qui pourra ou voudra dans le gotha des chefs d'Etat francophones d'Afrique.

"Plateformes de débarquement" de migrants, "centres contrôlés", renforcement des frontières extérieures : voici les principaux points de l'accord (a minima) trouvé, vendredi, 29 juin, au petit matin, entre les dirigeants des pays de l'UE (Union européenne) sur les migrations, après une nuit de tractations tendues. Tout le monde s'est montré content (devant les caméras des télévisions), des Italiens et Maltais aux Polonais et Hongrois en passant par les Français et Allemands. Autant dire qu'il s'agit, en réalité, d'un non-accord (qui ne dit pas son nom) car rien n'est contraignant dans ce qui a été adopté. Chaque pays est libre de faire ce qu'il veut chez lui.

Madagascar, habitué aux crises qui aboutissent parfois à des coups d'état militaires et à la transition politique, a failli récidiver, n'eût été le sursaut de tout un pays qui en a marre de cet éternel recommencement. Ecoutant son opposition et se pliant aux injonctions des institutions dont la Haute Cour constitutionnelle, le président de la République, Heri Rajaonarimampianina, a nommé un premier ministre de consensus et annoncé la tenue de l'élection présidentielle ouverte à tous, avant la fin de cette année. La température a, immédiatement, rebaissé en attendant l'ouverture de la campagne électorale.