BURKINA FASO : L'ancien premier ministre et général de division Isaac Zida rayé de l'armée pour désertion

L'ex-premier ministre burkinabè, Isaac Zida, sera "rayé des forces armées nationales" pour "désertion en tant de paix", a déclaré, jeudi, 29 décembre, le président, Roch Marc Christian Kaboré, en annonçant, également, un prochain remaniement ministériel.

Cette "réorganisation" du gouvernement prévoit, notamment, qu'il cède son poste de ministre de la Défense et la nomination d'un ministre, exclusivement, en charge des questions sécuritaires, a-t-il annoncé, après qu'il ait nommé, mercredi, un nouveau chef d'état-major général des armées.

M. Kaboré a, également, annoncé une réunion, en janvier, des dirigeants du Niger, du Mali et du Burkina, pour "gérer le contrôle de nos frontières" face à la menace djihadiste qui a touché le Burkina en 2016.
"Le général Zida n'est pas rentré (de son exil volontaire au Canada). Il sera passé en conseil de discipline et il sera rayé de l'effectif des forces armées nationales, c'est clair", a déclaré le président Kaboré, dans un long entretien à la télévision nationale marquant son premier anniversaire au pouvoir.

Le général Zida (notre photo) a rejoint, en janvier, sa famille au Canada à la fin de la transition (décembre 2015) muni d’une permission délivrée par M. Kaboré. Sa permission a expiré, depuis le 15 février, et le président Kaboré l’a sommé, en vain, publiquement, à maintes reprises, de regagner le Burkina Faso. M. Kaboré avait ordonné le lancement de procédures contre lui pour "désertion en temps de paix".

Ancien numéro 2 du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ex-garde prétorienne du président déchu, Blaise Compaoré, Zida s’était emparé du pouvoir, le 1er novembre 2014, au lendemain de la chute de M. Compaoré.

Après de fortes pressions des partis politiques, d’une partie de la société civile et de la communauté internationale, Zida avait cédé le pouvoir, au bout de trois semaines, à Michel Kafando, un diplomate à la retraite qui l’a, aussitôt, nommé premier ministre. Le régime de transition a pris fin après l’élection de M. Kaboré, le 29 novembre 2015.

Mais, à quelques jours de la fin de la transition, M. Zida s'est fait nommer général de division en vertu d'une loi, retoquée depuis par le nouveau parlement mis en place avec l'arrivée au pouvoir de M. Kaboré.

En avril, un audit réalisé par l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption sur la "gestion de la commande publique" indique qu’au total 63,1 milliards de F CFA (environ 96 millions d’euros), soit, 55,33% du montant global des commandes publiques passées pendant la période de la transition, ont été faites sur la base d’ententes directes et d'appels d’offres restreints "en violation massive des textes".

Le rapport accuse, nommément, M. Zida, dix-huit membres de son gouvernement et des membres de leur famille de s’être fait attribuer des parcelles dans le quartier chic de Ouaga 2000, dans le Sud de la capitale. Il a, depuis, renoncé à ses terrains.

Avec AFP

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