AFRIQUE DU SUD : Zuma échappe à une motion de destitution au sein de l'ANC

Jacob Zuma peut dire Merci à Gwede Mantashe, le secrétaire général de l'ANC. Il l'a tiré d'affaire. Momentanément. En faisant orienter le vote des délégués du Comité exécutif national (NEC). Mais, il faut le dire tout haut, la confiance d'une partie de l'électorat est définitivement perdue.

"Des voix se sont élevées au sein du NEC pour que le président envisage de démissionner. Mais de nombreuses contributions ont avant tout rappelé le besoin d'unité au sein de l'organisation", a déclaré Gwede Mantashe, lors d'une conférence de presse, tenue ce matin.

"Nous avons longuement discuté de la nécessité de nous reconnecter avec les secteurs de la société qui se sont éloignées de notre mouvement", a-t-il ajouté.

Le NEC s'est réuni de vendredi à dimanche à Pretoria pour discuter notamment de l'avenir politique du chef de l'Etat dont les récentes décisions politiques ont semé le trouble jusque dans les rangs du parti.

Le remaniement ministériel d'ampleur, dans lequel le respecté ministre des Finances, Pravin Gordhan, a été évincé et où de nombreux proches de Jacob Zuma ont hérité de portefeuilles clés, avait exposé les divisions au sein de l'ANC.

Mais, ce week-end, ses détracteurs n'ont pas réussi à obtenir de majorité au sein de cette instance de 107 membres, pour pousser M. Zuma à la démission.

Plusieurs anciens combattants de l'ANC, camarades de route de Nelson Mandela, ont regretté cette décision lundi, estimant dans un communiqué que les soutiens de Zuma avaient "clairement placé leurs propres intérêts (...) avant ceux du pays".

Cela dit, ce n'est pas encore fini pour Zuma. Une motion de défiance de l'opposition doit être, prochainement, votée au Parlement, mais, l'ANC, largement, majoritaire, espère faire bloc pour s'y opposer, sauf si le vote se fait à bulletin secret. Cette technique exposerait Zuma car bon nombre de députés de l'ANC voteraient pour son éviction du pouvoir. Car ils en ont marre de lui.

En décembre, l'ANC doit élire le successeur de M. Zuma à la tête du parti en vue des élections générales de 2019.

L'actuel vice-président, Cyril Ramaphosa, leader des frondeurs anti-Zuma fait partie des favoris face à Nkosazana Dlamini-Zuma, l'ancienne patronne de l'Union Africaine qui a le soutien du chef de l'Etat.

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