Vous êtes ici

BURKINA FASO : Le général Gilbert Diendéré accusé d'atteinte à la sûreté de l'Etat et haute trahison

Le général Gilbert Diendéré, cerveau présumé du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso, a été inculpé d'attentat à la sûreté de l'Etat et trahison. Faiseur des basses besognes de Blaise Compaoré, il était, aussi, le patron du redoutable RSP (Régiment de sécurité présidentielle), qui faisait la pluie et le beau temps pendant le règne du « Beau Blaise ». Diendéré croupit en prison depuis son arrestation en septembre 2015, pour avoir tenté d'organiser le retour, par les armes, de son ancien mentor, actuellement, exilé en Côte d'Ivoire, pays dont il a, finalement, pris la nationalité.

Le président, Roch Marc Christian Kaboré, a, toujours, été clair sur les dossiers chauds que gère, actuellement, la justice burkinabé : il n'y aura aucune interférence de sa part. La justice fera son travail comme elle l'entend. C'est ce qui se passe dans les affaires des assassinats de Thomas Sankara et de Norbert Zongo, mais aussi, dans les dossiers ayant trait à la tentative de putsch dont sont accusés les généraux, Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, l'ancien et inamovible chef de la diplomatie de Blaise Compaoré.

La chambre de contrôle du tribunal militaire a "finalement retenu" contre le général, Diendéré, ancien patron du RSP, l'unité d'élite ayant perpétré le putsch, "les chefs d'inculpation de meurtres, coups et blessures, incitation à la commission d'actes terroristes, attentat à la sûreté de l'Etat et trahison", a déclaré Me Mathieu Somé à l'issue de l'audience à huis clos.

Cent six autres personnes (pas moins) dont l'ancien ministre des Affaires étrangères, le général, Djibrill Bassolé, ont comparu devant le tribunal militaire pour l'audience de la confirmation de leurs chefs d'inculpations.

L'avocat a indiqué que des pourvois en cassation seront formulés par les accusés dans un délai de trois jours après la notification des charges.

En attendant, "il y a des motifs de satisfaction", s'est-il réjoui soulignant l'abandon des charges "d'association de malfaiteurs, acte de terrorisme, séquestration, crime contre l'humanité, complicité de dégradation de biens, détention illégale d'armes".

Rappel de cette tentative de coup d'état qui mit le Burkina Faso et l'Afrique en émoi, et qui faillit faire chavirer la transition que toute la communauté internationale était en train de saluer avec optimisme : le 16 septembre 2015, des soldats du RSP, l'ancienne garde prétorienne de l'ex-président, Blaise Compaoré, avaient tenté en vain de renverser le gouvernement de transition mis en place après la chute de M. Compaoré, chassé le 31 octobre 2014, par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir.

Ex-chef d’état-major particulier du président Compaoré, le général Diendéré avait pris la tête du Conseil national pour la démocratie (CND), organe dirigeant des putschistes, avant de rendre le pouvoir aux dirigeants de la transition face à la pression populaire et à l'armée loyaliste (notre photo montrant le nouveau président putschiste Gilbert Diendéré en train de recevoir le président en exercice de la CEDEAO le Sénégalais Macky Sall le 19 septembre à Ouagadougou).

Poursuivi pour son implication présumée dans le putsch, Eddie Constance Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de l'ex-président burkinabè, Blaise Compaoré, a lui été "totalement blanchi".

En cette fête de la Saint-Sylvestre, les Burkinabé peuvent regarder l'avenir avec optimisme au regard des multiples pièges qu'ils ont su déjouer. Cela dit, « l'ennemi ne dort jamais, jamais, jamais », chante le Camerounais, Manu Dibango, dans un de ses tubes à succès. Alors, très bonne année 2018 au vaillant peuple burkinabè. Mais, vigilance, vigilance, vigilance de tous les instants !

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d'éviter les soumissions automatisées spam.