BURKINA FASO : La société civile élève le ton contre l'impunité

Dans une déclaration conjointe, rendue publique, ce lundi, 9 mai, sept Organisations de la société civile (OSC) ont dénoncé des ‘’tripatouillages’’ dans le dossier relatif au coup d’état manqué de septembre dernier au Burkina Faso : ‘'La Cour de cassation avait servi un spectacle ahurissant en rendant deux décisions contradictoires le même jour concernant le recours en annulation des mandats d'arrêt : une décision publique rejetant le recours lue et entendue à l'audience du matin devant tout le monde et une autre décision rendue publique le soir par des canaux non officiels infirmant la décision du matin'', ajoutant que ‘'manifestement, il y a eu fraude quelque part''.

N'y allant pas de main morte, les sept OSC dont le célèbre ‘'Balai citoyen'', proclament leur ‘'attachement à la bonne administration de la justice'', et disent suivre avec une grande vigilance ces derniers développements du dossier. Les six autres OSC sont : « 'Génération Joseph Ki-Zerbo'', ‘'Génération Cheikh Anta Diop'', ‘'Mouvement des Sans Voix (MSV)'', ‘'Cadre deux heures pour nous, deux heures pour l'Afrique'', ‘'La ligue des Panafricanistes'' et ‘'Le Repère''.

‘'Même si les thuriféraires de l'impunité systématique crient victoire, nous restons convaincus que c'est une nouvelle opportunité de prendre toutes les dispositions utiles afin que nul ne puisse se prévaloir de vices de procédure pour échapper à ses responsabilités dans ce crime odieux contre notre processus démocratique'', peut-on lire dans la déclaration.

Les OSC encouragent les juges d'instruction à reprendre lesdits mandats en respectant scrupuleusement les règles de procédure. De même, ils mettent en garde les gouvernants contre toute tentative de blocage, de manipulations politiciennes ou diplomatiques de ce dossier.

A cet égard, ces OSC condamnent avec vigueur la décision de l'exécutif consistant à dessaisir un des juges d'instruction. ‘'C'est une immixtion grave dans la conduite du dossier que nous ne saurons accepter'', dénoncent-elles.

La déclaration dénonce, aussi, le refus de certains hauts gradés de l'armée, de la gendarmerie et de la police de répondre devant les juges instructeurs, qui veulent les entendre sur leurs rôles dans le coup d'état : ‘'Nous sommes scandalisés par cette information surtout que les mis en cause, à savoir, les premiers responsables de la gendarmerie, de la police et de l'armée sont ceux chargés d'appliquer et de faire respecter la loi''. Pour les OSC, ‘'ce comportement de leur part relève manifestement de l'incivisme au sommet de l'Etat''.

Les OSC disent craindre le risque de tripatouillage de tous les dossiers emblématiques de justice au Burkina Faso, notamment, ceux du putsch, de l'insurrection, de Thomas Sankara, Norbert Zongo, Dabo Boukary, etc.

Elles élèvent le ton : ‘'Nous, organisations de la société civile qui avons participé auprès de notre peuple à la lutte héroïque pour nous débarrasser de l'autocratie et de son système d'injustice, demeurons vigilantes pour l'aboutissement de ce dossier et de tous les autres''.

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