ATTENTAT AU ZIMBABWE : Emmerson Mnangangwa soupçonne Grace Mugabe de vouloir le faire assassiner

Le chef de l'Etat zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a accusé les partisans de l'ancienne première dame, Grace Mugabe, d'avoir fomenté l'attentat dont il est sorti indemne ce week-end, en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 30 juillet. En fait, il s'agit d'une simple précaution de langage pour ne pas créer la polémique alors qu'il va se présenter à l'élection présidentielle, la première de sa vie, dans quelques semaines. Mais, en cercles fermés, le président candidat à sa succession aurait demandé aux services de sécurité d'avoir Grace Mugabe à l'oeil. Il est convaincu que si Camarade Bob, son prédécesseur, a, définitivement, tourné sa page politique, Grace Mugabe, toujours ambitieuse, est loin d'avoir dit son dernier mot.

Samedi, 23 juin, deux personnes ont été tuées et des dizaines blessées lors de l'explosion d'un engin non identifié à la fin d'un discours prononcé par Emmerson Mnangagwa devant des milliers de ses partisans réunis dans un stade de Bulawayo (Sud). L'attentat n'a pas été revendiqué.

"Il s'agit d'une action politique de la part de personnes qui sont mécontentes de l'actuel gouvernement démocratique du pays", a estimé le président de la République.

"Mon intuition, sans avoir de preuve, est que les personnes qui sont mécontentes du nouveau gouvernement sont le G40", a-t-il poursuivi, en référence au groupe Génération 40, une faction au sein du parti au pouvoir de la Zanu-PF favorable à Grace Mugabe.

"C'est la conclusion logique et raisonnable qu'on peut tirer", a estimé Emmerson Mnangagwa, promettant de "traquer ces criminels". "Une fois qu'on les aura arrêtés, on pourra déterminer l'étendue de leur réseau", a-t-il encore dit.

Emmerson Mnangagwa a succédé en novembre au président, Robert Mugabe, contraint de démissionner, après trente-sept ans au pouvoir.

Robert Mugabe s'est résigné à quitter le pouvoir après avoir été lâché par l'armée et son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980.

Quelques jours avant l'intervention de l'armée, Grace Mugabe avait obtenu de son mari qu'il démette de ses fonctions de vice-président Emmerson Mnangagwa, dauphin de longue date du chef de l'Etat, mais devenu un encombrant adversaire pour l'ambitieuse première dame.

C'est pour empêcher la fantasque et autoritaire Grace Mugabe de prendre, le moment venu, la succession de son mari nonagénaire que l'armée avait décidé d'agir.

Le Zimbabwe est appelé à élire le 30 juillet son président et ses députés, les premiers scrutins depuis la chute de Camarade Bob. Agé de 75 ans, M. Mnangagwa est donné grand favori de la présidentielle (notre photo montrant l'actuel président et l'ex-première dame).

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