ALGERIE : Pour les manifestants, pas de présidentielle sans avoir préalablement dégagé Gaïd Salah, l'encombrant patron des armées

A 48 heures de l'ouverture de la campagne présidentielle du 12 décembre, les Algériens sont à nouveau descendus massivement dans la rue, vendredi, 15 novembre, pour dire non à un scrutin destiné selon eux à régénérer un « système » dont ils veulent se débarrasser. Après avoir dégagé ceux qui bloquaient son bon fonctionnement, à commencer par le président, Abdelaziz Bouteflika, lui-même, les manifestants vont, dans les jours qui suivent, s'en prendre au général, Gaïd Salah, le vrai homme fort du pays. S'il ne dégage pas de son poste avant la tenue de l'élection présidentielle, celle-ci sera, fortement, perturbée, si jamais, elle a lieu. En effet, l'objectif des manifestants est d'empêcher la tenue de l'élection.

Le « Hirak », mouvement de contestation inédit apparu le 22 février 2019, refuse de s'essouffler. La mobilisation était, encore, massive pour ce 39e vendredi consécutif de manifestations, malgré la pluie et la grêle.

Malgré aussi la centaine d'arrestations de manifestants, militants et journalistes depuis juin, et une vague de répression des manifestations entamée peu après l'annulation, faute de candidats, d'une première présidentielle le 4 juillet.

Une centaine de journalistes se sont rassemblés, ce vendredi, 15 novembre, au sein de la marche, porteur d'un brassard blanc sur lequel était écrit « journaliste libre », pour dénoncer, selon eux, les « intimidations et menaces » contre la presse.

Certains manifestants, en colère contre la couverture de la contestation par les médias publics et certains médias privés accusés de collusion avec le pouvoir, les ont traités « d'opportunistes ». « Vous venez de vous réveiller », ont-ils accusé.

« Gaïd Salah, dégage ! », ont scandé, à nouveau, les manifestants à l'adresse du chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, homme fort de fait du pays depuis la démission d'Abdelaziz Bouteflika.

Le général, Gaïd Salah, et le haut commandement militaire qu'il représente, refusent, depuis des mois, toute autre voie de sortie de crise qu'une élection présidentielle et rejettent la mise sur pied d'institutions de transition réclamés par les manifestants.

« Les élections n'auront pas lieu ! », ont crié, également, les manifestants, à deux jours du lancement, dimanche, 17 novembre, de trois semaines de campagne électorale.

Le bras de fer est, désormais, engagé. Après avoir survécu à l'hécatombe de tous ses autres camarades du système Bouteflika, le tour de Gaïd Salah est-il arrivé ?

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