ALGERIE : Restitution des crânes des résistants contre la colonisation française

Les crânes de 24 résistants à l'invasion française au 19e siècle sont revenus en Algérie. Ils reposaient depuis au Musée d'histoire naturelle de Paris. Bachir Senouci, initiateur d’une pétition pour la restitution de ces restes mortuaires, envisage de lancer de nouvelles actions pour la récupération du patrimoine algérien situé en France. On en arrive, maintenant, à faire des pétitions car l'idée du président, Emmanuel Macron, de faire voter une loi qui favorise le retour des patrimoines culturels pillés en Afrique pendant la colonisation française est presque jetée aux oubliettes. Le contexte politique actuel dans lequel se débat le jeune président, fait qu'un tel dossier ne fait plus partie des priorités à moins de deux années d'une réélection très (très) incertaine. Conséquence : il faudra que chaque pays africain se débatte comme il pourra pour récupérer ses objets culturels en France. L'Algérie vient de montrer l'exemple à suivre.

C’est une partie de l’histoire de l’Algérie qui est de retour dans ce pays, vendredi, 3 juillet 2020. 

Les crânes de 24 résistants à l’invasion française, tués lors de massacres de l’armée coloniale entre 1849 et 1854, transférés vers la France, puis, conservés dans des boîtes au Musée d'histoire naturelle de Paris et inscrits dans le patrimoine inaliénable de l’Etat français, ont fait le voyage retour dans un avion de transport militaire de l'armée algérienne. Hourrah !!!

Il s'agit, entre autres, des restes de Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Cherif Boubaghla –qui a mené une insurrection populaire dans la région du Djurdjura, en Kabylie–, de Cheikh Bouziane –le chef de la révolte des Zaâtcha (région de Biskra en 1849)–, de Moussa El-Derkaoui –son conseiller militaire– et de Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui. Ces célèbres combattants ont eu droit aux honneurs militaires lors d’une cérémonie à laquelle ont pris part des avions de chasse et des membres des forces spéciales, en présence des plus hautes autorités du pays (notre photo).

Si l’Algérie a pu récupérer ces dépouilles, c’est grâce à deux hommes : l’anthropologue, Ali Farid Belkadi –qui avait dès 2011 alerté l’opinion publique de leur présence au musée d'histoire naturelle de Paris– et l'universitaire et écrivain algérien, Brahim Senouci –qui avait lancé une pétition en 2016 pour faire bouger les lignes, notamment, sur le plan politique.

Une action qui devrait inspirer les pays d'Afrique noire dont les dirigeants (en dehors des présidents du Bénin Patrice Talon et de Madagascar Andry Rajoelina) sont loin de s'en préoccuper et attendent, tout bonnement, que le jeune président (en grande difficulté politique interne) daigne, un hypothétique jour, respecter sa promesse électorale.

Aaaahhh ! L'Afrique noire endormie par le beau soleil des tropiques ! A quand ton grand réveil ?

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