ATTENTAT A NICE : La France a peur

François Hollande avait cru que les difficultés de la journée étaient terminées, avec l'interview des journalistes de TF1 et France 2, qui l'ont, parfaitement, malmené pendant la traditionnelle questions et réponses du 14 juillet. Il s'est rendu, par la suite, tranquillement, à Avignon, pour terminer, entre amis, cette fête nationale, qui avait commencé par un défilé, sur les Champs Elysées, quand les terribles événements de la soirée l'ont vite ramené à la réalité. Car, il venait, imprudemment, de déclarer, pendant l'interview, que malgré le niveau très élevé du risque terroriste, en France, il avait décidé de mettre fin à l'état d'urgence, avec la réduction des forces de sécurité sur le terrain, qui va avec. Le carnage (il n'y a pas un autre mot) de la Promenade des Anglais, à Nice, l'a contraint à un rétropédalage (notre photo le montrant en train de tenir un conseil de défense ce matin), qui lui a permis d'annoncer, aussi, l'arrivée des réservistes de l'armée et de la gendarmerie, dans les effectifs de surveillance. Il ne faut, donc, plus craindre de dire que la France est en guerre car le pays vit une situation, particulièrement, gravissime où les attaques terroristes peuvent survenir à tout moment. On pourra, toujours, mettre en cause, comme, l'a fait, hier, à Nice, le patron de la région, Christian Estrosi, une absence d'anticipation ou une insuffisance des moyens des renseignements et de la police. La vérité est que le gouvernement, malgré le fait que la France est un grand pays, fait tout ce qui est possible, mais avec les caisses vides. La droite, à cette même place, n'aurait pas pu produire de miracle.

Il ne faut plus cacher la vérité : le djihadisme est, déjà, bien installé dans le tissu social français. Il est bien là, à la fois active (comme au Bataclan, à Charlie Hebdo ou à Nice hier) et sous la forme des réseaux dormants (certains mosquées et quartiers sensibles), chez des citoyens français de souche ou d'origine. La précision est importante pour ne pas stigmatiser un problème qui est devenu général sinon sociétal. Si un homme politique, quel qu'il soit, dispose d'un remède miracle pour y faire face, il n'a qu'à se signaler. Car de remède miracle, il n'y a point.

Dans l'article que nous avons posté, après minuit, heure française, on avait annoncé une « trentaine » de morts, une heure et demie après la tuerie. La donne a considérablement évolué.

84 morts dont 10 enfants, à cette heure où nous mettons en ligne. C'est le bilan annoncé par le procureur de Paris, François Molins, à 15 heures, Heure GMT. Parmi les victimes, on compte, aussi, 202 blessés dont 52 dans un "état d'urgence absolu". Vingt-cinq sont, toujours, en réanimation.

Le tueur identifié. Des papiers ont été retrouvés à l'intérieur du véhicule. Après vérification, il s'agit bien de ceux du conducteur abattu, un Tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, domicilié à Nice. Selon une source policière, l'homme n'était pas connu des services de renseignement pour radicalisation. Il était, en revanche, connu de la police pour des faits de droit commun, principalement, des violences. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis, en mars 2016, pour des faits de violence avec arme. 

L'état d'urgence est prolongée pendant trois mois, a annoncé le chef de l'Etat. Les perquisitions administratives, c'est-à-dire, le droit pour les forces de l'ordre de rechercher des preuves et des documents au domicile d'une personne sans l'aval d'un juge, sont, aussi, réintégrées pour trois mois.

Un deuil de trois jours, à partir de samedi, 17 juillet, a été décrété, ce jour, par le président français.

Depuis le carnage du Bataclan, le 13 novembre dernier, le terrorisme a déjà tué près de 250 personnes en France, ce qui en fait un pays, particulièrement, exposé et vulnérable.

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