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BURKINA FASO : Candidat à sa succession en 2020, Roch Marc Christian Kaboré veut relancer sa présidence

A défaut de s'éterniser au pouvoir comme son (illustre) prédécesseur, Blaise Compaoré, aujourd'hui, en exil (in)volontaire en Côte d'Ivoire, le président, Roch Marc Christian Kaboré, souhaite faire, au moins, un deuxième mandat, à la tête du Burkina Faso. La prochaine élection présidentielle devant être organisée, fin 2020, il est temps de s'organiser à cet effet, d'où la démission de l'actuel premier ministre, Paul Kaba Thiéba, qui, après avoir été l'homme de la situation, au lendemain de la victoire de Roch Marc Christian Kaboré, au regard de sa maîtrise des dossiers économiques et sociaux, ne l'est, visiblement, pas dans le domaine de la défense et de la sécurité où le pays présente, énormément, de failles. Or, la prochaine présidentielle risque de se jouer à ce niveau.

Confronté à des menaces terroristes et à une fronde sociale croissantes, le gouvernement du Burkina Faso a démissionné, vendredi, 18 janvier : "Le premier ministre Paul Kaba Thiéba a présenté dans l'après-midi sa démission ainsi que celle de son gouvernement". "Le président du Faso (l')a acceptée" et a exprimé "toute sa reconnaissance au premier ministre et à l'ensemble de ses ministres pour leur engagement au service de la nation", selon un communiqué diffusé par Kosyam (présidence de la République).

Aucune explication n'a été donnée.

Economiste inconnu du grand public, Paul Kaba Thiéba, diplômé en Banque et Finances de l'Université de Paris V-René Descartes, était devenu, en janvier 2016, le premier premier ministre du président, Roch Marc Christian Kaboré, nouvellement élu.

Son profil correspondait à la priorité aux questions économiques et sociales donnée par M. Kaboré lors de sa campagne électorale, dans ce pays sahélien pauvre de 18 millions d'habitants qui connaît un chômage massif, notamment, parmi les jeunes qui représentent près des trois quarts de la population.

Mais, la question sécuritaire a, rapidement, pris de l'ampleur, avec la première attaque djihadiste, à Ouagadougou (30 morts), une semaine après sa nomination.

Les attaques avaient commencé dans le Nord du pays, début 2015, puis, se sont étendues en quatre ans à une large partie du territoire, devenant de plus en plus fréquentes et meurtrières. Les djihadistes ont perpétré, aussi, plusieurs prises d'otages. Les forces de sécurité burkinabè semblent impuissantes à enrayer ces violences.

Paul Kaba Thiéba avait, cependant, été reconduit, deux fois, à la tête du gouvernement après des précédents remaniements.

Selon des sources proches de la présidence, cette démission fait suite à la volonté du président Kaboré de donner un nouveau souffle à l'action du gouvernement, confronté, aussi, à une fronde sociale, avec des mouvements d'humeur récurrents dans les différents services publics.

Des acteurs de la société et des partis politiques de l'opposition demandaient, depuis plusieurs mois, la démission de plusieurs membres du gouvernement, particulièrement, des ministres chargés de la Sécurité et de la Défense nationale (sur notre photo, le président de la République avec plusieurs ministres qui ne le seront plus bientôt dont le premier d'entre eux).

Le chef d'état-major général des armées a été limogé la semaine dernière.

Dernier épisode en date des violences djihadistes, un cadre canadien d'une compagnie minière, enlevé, mardi, 15 janvier, dans le Nord-Est du Burkina, a été retrouvé mort mercredi soir, vraisemblablement, assassiné par ses ravisseurs pendant leur fuite.

Six autres ressortissants étrangers sont retenus en otages.

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