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BENIN : Lionel Zinsou (candidat de la France ?) fait très peur

On l'a vu pendant les élections centrafricaines : le simple fait d'être étiqueté « candidat de la France » a provoqué le rejet de bon nombre d'électeurs. Le candidat du MLPC, Martin Ziguélé, paie, quelque part, le fait d'avoir laissé dire que sa candidature était portée par la France. De favori, il se retrouve, aujourd'hui, selon le décompte provisoire, troisième ou quatrième. Lionel Zinsou que Yayi Boni est parti chercher, à Paris, a-t-il de quoi s'inquiéter ?

Toujours est-il qu'une coalition d'hommes politiques et de syndicalistes béninois conteste, ouvertement, son choix, comme candidat du parti au pouvoir à la présidentielle du mois prochain, considérant qu'il s'agit d'un "parachutage" téléguidé par la France, l'ancienne puissance coloniale.

Banquier d'affaires franco-béninois, Lionel Zinzou avait quitté, en juin, son poste à la tête d'un des plus gros fonds d'investissement européens, pour devenir premier ministre du Bénin, à la surprise générale, avant d'être désigné, quelques mois, plus tard, comme candidat des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE, parti au pouvoir), à l'élection du 28 février à laquelle le président, Boni Yayi, ne se présente pas. Respect de la constitution oblige !

Mais tout le monde ne l'entend pas de cette oreille. Une coalition de personnalités du monde politique et syndical, menée par l'ancien chef de l'Etat, Nicéphore Soglo, a dénoncé, dans un communiqué publié mardi, 5 janvier, le "complot politique qui se profile avec la candidature imposée de Lionel Zinsou" et a réclamé des explications de la part de la France sur ce "parachutage".

Ce n'est pas la première fois que Nicéphore Dieudonné Soglo critique la candidature de Lionel Zinsou. Cette fois, il est monté en force en s'adressant à la France. La façon dont il avait été battu, en 1996, par Mathieu Kérékou, à l'époque, soutenu par les réseaux Foccart, l'avait, profondément, marqué, alors que son bilan économique et social était, plutôt, positif. Il en a gardé un mauvais souvenir et entend prévenir, cette fois, le danger qui guetterait son pays.

Normalien, M. Zinsou, 61 ans, a passé une grande partie de sa carrière, en France, où il a, notamment, été la plume de Laurent Fabius quand l'actuel ministre français des Affaires étrangères était le plus jeune premier ministre de la France. S'il est le neveu de l'ex-président béninois, Emile Derlin Zinsou, ses détracteurs lui reprochent de méconnaître ce petit Etat ouest-africain où il a peu vécu. Mais il faut quand même ajouter, pour ne pas être partial, que depuis son retour, à Cotonou, Lionel Zinsou fait tout comme un fils du pays. Il porte, régulièrement, les tenues locales et essaie de faire comme les locaux (voir photo de son affiche de campagne). Cela suffira-t-il ?

A ceux qui tentent de remettre en cause la nationalité béninoise de M. Zinsou et sa légitimité en tant que candidat à la présidentielle, Alassani Tigri, porte-parole du gouvernement, avait, déjà, rétorqué, il y a quelques jours, qu'il s'agissait d'assertions "inadmissibles" et "inqualifiables parce qu’elles font appel aux bas instincts de la haine, du racisme, de la peur et de l’intolérance".

"Notre compatriote indexé par ces propos est un citoyen béninois à part entière. Il est franco-béninois à l’instar de bon nombre de nos concitoyens (...). Aucune loi de la République ne l’exclut de la course à la présidence", avait poursuivi M. Tigri dans un communiqué.

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