AFRIQUE : L'armée américaine contrôle tout et a l'oeil sur tout (sans tambour ni trompette)

Les Etats-Unis ont beau réduire le nombre de leurs soldats en Afrique, ils sont "plus engagés que jamais" sur ce continent dont la stabilité est primordiale pour la sécurité internationale, assure le patron de l'armée de terre américaine en Afrique. Mais, au même moment, les Occidentaux au premier rang desquels on compte la France, grande alliée des Etats-Unis au sein de l'OTAN, critiquent l'arrivée de l'armée russe en Centrafrique (le cœur du continent), mais aussi, en Guinée équatoriale, et surtout, au Burkina Faso où l'aide des militaires américains et français n'arrive pas à contenir les attaques des djihadistes à la frontière burkinabo-malienne où les écoles se ferment, en centaines, au nom de la haine vouée à l'endroit de l'éducation « des Blancs ».

"Non, nous ne nous désengageons pas", assure le général Roger Cloutier (notre photo), commandant des forces de l'armée de terre en Afrique (USARAF), au cours d'un entretien accordé, mardi, 4 décembre, à l'AFP. "Nous sommes plus engagés que jamais, et nous cherchons de nouvelles occasions de nous impliquer encore davantage."

Le Pentagone a annoncé, le mois dernier, que les Etats-Unis allaient réduire de 10% le nombre de leurs militaires déployés à travers l'Afrique au cours des prochaines années et se concentrer davantage sur la réponse aux menaces posées par leurs concurrents russes et chinois.

Actuellement, près de 7.200 soldats américains se trouvent dans des dizaines de pays africains, notamment, en Somalie, au Niger et en Libye. Mais il s'agit, principalement, d'unités des Forces spéciales, qui mènent des opérations conjointes avec les armées nationales contre les djihadistes.

Les 2.000 soldats de l'USARAF, eux, opèrent dans une quarantaine de pays africains, pour des missions de formation des forces armées nationales, notamment, celles engagées dans des opérations de maintien de la paix, explique le général Cloutier.

Ils participent, aussi, à des manoeuvres conjointes et des opérations de coopération, notamment, avec les forces françaises de l'Opération Barkhane au Mali, auxquelles ils fournissent une assistance principalement logistique.

"Nous sommes là à titre préventif", explique-t-il, "pour essayer d'éviter la crise et de renforcer les capacités des armées africaines pour qu'elles puissent régler leurs propres problèmes".

Pour cela, l'armée américaine s'est associée aux Gardes nationales de plusieurs Etats américains, qui ont créé des partenariats avec certains pays africains. Le Dakota du Nord accueille, ainsi, en formation des soldats du Bénin, du Ghana et du Togo. La Caroline du Nord a créé un partenariat avec le Botswana, le Massachusetts avec le Kenya.

"Les militaires africains qui sont formés aux Etats-Unis "deviennent des dirigeants dans leur pays. C'est une approche générationnelle", souligne-t-il. Créer des liens durables avec les dirigeants de ces pays "ne se fait pas en restant une semaine dans un pays, faisant un petit peu d'entraînement et en repartant".

C'est ce genre de lien qui explique que lors de l'épidémie de la fièvre hémorragique Ebola qui avait frappé le Liberia en 2014, les dirigeants libériens avaient requis l'assistance de leur Etat partenaire, le Michigan. Plusieurs centaines de militaires américains avaient été déployés dans le pays pour aider à endiguer l'épidémie.

Le général Cloutier, qui a pris ses fonctions il y a trois mois, était, auparavant, chef d'état-major du commandement africain pour l'Afrique (AFRICOM). C'est dans ses précédentes fonctions que son nom a circulé dans les médias car il a rédigé le rapport d'enquête sur l'attaque d'octobre 2017 contre un commando des forces spéciales américaines au Niger, qui s'était soldé par la mort de quatre Américains et quatre Nigériens.

Les forces américaines ont tiré les leçons de cet incident, assure-t-il. "Dès que nous apprenons que nos soldats opèrent sur le continent, il y a un examen bien plus complet de l'endroit où on opère, ce qu'on y fait, qui on emmène avec nous, quels sont les plans d'urgence prévus" en cas d'aléas.

Avec l'AFP

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