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BURKINA FASO : La société civile primée pour avoir réussi à chasser Blaise Compaoré

Le fait d'avoir réussi à faire partir le président, Blaise Compaoré, du pouvoir, fin octobre2014, vaut un prix à la société civile burkinabé. En effet, elle a été lauréate du Prix ouest-africain du défenseur de droits de l'homme de l'année 2015, pour son rôle important dans la révolte populaire contre le régime de Blaise Compaoré et sa résistance contre le coup d'état manqué perpétré par ses loyalistes. On sait que l'implication à tous les niveaux de lutte du Balai Citoyen, sérieusement, épaulé par d'autres composantes de la société civile et les syndicats, a été déterminante. Les partis politiques, seuls, auraient eu de la peine à faire partir le « Beau Blaise » du pouvoir.

Selon le ministère de la Justice du Burkina Faso, ce prix dont la remise officielle aura lieu le 8 décembre prochain, est décerné par le Réseau ouest-africain de défenseurs des droits de l'Homme, et marque la reconnaissance du combat qu'ont mené ces organisations pour sauvegarder les acquis démocratiques.

Blaise Compaoré, après 27 années de règne, a été chassé du pouvoir par un soulèvement populaire alors qu'il cherchait à modifier la constitution pour briguer un nouveau mandat en 2014. Une trentaine de personnes ont été tuées et plus de 600 autres ont été blessées, lors de ces journées insurrectionnelles.

Le départ précipité de l'ancien président a ouvert la voie à une transition dont l'objectif principal était d'organiser des élections générales prévues le 11 octobre. Mais à quelques jours de l'ouverture de la campagne, en septembre dernier, le processus a été interrompu par un coup d'état manqué organisé par le général, Gilbert Diendéré, bras-droit de l'ancien président. Ce coup d'état a échoué face à une résistance populaire, et Diendéré croupit, actuellement, en prison, en attendant son jugement.

Le premier tour de la présidentielle, ainsi que, celui des élections législatives aura lieu, dimanche prochain, avec en lice quatorze candidats briguant la succession de Blaise Compaoré. Une campagne qui se veut totalement ouverte. Le plus populaire gagnera et le vote est particulièrement surveillé par la société civile afin qu'il n'y ait pas de tripatouillage.

C'est la première fois qu'un tel prix est attribué en Afrique. Il marque, sans doute, un nouveau départ qui devrait beaucoup inspirer les sociétés civiles d'autres pays africains, qui pêchent parfois par une mauvaise organisation, ou par l'inexpérience sans oublier le tribalisme et le régionalisme.

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