AFRIQUE DU SUD : Ramaphosa à son tour visé par une enquête

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui a promis, à maintes reprises, d'éradiquer la corruption dans son pays, est visé par une enquête autour d'une contribution électorale que lui a versée une entreprise, ont indiqué, mercredi, 12 juin, ses services. Cela fait un peu mauvais genre parce que Cyril Ramaphosa, prenant le contre-pied de son prédécesseur, Jacob Zuma, a placé son mandat sous le sceau des valeurs avec la lutte contre la corruption en pole position.

La médiatrice, Busisiwe Mkhwebane, une juriste indépendante chargée de contrôler, notamment, les agissements de l'exécutif, le soupçonne de "violations du code d'éthique" imposé aux membres du gouvernement, a précisé la présidence.

Au pouvoir depuis un an et demi, M. Ramaphosa s'est fait fort de mettre un terme aux scandales politico-financiers qui ont éclaboussé son parti, le Congrès national africain (ANC) au pouvoir, et l'Etat sous le règne de son très controversé prédécesseur Jacob Zuma (2009-2018).

Son nom a, toutefois, été cité, l'an dernier, devant une commission chargée d'enquêter sur les affaires de corruption de l'ère Zuma.

Un dirigeant de l'entreprise de services Bosasa, impliquée dans de nombreux contrats publics suspects, a affirmé avoir contribué à hauteur de 500.000 rands (environ 30.000 euros) à la campagne électorale, qui a permis à M. Ramaphosa de prendre la présidence de l'ANC en décembre 2017.

Interpellé au parlement, le chef de l'Etat a, initialement, répondu que cette somme avait été versée à son fils, Andile, consultant pour Bosasa. Puis, il a fait marche arrière en reconnaissant qu'il s'agissait bien d'un don électoral fait, a-t-il assuré, à son insu.

L'opposition l'accuse, depuis, d'avoir, délibérément, menti et a saisi la médiatrice de l'affaire.

La présidence a indiqué, mercredi, 12 juin, que Cyril Ramaphosa avait reçu son rapport préliminaire et qu'il y répondrait, ainsi que, la loi le lui permet, avant le 21 juin.

M. Ramaphosa a été réélu, le mois dernier, pour un mandat de cinq ans à la tête de l'Afrique du Sud, après la victoire de l'ANC aux élections législatives le 8 mai.

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